samedi 22 décembre 2018

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à mi-lieu
de sans et pierre
la vie ordinaire
apocryphe

où centre tout
vogue flou
flotte fou

ça pleut ça pleut
ça pleut

et toi ?
comment pleus-tu ?

on aurait pu croire
ni peu ni prou
mais on s’est tenu
à tenir
et filer doux

mardi 11 septembre 2018

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ici

plat comme la fuite
verbale

l’heure sonne
insidieuse et bleuie

sous les graves
se porte encore la nuit

samedi 30 juin 2018

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entre deux pieux
la plaine

dimanche 8 avril 2018

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à chaque chute je me dénomme

dimanche 18 mars 2018

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n’aie pas peur
peine

ou alors
ne sois que peur
peine

suprême et sans égal
pareil à elles

jeudi 1 mars 2018

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le chemin, c’est celui que tu prends
ornière rouille ferraille
ascension dans la plaine-sommeil
terre gelée semblant rocher
tout écrit d’avance
et si peu

le chemin c’est celui qui te prend
t’enlève à toi-même
parce que rien n’est longtemps

le chemin qui te devient
que tu deviens
qui n’a ni nom ni trait

et des fois rien
qui ne bouge pas
c’est lui aussi
ton pas

jeudi 4 janvier 2018

Année nouvelle

Puisses-tu y vivre
aussi fort que le vent

vendredi 30 juin 2017

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déréliction rurale
délabrement urbain

dimanche 18 juin 2017

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à petit feu fragile
flamme vulnérable vacille

en quête d’une quête
qui ne serait pas
gouffre

elle trouve l’irréel
et le mal des hommes
que l’on ne peut défaire

feu mourant avec peine
se rêve de nuit absolue

lundi 29 mai 2017

-

Pourtant cette blessure
cette blessante blessée
je la suis
qui tout engouffre
et crève

samedi 18 février 2017

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non
il n’y a aucun tout ni rien

quelques riens
beaucoup de peu
et les infinis

ne pas en abîmer une miette

mardi 14 février 2017

à la peur
je dois tout
même tranquille

lundi 6 février 2017

Vitré

on sentait comme une petite descente
une pente douce
et infinie

lundi 2 janvier 2017

au bout de mon champ
s’étire un autre champ
et la vie incertaine

jeudi 29 septembre 2016

retirée
dans la nuit de la nuit
la promesse

du monde

vendredi 17 juin 2016

L'aveu

avance au plus loin de ton jour
enfonce-toi dans l’ombre
jusqu’à l’éclipse

où les heures se froissent
où il pleut ce vent
sans commencement

entends le merle
te prêter un poème
la forêt entière te faire ses adieux

dans l’antre de la perte
alors devenue toi
un chant nuage s’écoulera lentement
donnant absolution

je m’y tiendrai

dimanche 5 juin 2016

Zoo à chimères

j’ai la peau sur les os
et de la chair, du cartilage, des vaisseaux

la peau sur le corps
le corps sous la peau

du sang et des boyaux
organes vivants et liquides infâmes
bestioles sans papiers
visqueux qui sent mauvais

et la peau
la frontière imaginaire
ses crevasses, vergetures, plaques et petits lambeaux
rides, éphélides, marques livides

du passé et du temps

entre tout et dans tout
de la brioche, du flasque, du gras
du qui tient pas

Mais en tout
ça tient

ça tient debout et même ça marche

samedi 28 mai 2016

matin promet peu
commence

lundi 23 mai 2016

je reviendrai toujours
ou
toute fin est fin

nous ne faisons jamais ce que nous disons
ne disons jamais ce que nous faisons

nous ne faisons rien
ne disons rien

dimanche 22 mai 2016

Choses qui s'amenuisent et meurent

à marée descendante
le dimanche
on lit
dessinés sur la grève
les visages passagers
à qui l’on écrit
quand c’est à personne qu’on le fait

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