Varia

La liaison entre l'expression écrite et la pensée est si étroite que nous pouvons supposer sans autre façon que l'auteur qui n'est pas capable d'exprimer clairement ses pensées est incapable de penser clairement.

Twardowski

Écologie politique

Fil des billets - Fil des commentaires

11 décembre 2009

Le grand écart de l'écologie politique

« L’écologie politique est en train de bouleverser l’ensemble des représentations de ce qui est bien, beau et juste dans nos sociétés européennes et probablement américaines. Après 25 ans d’hégémonie du libéralisme productiviste, qui succédaient eux-mêmes à 25 ans d’hégémonie du fordisme (productivisme social), l’écologie politique séduit maintenant dans un arc de cercle immense, allant du centre-droit à l’extrême gauche. Mais, aux deux extrêmes, les difficultés sont grandes. »

Alain Lipietz, Le grand écart d’Europe Écologie

Qu’est-ce qui fait changer les mentalités collectives ?

10 décembre 2009

Écologie populaire

« Il y une seconde stratégie, invraissemblable, qui est celle de la décroissance. (…) Quand j’entends nos écologistes parfois dire qu’ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu’ils savent qu’il y a du chômage ? Est-ce qu’ils savent qu’il y a de la misère dans le monde ? Est-ce qu’ils savent qu’il y a près d’un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance, ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là ? Plus de chômage et plus de pauvreté ? »

Nicolas Sarkozy, Conseil National de l’UMP, Aubervilliers, 28 novembre 2009.

Ça y est je suis infecté.

3 décembre 2009

Richard Routley en ligne

L’Université McMaster a mis en place un dépôt numérique dans lequel on retrouve les travaux de Richard Sylvan (Richard Routley) et notamment son ouvrage consacré à Meinong, Exploring Meinong’s Jungle and Beyond.

23 novembre 2009

Voici venir les temps de la Transition

« Au beau milieu des Etats-Unis, l’après-pétrole a commencé. Au pays de l’essence pas chère et de la négation du réchauffement, des groupes de citoyens se sont donné pour mission d’aider les communautés américaines à se préparer à la double échéance de la fin du pétrole et du changement climatique. Leur mouvement a un nom : la Transition. »

Aux États-Unis, la « Transition » prépare l’après-pétrole

Un mouvement qui fait partie du localisme :

« The Transition Movement is a vibrant, grassroots movement that seeks to build community resilience in the face of such challenges as peak oil, climate change and the economic crisis. It represents one of the most promising ways of engaging people in strengthening their communities against the effects of these challenges, resulting in a life that is more abundant, fulfilling, equitable and socially connected. »

Transition United States - About Us

Le wiki Transition Network fournit des ressources et des traductions détaillant le projet.

17 octobre 2009

La décroissance toujours

Quelques questions intéressantes dans cet article sur la décroissance malheureusement pollué par des questions linguistiques (le mot est ambigu et les gens ne le comprennent pas) et politiques (être décroissant, c’est être de droite ou de gauche ?) :

« Les décroissantistes ne disent pas comment on peut, dans une société démocratique, faire prévaloir la décroissance. La « simplicité volontaire » ou la « frugalité », voire le retour à la traction animale (Le Monde diplomatique d’août 2009) ou la disparition de la télévision (évoquée dans des textes de V. Cheney), comment les traduisons-nous en acte ? Comment surtout en gérer les conséquences : la disparition du transport aérien (évoquée par V. Cheney et S. Latouche), la fin de l’automobile (et donc entre autres de l’industrie du pneumatique), comment va-t-on en gérer les effets ? On dira sans doute qu’il s’agit là d’objectifs lointains, mais les contradictions apparaissent dès aujourd’hui : quand certains partis de gauche (le PCF notamment) défendent l’industrie et voient dans la tertiarisation de l’économie une menace, comment articule-t-on cela avec le projet de la décroissance ? Quand on lutte pour la défense de l’emploi dans l’automobile, l’industrie électrique, l’industrie chimique, etc., quel lien fait-on avec la décroissance ? Quand on propose une « relocalisation générale » de la production agricole et quand on ironise sur le coût énergétique des bananes antillaises, va-t-on interdire la consommation des bananes en dehors de leur territoire de production ? Et que diront les producteurs de bananes privés de débouchés et leurs salariés privés d’emploi ? »

Alain Beitone et Marion Navarro, « Décroissance : le poids des mots, le choc des idées (1) », Revue du MAUSS permanente, 8 octobre 2009.

12 septembre 2009

Élévation du niveau de la mer

À quoi ressemblerait votre région avec une élévation de 7 mètres du niveau de la mer ? L’exemple de la Bretagne.

(via @ked_)

11 septembre 2009

La taxe carbone, une taxe pigouvienne

Je sors la tête de l’eau pour indiquer deux liens à propos de la taxe carbone. Le premier examine quatre paramètres :

  1. le degré de réaction des agents aux coûts de la fiscalité
  2. l’évaluation des coûts sociaux des externalités
  3. la réglementation
  4. les permis d’émissions négociables

« Quatre problématiques s’imposent : qui doit être taxer ? À quel moment taxer ? Quand réglementer ? Comment gérer les sommes fournies par les agents taxés ? La première problématique est extrêmement vaste et les prochains articles sauront mieux y répondre. On se contentera très rapidement de considérer, par exemple, que si l’élasticité de la demande de biens de consommation à l’offre est rigide, il faudra faire supporter le coût de la fiscalité à la demande. Les deux autres problématiques trouveront des réponses précises dans cet article. »

Fiscalité correctrice et taxe pigouvienne

Le second avance trois arguments en faveur de l’attribution d’un prix au carbone :

  1. c’est la manière la moins coûteuse de dépolluer
  2. elle incite à l’innovation
  3. elle permet de mener un débat public sur le changement climatique

« Les économistes sont généralement d’avis que le meilleur moyen de lutter contre une pollution, c’est de lui attribuer un prix. Il existe deux façons de faire cela : instituer une taxe carbone, c’est à dire fixer ce prix d’autorité, ou instituer un marché de droits à polluer, c’est à dire fixer d’autorité un volume d’émissions de gaz carbonique qui ne sera pas dépassé, laissant au marché le soin de fixer le prix du carbone. En situation de parfaite connaissance du coût de la baisse de la pollution et des dommages environnementaux associés, ces deux solutions sont identiques. Aussi, bien qu’ayant une légère préférence pour les permis, (encore que…) je considèrerai dans ce billet qu’une taxe carbone est identique en ceci qu’elle fixe un prix. »

Taxe carbone

3 septembre 2009

Des films pour la décroissance

« UTOPIMAGES est une association qui réalise des films pour la Décroissance, parce que… sur une planète finie, croissance infinie et « développement durable » sont impossibles, et, parce que la faiblesse de son audience est inversement proportionnelle à l’enjeu qu’elle représente. »

(via @Monolecte)

19 août 2009

De quoi la taxe carbone est-elle le nom ?

De l’expertocratie écologique.

« La prise en compte de contraintes écologiques par les États se traduira alors par des interdictions, réglementations administratives, taxations, subventions et pénalités. Elle aura donc pour effet de renforcer l’hétérorégulation du fonctionnement de la société. Ce fonctionnement devra devenir plus ou moins « éco-compatibles » indépendamment de l’intention propre des acteurs sociaux. Des « médias régulateurs » tels que le pouvoir administratif et le système des prix sont chargés de canaliser les comportements des consommateurs et les décisions des investisseurs vers un but qu’ils n’auront besoin ni d’approuver ni de comprendre pour le réaliser. Ils le réaliseront parce que l’administration aura su fonctionnaliser les motivations et les intérêts individuels en vue d’un résultat qui leur demeure étranger. L’hétérorégulation fiscale et monétaire a, selon ses partisans, l’avantage de conduire au but de l’éco-compatibilité sans que les mentalités, le système des valeurs, les motivations et les intérêts économiques des acteurs sociaux aient à changer. Au contraire, c’est en faisant fond, tout en les manipulant, sur ces motivations et ces intérêts, que le but sera atteint. Sa poursuite impliquera ainsi une extension de ce que Habermas a appelé la « colonisation du monde vécu », c’est-à-dire l’utilisation, par les gérants du système, de motivations individuelles existantes pour leur faire produire des résultats ne correspondant à aucune intention des individus. »

André Gorz, « L’écologie entre expertocratie et autolimitation » Actuel Marx, n° 12.

Attaché à ce billet, on trouvera le Rapport de la conférence des experts et de la table ronde sur la contribution Climat et Énergie issu de la conférence des experts sur la contribution Climat et Énergie.

18 août 2009

Écologie politique : qu’un nouveau cycle commence

Une tribune parue dans Libération par Pascal Durand et Patrick Farbiaz (respectivement directeur de la campagne 2009 et co-rédacteur du programme d’Europe-Écologie).

« Le parti vert a joué historiquement son rôle de tremplin de l’écologie politique en transformant le mouvement environnementaliste en un petit parti politique. Il a créé de toutes pièces l’écologie publique, en maillant le territoire d’un réseau d’élus locaux efficaces appliquant des politiques publiques durables.

En fait, il a transformé en programme les principes généraux de l’écologie des pères fondateurs. Mais les évolutions de la société lui imposent de dépasser le cadre initial de son périmètre. Il s’agit désormais de revisiter la « charte d’Amiens » et ses frontières étanches entre syndicalisme, associations et construction partidaire. La participation aux élections n’est qu’une des fonctions d’un parti politique. Toutes les autres, telles que l’éducation populaire, la représentation et la médiation des mouvements sociaux, le débat et la production d’idées sont indispensables à la crédibilité de toute formation moderne.

Nous devons inventer un « trade-unionisme » écologique qui se pense comme une coalition à géométrie variable de la transformation sociale, rassemblant tous les « éco-acteurs » qui ne se sentent plus représentés dans le cadre du système politique partidaire actuel et qui s’accordent sur une priorité de l’impératif écologique et social. Pour exister durablement, notre réseau-mouvement devra préalablement faire société.

L’histoire nous l’a enseigné, on ne construit pas un grand mouvement politique sans regrouper l’ensemble de sa famille. C’est en son sein que les divergences doivent être discutées et tranchées, surtout lorsque le débat d’orientation se déroule dans une dynamique de victoire plutôt que dans la frustration des défaites. Nous sommes ici dans un processus similaire à la naissance du Parti socialiste en 1905, lorsqu’il réunissait Jaurès, Guesde, Allemane, Vaillant le blanquiste et de nombreux syndicalistes : nous devons construire Europe-Écologie comme une fédération souple d’individus, de groupes et de cultures, avant de pouvoir donner une forme définitive à cet « Objet politique non identifié », né il y a plus d’une année et encouragé par le résultat électoral du 7 juin. »

- page 1 de 4