Varia

La liaison entre l'expression écrite et la pensée est si étroite que nous pouvons supposer sans autre façon que l'auteur qui n'est pas capable d'exprimer clairement ses pensées est incapable de penser clairement.

Twardowski

Éthique et philosophie morale

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1 mars 2010

Éthique du Care

Une bonne introduction à l’éthique du care :

« L’enjeu, par-delà les débats féministes et politiques ou peut-être à leur pointe, est le rapport entre général et particulier. Le care propose de ramener l’éthique au niveau du « sol raboteux de l’ordinaire » (Wittgenstein), de la vie quotidienne. Il est réponse pratique à des besoins spécifiques qui sont toujours ceux d’autres singuliers (qu’ils soient proches ou non), travail accompli tout autant dans la sphère privée que dans le public, engagement à ne pas traiter quiconque comme partie négligeable, sensibilité aux détails qui importent dans les situations vécues. Quelle est la pertinence, l’importance du particulier, de la sensibilité individuelle ? Qu’est-ce que le singulier peut revendiquer ? C’est en redonnant sa voix (différente) au sensible individuel, à l’intime, que l’on peut assurer l’entretien (conversation/conservation) d’un monde humain. Le sujet du care est un sujet sensible en tant qu’il est affecté, pris dans un contexte de relations, dans une forme de vie – qu’il est attentif, attentionné, que certaines choses, situations, moments ou personnes comptent pour lui. Le centre de gravité de l’éthique est déplacé, du « juste » à l’ « important ».»

Le care : enjeux politiques d’une éthique féministe

30 janvier 2010

Du droit des animaux

Utilitarisme un nouveau carnet à propos de philosophie morale :

« Qu’est-ce qu’un droit ? À quoi sert-il d’avoir un droit ?

Tant que nos amis écologistes n’auront pas répondu à ces questions simples, ils pourront continuer à débiter leurs fadaises sur les droits des écureuils, des lapins, des limaces, des pommes de pin ou que sais-je encore.

Rappelons donc à toute fin utile qu’un droit est une liberté accordée par une société disposant d’institutions politiques plus ou moins formelles à tout membre de cette société à condition que l’exercice dudit droit ne nuise pas à un autre membre de ladite société. Le but du droit est la commodité commune car il appert que l’on vit plus commodément en commun, dans la société, que seul dans la nature.

De même c’est par un abus de langage que l’on parle de « droit des animaux » car il s’agit en fait de droits accordés aux seuls hommes de vivre dans un environnement agréable et récréatif et dont le caractère plaisant est intimement lié à la variété des paysages, de la flore et de la faune qu’on y rencontre. Pour être volontairement provocateur, je dirai simplement que les soi-disant « droits des animaux et des plantes » ne sont en fait que le droit du randonneur à effectuer une belle randonnée « dans une nature préservée». »

L’écologie profonde, un anti-humanisme radical

Cela peut-il s’appliquer aux générations futures ?

En contrepoint et parce que jamais signalé encore ici, les Cahiers antispécistes sont disponibles en ligne.

« Une autre notion fondamentale de cette tradition se trouve au coeur de l’attaque de Tom Regan contre l’anthropocentrisme : le concept de droits. À la différence de Singer, qui approfondit une perspective déjà présente dans l’utilitarisme, Regan doit défier le cadre même au sein duquel il travaille, étant donné que la théorie des droits a été depuis sa naissance même marquée par l‘« humanisme ».

Ce défi s’articule en deux phases. Dans la première, qui pourrait être définie comme phase « hypothétique », Regan soutient que si tous les humains ont des droits, alors certains animaux aussi ont des droits. La seconde, qu’on pourrait qualifier de version « catégorique », pose le fondement des droits humains et animaux (des droits animaux, au sens large). Au centre de ces deux phases se trouve l’idée de l’incohérence d’une position qui attribue des droits moraux (interprétés, dans le sillage de Feinberg, comme prétentions valides à quelque chose et à l’encontre de quelqu’un) à tous les humains sans les attribuer aussi à certains animaux.

Cette incohérence se cristallise en particulier autour d’une situation-test : celle de ceux que l’on appelle « humains marginaux », c’est-à-dire de ceux qui, en raison par exemple de lésions cérébrales graves, ne possèdent pas les caractéristiques paradigmatiques de notre espèce. Dans la première phase, soulignant que pour éviter l’incohérence la moralité courante recourt à l’arbitraire basé sur la préférence d’espèce, Regan demande, sur la base du principe formel de justice, que soient attribués des droits moraux aussi à certains animaux. L’argument des cas marginaux se rencontre aussi chez d’autres auteurs (nous l’avons déjà vu chez Singer) : mais dans l’approche de Regan, il assume un rôle clef, un rôle si important qu’il détermine la transition à la seconde phase. »

Combien les animaux comptent-ils ?

4 décembre 2009

Subobligation et surérogation

« L’extension quasi-infinie de la vie morale vers l’indifférent appelle dans une sorte de symétrie une extension du même type vers des actes moralement bons, ni moralement obligatoires, ni même forcément recommandables. Nous serions cette fois dans la seconde catégorie subvertissant l’obligation du devoir moral « normal », celle de la surérogation, qui excède, elle, cette de l’obligation dite normale. Cette catégorie correspond aux actes auto-sacrificiels, ceux des héros et des saints. En gros, donc, obtenir une amande cacaotée supplémentaire dans une brasserie par le biais d’un petit stratagème douteux est vraisemblablement une faute vénielle, alors que sacrifier notre vie pour sauver un inconnu de la noyade est, par définition, un acte d’héroïsme moral. Tout le problème est que ces deux catégories reposent sur l’idée commune qu’il existe un devoir normal dont la formule et le mode d’application nous seraient clairs.

Or la subobligation et la surérogation finissent par dissoudre la clarté du devoir dit normal. C’est ce que nous venons de constater en examinant l’univers complexe du véniel et de l’infravétatoire. C’est ce qui peut également transparaître de l’examen de la surérogation. »

Jean-Cassien Billier, Subobligation et surérogation : la logique morale en question

9 août 2009

Le dernier homme

Imaginons que Friedrich soit le dernier homme sur Terre. Imaginons que Friedrich décide de supprimer tous les êtres vivants qu’il croise, plantes ou animaux.

Pourrions-nous dire de Friedrich qu’il agit mal en se conduisant ainsi ?

1 mars 2009

The Artificial Morality of the Robot Warrior

Perhaps robot ethics has not received the attention it needs, at least in the US, given a common misconception that robots will do only what we have programmed them to do. Unfortunately, such a belief is sorely outdated, harking back to a time when computers were simpler and their programs could be written and understood by a single person. Now, programs with millions of lines of code are written by teams of programmers, none of whom knows the entire program; hence, no individual can predict the effect of a given command with absolute certainty, since portions of large programs may interact in unexpected, untested ways … Furthermore, increasing complexity may lead to emergent behaviors, i.e., behaviors not programmed but arising out of sheer complexity.

The Artificial Morality of the Robot Warrior

(via Jose Afonso Furtado)

19 novembre 2008

Les Émotions au Moyen Âge

Pourrions-nous concevoir une société qui aurait de l’amour une connaissance seulement livresque, incapable d’en ressentir l’émoi, non par sécheresse de l’âme et du cœur, mais parce que l’usage s’en serait progressivement perdu ?

La supposition paraît sortir d’une imagination retorse, pourtant c’est bien ainsi que nous vivons aujourd’hui la vergogne, dans la nostalgie de son absence. C’est pourquoi il importe de faire l’histoire de cette « passion louable » à la confluence de la honte, de l’honneur et de la pudeur, non pour combler le manque mais pour le comprendre et, qui sait, en accepter le pincement.

Histoire de la vergogne

9 novembre 2008

Porno éthique

Here's a question: if you think product X is unethical (or maybe just morally "problematic"), can you engage in a constructive discussion about how to make that product more acceptable (while still selling it) or how to sell it more ethically?

Ethical Porn (and other Controversial Products)

Du porno éthique comme forme de commerce équitable.

16 juillet 2008

Un entretien avec Jon Elster

Dès le début, j’étais très conscient à la fois des comportements irrationnels et des inadéquations de la théorie du choix rationnel. Mais avec le temps, je suis devenu de plus en plus conscient de ces deux phénomènes : d’une part les gens se comportent de manière irrationnelle, à un degré étonnant, compte tenu du fait que l’on a pu faire atterrir un homme sur la lune (c’est quand même un accomplissement de la rationalité) et d’autre part, que la théorie du choix rationnel est très souvent indéterminée en ce sens qu’elle ne prescrit pas uniquement aux agents ce qu’ils doivent dire. Et c’est à propos de ça justement que je parle de science fiction puisque certains utilisateurs de la théorie du choix rationnel semblent supposer que les agents ont une capacité presque infinie à faire des calculs complexes instantanés, comme ils font eux-mêmes, ces auteurs, dans des appendices mathématiques sur plusieurs pages. C’est ça la science fiction : l’idée que les gens sont des machines calculatrices avec cette capacité presque infinie de résoudre des équations différentielles sur le champ.

Le tirage au sort, plus juste que le choix rationnel

15 juillet 2008

Une introduction à l'éthique

Normand Baillargeon a entamé une série de billets conçue comme une introduction à l'éthique à destination du grand public.

Les raisons d’étudier l’éthique sont nombreuses. Outre le plaisir de comprendre des questions complexes et de chercher à percer des mystères profonds et intrigants, étudier l’éthique peut nous aider à réfléchir à des questions personnelles, sociales et politiques importantes et en certains cas vitales; peut encore nous aider à mieux comprendre certaines des options qui s’offrent à nous et certains des choix que font nos sociétés et nos institutions; peut finalement nous aider à mieux définir nos propres choix et nos propres options. Au total, étudier l’éthique permet d’avoir une vision plus claire de nombreux enjeux personnels, sociaux et politiques et devrait être un passage obligé pour tout le monde.

Introduction à l'éthique

Les remarques et les commentaires sont les bienvenus.

23 avril 2008

L'éthique des affaires

« Business ethics is the applied ethics discipline that addresses the moral features of commercial activity. In practice, however, a dizzying array of projects is pursued under its rubric. Programs of legal compliance, empirical studies into the moral beliefs and attitudes of business people, a panoply of best-practices claims (in the name of their moral merit or their contribution to business success), arguments for (or against) mandatory worker participation in management, and attempts at applying traditional ethical theories, theories of justice, or theories of the state to firms or to the functional areas of business are all advanced as contributions to business ethics—even and especially in its academic literature. These projects vary considerably and often seem to have little in common other than the conviction, held by those who pursue them, that whatever each is pursuing is business ethics.

This entry focuses generally on academic business ethics, more particularly on the philosophically-informed part of business ethics, and most particularly on the constellation of philosophically-relevant questions that inform the main conversation and ongoing disagreement among academic business ethicists. It covers: (1) the history of business ethics as an academic endeavor; (2) the focus on the corporation in academic business ethics; (3) the treatment of the employment relation in academic business ethics; (4) the treatment of transnational issues in academic business ethics; and (5) criticism of the focus and implicit methodology of academic business ethics. »

Business Ethics

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