La différence fondamentale entre les uns et les autres se situe-t-elle sur le droit ou non de disposer de sa vie ?
Oui. C'est l'argument libéral de la souveraineté sur soi-même. C'est une idée qu'on trouve formulée chez John Stuart Mill, philosophe britannique du XIXe siècle. Il affirme, dans On Liberty, que tout individu a un pouvoir souverain sur sa propre existence ; on ne peut aller contre ce pouvoir qu'en raison des dommages qu'il pourrait causer aux autres, non en raison des dommages qu'il pourrait se causer à lui-même. Dans une telle perspective, il est tyrannique de limiter la liberté d'action d'un individu qui, agissant en toute connaissance de cause, ne fait aucun tort aux autres, même si l'on est persuadé qu'il s'en fait à lui-même. C'est le cas, par exemple, de quelqu'un qui choisirait rationnellement de se suicider. Mais l'euthanasie fait intervenir une tierce personne. La question peut donc être formulée ainsi : les individus ont-ils, sur eux-mêmes, une souveraineté limitée ou une souveraineté absolue ? Si cette souveraineté est absolue, ce que je crois, peut-elle s'étendre au point d'impliquer certains actes d'autrui comme une prestation obligatoire ? C'est beaucoup moins évident.Le dilemme sans fin de l'euthanasie, Entretien avec Jean-Yves Goffi.
Éthique et philosophie morale
5 avril 2008
De l'euthanasie
Par Mickaël Simon le 5 avril 2008, 23:51
1 avril 2008
La philosophie écologique
Par Mickaël Simon le 1 avril 2008, 19:26
L’habile slogan de la LCR – « nos vies valent plus que leurs profits » – est tout-à-fait symptomatique de cette confusion. Par une classique manœuvre d’attrape-tout, reposant qui plus est sur une ambiguïté sémantique (la vie de l’individu, la vie au sens large et biologique du terme), on met dans le même paquet lutte contre le capitalisme accapareur au nom du droit à consommer, et lutte contre le capitalisme destructeur au nom de la sauvegarde de la planète – confere les déclarations de Besancenot sur son parti qui serait à la fois anticapitaliste, altermondialiste, féministe et écologiste. Mais au-delà de ces beaux mots, on peine à comprendre au nom de quoi le travailleur, frappé avant tout par la désespérance sociale, aurait à se sacrifier pour éviter des conséquences à long terme dont il ne sera peut-être même pas témoin, ou qui ne changeront pas grand-chose à la misère dans laquelle il se démène, et à laquelle le discours d’extrême gauche le ramène principalement.Romain Pigenel, Pour une république environnementale
L'auteur fait allusion dans la suite de ce texte à un article du philosophe norvégien Arne Naess, « Le mouvement d'écologie superficielle et le mouvement d'écologie profonde de longue portée. Une présentation. »[1] qui pose les fondations de l'écologie profonde (deep ecology) par opposition à l'écologie superficielle. Cet article est disponible dans l'excellente anthologie Vrin consacrée à l'Éthique de l'environnement.
14 mars 2008
Un nouveau test moral
Par Mickaël Simon le 14 mars 2008, 23:14
Un nouveau test de philosophie expérimentale cette fois sur le carnet Web d'Hady Ba :
Tiziana Zalla, une psychologue et philosophe qui travaille dans notre labo est en train de faire des expériences de X-Phi assez amusantes concernant nos intuitions morales. Du coup, nous aurions besoin que des individus de langue maternelle (ou quasi maternelle comme moi) française passent répondent à un questionnaire qui ne prends pas plus de 5 minutes.
Le questionnaire est visible sur le site Scribd et téléchargeable au format .doc.
J'attache le fichier PDF pour mes archives.
1 mars 2008
Éthique de l'environnement
Par Mickaël Simon le 1 mars 2008, 13:16
Y a-t-il un sens à vouloir étendre le champ de considération morale aux êtres vivants, aux plantes, voire à l’ensemble des écosystèmes qui composent notre environnement naturel ? Peut-on rendre responsable de la crise écologique actuelle le système de valeur anthropocentriste selon lequel l’homme est la mesure de toute chose ? Sur le fondement de quelles normes morales convient-il de restreindre la classe des actions permises à l’égard de la nature ? Telles sont les questions auxquelles les acteurs de l’éthique environnementale s’efforcent de répondre depuis une trentaine d’années. Ce volume entreprend de donner un accès à quelques-uns des travaux les plus importants accomplis dans ce domaine, en proposant tout d’abord une sélection des textes fondateurs, puis en livrant les pièces du débat qui a opposé les partisans du biocentrisme à ceux de l’écocentrisme, et enfin en présentant les arguments du pragmatisme écologique, du pluralisme moral, ainsi que la question de la préservation de la nature, sauvegardée, restaurée ou incarcérée.Éthique de l'environnement, Vrin.
23 février 2008
Du mensonge et de la tromperie
Par Mickaël Simon le 23 février 2008, 12:44
Questions central to the philosophical discussion of lying to others and other-deception (or interpersonal deceiving) may be divided into two kinds. Questions of the first kind are definitional. They include the questions of how lying is to be defined, and how deceiving is to be defined, and whether lying is a form of intended deception. Questions of the second kind are moral. They include the questions of whether lying and deceiving are (defeasibly) morally wrong, and whether, if either lying or deception, or both, are defeasibly morally wrong, they are ever morally obligatory, and not just merely morally permissible. In this entry, we only consider questions of the first kind.
The Definition of Lying and Deception (Stanford Encyclopedia of Philosophy)
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