À en croire Dante, c'est par acrasie ou faiblesse de la volonté que Francesca di Rimini et Paolo Malatesta commirent le péché d'adultère qui leur valu d'éternelles tortures. Ils étaient, on peut semble-t-il le supposer, parfaitement conscients que leurs étreintes étaient non seulement moralement répréhensibles, mais aussi loin de servir leurs véritables intérêts, les souffrances infernales ne pouvant être compensées par quelques instants de plaisir. Ils savaient sans doute qu'il était préférable, tout compte fait, de ne pas céder à la tentation. En dépit de cela, la lecture d'un roman galant suscita en eux un tel désir que leurs principes restèrent lettre morte. On connaît la suite : l'époux surprit le couple adultérin en flagrant délit et mit fin à la fois à leurs ébats et à leurs jours.
Éthique et philosophie morale
19 décembre 2007
Le projet acrasie
8 décembre 2007
Ruwen Ogien, La liberté d'offenser
Contrôle plus strict des images ou des écrits à caractère « pornographique », censure à tout va sous prétexte de protéger « la jeunesse », les « sentiments des croyants » ou la « dignité humaine »... Désormais, faute de pouvoir s'attaquer directement aux pratiques sexuelles des individus, les nouveaux croisés de l'ordre sexuel s'en prennent à leurs représentations littéraires et artistiques. En partant de questions simples, Ruwen Ogien propose un ensemble d’arguments en faveur de La Liberté d’offenser : pourquoi n’est-on pas libre de voir ce qu’on est libre de faire ? Et pourquoi donc exiger des œuvres sexuellement explicites des qualités artistiques qu’on ne demande pas aux œuvres d’autres genres ? Le mauvais goût est-il un crime ? À qui profite vraiment la critique des morales du consentement ? Un manifeste brillant et subversif, pour la liberté d’expression et de création, et contre la panique morale.
22 novembre 2007
Éthique déontologique
In contemporary moral philosophy, deontology is one of those kinds of normative theories regarding which choices are morally required, forbidden, or permitted. In other words, deontology falls within the domain of moral theories that guide and assess our choices of what we ought to do (deontic theories), in contrast to (aretaic (virtue) theories) that — fundamentally, at least — guide and assess what kind of person (in terms of character traits) we are and should be.
7 novembre 2007
La méta-éthique en images
Une présentation de la méta-éthique sous la forme de fichiers Powerpoint par Antti Kauppinen (via PEA Soup ).
14 octobre 2007
De la volonté
Comment est-il possible que l'enchaînement de mes actions volontaires (succession qui constitue mon existence d'être libre) puisse aboutir à un état des choses si peu conforme à ma volonté ?
31 juillet 2007
Anti-réalisme moral
Traditionnellement, soutenir une position réaliste à propos de X, c'est soutenir que X existe de manière indépendante de l'esprit. De ce point de vue, l'anti-réalisme moral est le rejet de la thèse selon laquelle les propriétés morales - ou les faits, les objets, les relations, les événements, etc. (quelques que soient les catégories que vous êtes disposés à accepter) - existent indépendamment de l'esprit. Ceci peut impliquer soit (1) qu'il n'existe pas de propriétés morales, soit (2) qu'il en existe, mais que cette existence est (dans le sens en question) dépendante de l'esprit. Si nous laissons de côtés certaines difficultés que nous discuterons plus bas, il y a deux manières de soutenir (1) : le non-cognitivisme morale et la théorie morale de l'erreur. Nous pouvons considérer les partisans de (2) comme des subjectivistes moraux, des idéalistes ou des constructivistes. Employer de telles étiquettes reste imprécis et controversable : elles sont juste utilisées ici pour nous situer grossièrement. En gardant cette imprécision à l'esprit, nous pouvons caractériser ces positions comme suit :
25 juillet 2007
Le dilemme d'Euthyphron
- Socrate
- [10a] C’est ce que nous allons voir tout à l’heure ; essayons. Le saint est-il aimé des dieux parce qu’il est saint, ou est-il saint parce qu’il est aimé des dieux ?
- Euthyphron
- Je n'entends pas bien ce que tu dis là, Socrate.
- Socrate
- Je vais tâcher de m'expliquer. Ne disons-nous pas qu'une chose est portée, et qu'une chose porte ? Qu'une chose est vue, et qu'une chose voit ? Qu'une chose est poussée, et qu'une chose pousse ? Comprends-tu que toutes ces choses diffèrent, et en quoi elles diffèrent ?
- Euthyphron
- Il me semble que je le comprends.
- Socrate
- Ainsi la chose aimée est différente de celle qui aime ?
- Euthyphron
- Belle demande !
- Socrate
- [10b] Et, dis-moi, la chose portée est-elle portée, parce qu'on la porte, ou par quelque autre raison ?
- Euthyphron
- Par aucune autre raison, sinon qu'on la porte.
- Socrate
- Et la chose poussée est poussée parce qu'on la pousse, et la chose vue est vue parce qu'on la voit ?
- Euthyphron
- Assurément.
- Socrate
- Il n'est donc pas vrai qu'on voit une chose parce qu'elle est vue ; mais, au contraire, elle est vue parce qu'on la voit. Il n'est pas vrai qu'on pousse une chose parce qu'elle est poussée ; mais elle est poussée parce qu'on la pousse. Il n'est pas vrai qu'on porte une chose parce qu'elle est portée ; mais elle est portée parce qu'on la porte : cela est-il assez clair ? [10c] Entends-tu bien ce que je veux dire ? Je veux dire qu'on ne fait pas une chose parce qu'elle est faite, mais qu'elle est faite parce qu'on la fait ; que ce qui pâtit ne pâtit pas parce qu'il est pâtissant, mais qu'il est pâtissant parce qu'il pâtit. N'est-ce pas ?
- Euthyphron
- Qui en doute ?
- Socrate
- Être aimé n'est-ce pas aussi un fait, ou une manière de pâtir ?
- Euthyphron
- Oui.
- Socrate
- Et n'en est-il pas de ce qui est aimé comme de tout le reste ? Ce n'est pas parce qu'il est aimé qu'on l'aime ; mais c'est parce qu'on l'aime qu'il est aimé.
- Euthyphron
- Cela est plus clair que le jour.
22 juillet 2007
Citation
Il est donc établie par tout cela que nous ne nous efforçons à rien, ne voulons, n'appétons ni ne désirons aucune chose, parce que nous la jugeons bonne ; mais au contraire, nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons.Spinoza, Éthique, Troisième partie, Proposition IX, Scolie.
14 juillet 2007
Pendant l'été, la philosophie expérimentale continue
Cova Florian nous propose un nouveau test sur le carnet de Julien :
Les règles du jeu sont simples. Il existe 3 versions du questionnaire. Choisissez-en une au hasard et remplissez-la. Ne lisez pas les autres version avant. Ne rendez pas plus d'une version du questionnaire. Faites-le passer à toutes vos connaissances. Si vous avez des blogs, faites de la pub !!!
Toi aussi apporte ta pierre au progrès de la psychologie morale !
Comme la dernière fois, le questionnaire rempli est à renvoyer à psychotest01 at hotmail.fr.
30 juin 2007
Jon Elster, Agir contre soi. La faiblesse de volonté
« Je vois le bien, je l'approuve, et je fais le mal », dit Médée sous la plume d'Ovide. « Je ne fais pas le bien que je veux, tandis que je fais le mal que je ne veux pas », déplore saint Paul dans l'Épître aux Romains. Deux expressions célèbres de ce qu'on peut appeler la « faiblesse de volonté ».
Pourquoi, malgré tout ce que je sais des méfaits du tabac, continuer à fumer ? Pourquoi, malgré leur effet sur la criminalité, certains pays autorisent-ils toujours les ventes d'armes ? Voilà des exemples modernes de cette akrasie. Comment est-elle possible ? Que suppose-t-elle ? Et surtout, comment la surmonter ?
Sur un problème classique - la possibilité du mal en connaissance de cause -, Jon Elster déploie toute la finesse et la puissance des outils philosophiques contemporains pour proposer un tableau complet des facteurs expliquant cette « faiblesse de volonté », ainsi que des stratégies que mettent en œuvre les individus et les institutions pour y remédier.
Ulysse s'attachait au mât de son bateau pour résister à la tentation ; les institutions le peuvent-elles ?Jon Elster, Agir contre soi. La faiblesse de volonté, éditions Odile Jacob.
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