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Métaphysique et ontologie

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26 mai 2009

Colloque | Wilfrid Sellars : Science et métaphysique

Aujourd’hui et demain au collège de France, un colloque sur Wilfrid Sellars avec les interventions, entre autres, de Jacques Bouveresse, Robert Brandom et Frédéric Nef (via @Yzabel2046).

Certains textes de Sellars sont disponibles en ligne sur l’excellent site Ditext.com.

4 avril 2009

Philosophie du temps

Nous accueillons un nouveau carnetiste dans la blogosphère philosophique francophone :

Mon travail de recherche concerne la philosophie du temps, selon une approche couplant métaphysique, philosophie des sciences et philosophie du langage. Plus précisément, j’aborde le problème de l’existence du passé et du futur. Si le présentiste défend que tout ce qui existe est présent, l’éterniste affirme que le passé et le futur existent tout autant. J’ai tenté de montrer dans mon mémoire que les positions dites “hybrides”, qui mêlent certains aspects de l’éternisme à certains aspects du présentisme sont incohérentes.

Philosophie du temps, À Propos.

Souhaitons la bienvenue à Baptiste Le Bihan !

13 février 2008

Nominalisme

Nominalism comes in at least two varieties. In one of them it is the rejection of abstract objects; in the other it is the rejection of universals. Philosophers have often found it necessary to postulate either abstract objects or universals. And so Nominalism in one form or another has played a significant role in the metaphysical debate since at least the Middle Ages, when versions of the second variety of Nominalism were introduced. The two varieties of Nominalism are independent from each other and either can be consistently held without the other. However both varieties share some common motivations and arguments. This entry surveys nominalistic theories of both varieties.

Nominalism in Metaphysics

9 février 2008

Motifs, raisons et causes

Why do people act in the way that they do? Sometimes, in asking a such question, we are inquiring into people’s motives for acting in certain ways. At other times we are seeking to uncover their reasons for acting. And yet others we want to know the causes of their actions. Not all philosophers of action would agree that the notions of motive, reason and cause are perfectly distinct, but some of our ordinary ways of talking suggest that they are. Suppose, for instance, that a youth has been brought before a juvenile court accused of some act of vandalism, such as breaking all the windows in his school. Asked for his reasons for behaving in this way, the youth might trply that he had no reason - that he dit it just because he felt like doing it when the opportunity arose. In particular, he may deny that he did it with premeditation. And, indeed, we might agree that the action was a thoroughly irrational and senseless one. On the other hand, a psychologist might consider that the youth had strong motives for acting in this way - for instance, that he dit it out of feelings of frustation, bitterness or jealousy. Yet again, a social worker might try to explain the youth’s behaviour as being caused by his poor home background and ill-treatment in infancy

E. J. Lowe, An Introduction to the Philosophy of Mind, p. 257, Cambride University Press, 2000.

13 décembre 2007

Métaphysique et Ontologie : perspectives contemporaines

Il est possible d'acheter des articles de la Revue de métaphysique et de morale sur le portail Cairn. Certains numéros sont même disponibles en ligne, comme celui de 2002 consacré à la métaphysique et à l'ontologie :

Lewis a d’ailleurs aussi porté une attention aiguë à tous les problèmes de la philosophie du langage, de l’esprit et de la connaissance, y compris aux plus techniques d’entre eux. Logicien inventif, il a renouvelé à la fois la logique modale et la théorie des ensembles dans deux ouvrages capitaux : Counterfactuals (1972), et Parts of Classes (1991). Sa métaphysique ainsi équipée lui a permis de découvrir des issues encore impraticables pour la plupart des professionnels de sa génération, remettant sur l’établi du philosophe la question des propriétés, des mondes possibles et des universaux. Son ouvrage le plus connu On the Plurality of Worlds (1986) présentait déjà un modèle exemplaire de ce que peut entreprendre une métaphysique spéculative – et en même temps concrète – : elle apparaît comme un défi au réalisme naïf, ou comme une contribution à une nouvelle acception de l’ontologie. C’est d’ailleurs en ce double sens que David Armstrong a discuté ses thèses, lui qui est demeuré jusqu’au bout son challenger principal. Nous sommes heureux de livrer à l’occasion de ce numéro la première traduction en langue française de D. Lewis (un article central de la toute dernière période (1998) rédigé en collaboration avec Rae Langton), ainsi qu’un texte inédit de D. Armstrong (2001).

Remarques préliminaires sur l'intitulé de ce numéro, Revue de métaphysique et de morale, 2002/4.

11 décembre 2007

Comment les ontologies ont changé ma vie

Un cas d'ontologie pratique :

On sous-estime parfois le côté pratique des outils de gestion des connaissances issus de l’informatique. Par exemple, j’ai expliqué ce qu’était une ontologie à mon fils de trois ans pour l’aider à ranger sa chambre. Ce fut une discussion instructive car en général c’est lui qui parle et moi qui écoute, mais cette fois je comptais bien montrer que je dominais le sujet. Or, curieusement, je me vis reprocher, comme d’habitude, de mal ranger.

C’est alors que l’illumination, une épiphanie comme dirait Joyce, dessilla mes yeux : lui et moi étions bien d’accord sur les « ontos » (les êtres, ici les jouets adeptes du chaos) mais nous établissions entre eux des « logies », des relations, qui ne correspondaient pas toujours. Le gestionnaire du système (mon fils de trois ans) m’expliqua donc quelles correspondances il fallait établir entre les éléments en présence : le playmobil jaune se range dans la boîte de l’île fleurie parce qu’il fait du bateau avec l’équipe de Winnie l’Ourson, qui donc le rejoint dans ce sous-ensemble, ou encore la peluche qui ne ressemble à rien va sur l’étagère du haut parce qu’elle fait un bruit rigolo quand elle tombe…

Comment les ontologies ont changé ma vie

(Source : Affordance)

8 décembre 2007

Cartes étranges

Carte des bises en France

C'est vrai que ces finistériens ne sont pas comme nous autres morbihannais (je connais même des régions qui tendent la mauvaise joue mais je ne citerai pas de nom).

(Source : Combien de bises ? via Strange Maps).

12 septembre 2007

Métaphysique

It is not easy to say what metaphysics is. Ancient and Medieval philosophers might have said that metaphysics was, like chemistry or astrology, to be defined by its subject matter: metaphysics was the science that studied being as such or the first causes of things or things that do not change. It is no longer possible to define metaphysics that way, and for two reasons. First, a philosopher who denied the existence of those things that had once been seen as constituting the subject-matter of metaphysics—first causes or unchanging things—would now be considered to be making thereby a metaphysical assertion. Secondly, there are many philosophical problems that are now considered to be metaphysical problems (or at least partly metaphysical problems) that are in no way related to first causes or unchanging things; the problem of free will, for example, or the problem of the mental and the physical.

Peter van Inwagen, Metaphysics, The Stanford Encyclopedia of Philosophy.

4 août 2007

La construction de la réalité sociale (2)

Le fardeau métaphysique de la réalité sociale

Searle part d'un constat (je graisse) :

il y des portions du monde réel, des faits objectifs dans le monde, qui ne sont des faits que par l'accord des hommes. En un sens, il y a des choses qui n'existent que parce que nous le croyons.

Quelques exemples de ce type de faits : l'argent, les propriétés foncières, les gouvernements, les mariages, les matchs de football, les contrats de travail, etc.

D'un autre côté,

bien des faits relatifs à ces choses sont des faits objectifs, au sens où ils n'ont rien à voir avec vos ou mes préférences, évalutations ou attitudes morales

Citons comme exemples, le fait d'être citoyen français, le fait que ce bout de papier coloré dans ma poche est un billet de 5 euros, le fait d'être propriétaire d'une maison, le fait d'être salarié, etc.

Cette première distinction en introduit une autre à l'intérieur des faits dits objectifs, comme le fait que le mont Everest possède de la neige et de la glace près de son sommet, que l'atome d'hydrogène se compose d'un électron et d'un proton, etc. Ce sont des faits qui sont indépendants de toute opinion humaine.

Par la suite, Searle emploiera ces expressions dans le sens suivant :

faits institutionnels =df faits qui dépendent de l'accord des hommes, faits qui ont impérativement besoin d'institutions humaines pour exister

et

faits non institutionnels ou faits bruts =df faits qui n'ont pas besoin d'institution humaine pour exister.

Sa recherche va s'articuler autour de ces 2 questions :

  1. Comment les faits institutionnels sont-ils possibles ?
  2. Quelle est exactement la structure de ce genre de faits ?

Pour pouvoir répondre et développer ainsi une théorie générale de l'ontologie des faits sociaux et des institutions sociales, Searle va suivre la stratégie suivante :

  • il veut montrer
    • comment une réalité sociale construite est possible ;
    • quelle est la structure des faits institutionnels ;
  • il veut défendre
    • l'idée selon laquelle il existe bien une réalité totalement indépendante de nous ;
    • une version de la théorie de la vérité-correspondance.

Searle illustre la complexité de la réalité sociale à partir d'une situation aussi banale que boire une bière à la terrasse d'un café : je m'installe sur cette chaise au soleil, le serveur me demande ce que je veux boire, je lui réponds, il me l'apporte, je bois ma bière en savourant la lumière, laisse l'argent et quitte cette terrasse (ceux qui ne boivent pas de bières aux terrasses ensoleillées de Bretagne peuvent prendre comme exemple le fait de faire ses courses dans un supermarché). Nous ne pouvons pas décrire ces situations dans le langage de la physique et de la chimie, même si ce sont des phénomènes physiques. Il faut s'imaginer ces milliers de règles et de règlements qui structurent notre activité quotidienne :

  • l'autorisation municipale pour utiliser cette place comme terrasse ;
  • l'autorisation municipale pour cet endroit de servir de l'alcool ;
  • la bière n'appartient pas au serveur, qui pourtant me l'apporte ;
  • l'échange de petits cercles métalliques ou de rectangles colorés ;
  • il est là par contrat qui le lie au propriétaire
  • etc.

Ce qui pourrait apparaître comme un véritable fardeau ne l'est pas, ou du moins est supportable, car la plupart du temps, nous n'y pensons même pas : nous sommes pris dans une vaste ontologie invisible.

1 août 2007

Pourquoi les êtres humains font l'amour

The current research had several primary goals: (1) to identify a broader array of potential reasons that motivate people to engage in sexual intercourse using a nomination procedure designed to survey the wider domain of reasons; (2) to develop an organized taxonomy of reasons for sex using a large sample of women and men; (3) to provide a more comprehensive research tool that can be used by sex researchers; (4) to identify whether women and men differ in their expressed reasons for engaging in sexual intercourse; and (5) to examine whether individual differences in sexual strategies, as measured by the Sociosexuality Inventory (Simpson & Gangestad, 1991), are linked to individual differences in reasons for having sex.

Cindy M. Meston & David M. Buss, Why Humans Have Sex, Archives of Sexual Behavior, 36:477–507 (téléchargeable au format PDF ).

À partir des réponses à la question J'ai eu des rapports sexuels dans le passé parce que..., les auteurs isolent 237 raisons qu'ils rangent en 4 catégories et 13 sous-catégories dans la taxinomie suivante :

  1. les raisons physiques comme :
    • la diminution de la tension (exemples de réponse : J'étais frustré et j'avais besoin de me soulager, Je m'ennuyais) ;
    • le plaisir (exemple : Je voulais éprouver du plaisir ) ;
    • l'attrait physique (exemples : la personne avait des yeux magnifiques, J'ai vu la personne nue et je n'ai pas pu résister) ;
    • la recherche d'expériences (exemple : Je voulais savoir ce que la personne valait au lit).
  2. les réalisations d'un but comme :
    • les ressources (exemples : Je voulais me punir, je voulais une promotion, Je voulais me sentir proche de Dieu) ;
    • le statut social (exemple : Je voulais être populaire) ;
    • la revanche (exemple : Je voulais rendre quelqu'un d'autre jaloux) ;
    • le fonctionnel (exemples : Je voulais brûler des calories, Je voulais changer de sujet de conversation, Je voulais désobéir à mes parents).
  3. les raisons émotionnelles comme :
    • l'amour et l'engagement (exemples : il m'a semblé que c'était l'étape suivante dans ma relation, Je me suis rendu compte que j'étais amoureux) ;
    • témoigner son affection (exemples : Je voulais lui souhaiter la bienvenue à la maison, Je voulais lui dire que j'étais désolé).
  4. l'insécurité comme :
    • renforcer son amour-propre (exemples : Je voulais me sentir puissant, Je voulais que mon partenaire me remarque) ;
    • le devoir, la contrainte (exemples : Je ne savais comment lui dire non, Mon partenaire insistait, J'étais forcé de le faire) ;
    • vouloir garder son partenaire (exemple : Je voulais que mon partenaire reste avec moi).

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