Je voudrais dans cet article m’appuyer sur des enquêtes de terrain pour vérifier deux hypothèses de travail : la première est que les enjeux politiques et sociaux de la biométrie ne peuvent pas être compris en référence à Big Brother. Les techniques biométriques n’ont pas une signification essentiellement policière, même si bien sûr la police en fait et en fera de plus en plus usage. La seconde est que ces techniques sont les points d’appui d’un nouveau biopouvoir au sens de Foucault, c’est-à-dire d’un ensemble technologique qui fait entrer la vie dans un régime de pouvoir inédit.

Xavier Guchet, Le pouvoir biométrique.