Des rochers audacieusement suspendus au-dessus de nous et faisant peser comme une menace, des nuages orageux s'accumulant dans le ciel et s'avançant dans les éclairs et les coups de tonnerre, des volcans dans toute leur puissance destructrice, des ouragans auxquels succède la dévastation, l'océan immense immense soulevé de fureur, la cascade gigantesque d'un fleuve puissant, etc., réduisent notre pouvoir de résister à une petitesse insignifiante en comparaison de la force dont ces phénomènes font preuve. Mais, plus leur spectacle est effrayant, plus il ne fait qu'attirer davantage, pourvu que nous nous trouvions en sécurité.
Kant
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10 problèmes de philosophie pour le XXIe siècle
31 décembre 2009
Philosophytalk a établi une liste de 10 défis pour la philosophie au XXIe siècle :
- le problème de la justice globale : par exemple, peut-on préserver l’environnement tout en permettant l’élévation du niveau de vie des pays les plus pauvres ?
- les être humains et l’environnement : quelles relations devons-nous entrenir avec la nature ?
- qu’est-ce qu’une personne ? (le problème du clonage par exemple)
- les nouveaux modèles de décisions collectives et de rationnalité collective
- la propriété intellectuelle à l’âge de la culture du détournement (remix)
- l’information et la désinformation à l’âge de l’information
- la liberté peut-elle survivre face à l’assaut de la science ?
- le problème du corps et de l’esprit : exemple : les progrès des neuroscience vont-ils dissoudre le vieux mystère de l’esprit ?
- trouver de nouvelles fondations pour l’identification sociale (exemple : la relocalisation)
- construire de nouvelles fondations pour une sensibilité et des valeurs communes : comment vivre ensemble dans un monde si économiquement interconnecté ? Quelles valeurs sommes-nous prêts à partager ?
La discussion continue ailleurs
- 1.
Le 4 janvier 2010, 19:25 par notae
-
notae's status on Monday, 04-Jan-10 18:25:50 UTC
10 problèmes de philosophie pour le XXIe siècle http://zulio.org/journal/post/2009/12/31/10-problemes-de-philosophie-pour-le-XXIe-siecle...
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Varia : s. m. se dit de choses diverses.
Varia est le carnet web personnel de Mickaël Simon. Il rassemble une collection de liens, de citations, d'images ou de vidéos ayant un rapport avec la philosophie, le logiciel libre et l'écologie politique.
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Commentaires
En somme, autant de questions découlant d’une seule, jamais exprimée comme telle (pourquoi cela - serait la 11ème question, malicieuse, voire dérangeante) : “Qui être ?” (quels types d’hommes - nouveaux ? - voulons-nous promouvoir, quels seront leurs gestes, pour quel monde)
Mais je ne vois pas la nécessité de reprendre le nombre des fameux Commandements ! Reprise du même “ton”, ou bien pure coïncidence ?
La question « Qui être » rejoint le point n° 2, non ? Quant au nombre de 10, rien de magique, ni de religieux là-dedans : il s’agit ni plus ni moins que d’un billet du mois de décembre, propice aux récapitulatifs de toutes sortes.
Ma question sur le nombre dix n’était pas si naïve. Je m’en vais énumérer les questions de forme et de fond que posent, à mon sens, ces dix défis. Pas sûr déjà qu’ils soient des défis de philosophie, malgré ce que l’annonce laisse avantagement entendre. A plus tard. Merci pour ta réaction.
Un programme ? Autres questions :
Sur la forme :
1)Pourquoi 10 questions ? Si c’est pur arbitraire (habitude, pensée décimale, ou ” parce qu’il faut bien s’arrêter quelque part ..”), c’est une drôle de façon de traiter de l’importance. C’est dire que ça n’est donc pas celle-ci qui présida à l’énumération. On l’aurait cru. (Voilà peut-être déjà l’objet d’un onzième problème, à moins qu’il ne soit le premier à résoudre.)
2)”Pour le XXIième siècle” ? Mais il commence à peine ! Les problèmes de la première moitié du XXième (pour prendre un découpage large) ne furent pas ceux de la seconde ! Pourquoi serait-ce différent pour celui présent ?
3)”Problèmes de philosophie” ? Est-ce à dire qu’ils sont éminemment philosophiques ? Ou bien sont-ils plutôt l’objet de rapports de forces de tous ordres auxquels la philosophie veut prendre part ? Ou peut-être faut-il comprendre qu’elle est là, souveraine, pour coordonner et faire se converger les différentes forces en jeu ? Mais la philosophie a-t-elle ce pouvoir ?
4)L’évidence de la globalisation en cours n’est pas le moindre des a priori “philosophiques” des dix présentes questions. Tant que l’Un du monde n’était qu’à venir, au moins il n’avait pas son actuelle insolence !
Sur le fond :
5)Que signifie de poser “Le problème de la justice globale” entre pays (en 1) alors qu’on en est encore à se demander (en 3) qu’est-ce qu’une personne ?
6)Le problème de l’environnement se poserait-il pour lesdits pays pauvres si ceux-ci n’étaient pas “invités” à suivre le modèle économique global qui est le nôtre ?
7)Est-il tout simplement juste de vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres quand le sous-entendu est ici : “… selon le modèle économique et culturel qui s’impose partout au monde” ?
8)Par suite, le problème de l’identification sociale (en 8) ou de la sensibilité et des valeurs communes (en 10) n’est-il pas implicitement résolu d’avance, et juste une question de temps ?
9)Que signifie de poser la question des rapports des êtres humains à l’environnement (en 2) sans poser conjointement (sinon prioritairement !) celle des rapports des êtres humains – entre eux ?
10)Puisqu’il s’agit bien d’avenir dans ce programme, pourquoi demander qu’EST une personne (3), et non point à chacune celle qu’elle NE VEUT PLUS être, et laquelle elle VEUT désormais être / devenir ?
11)”Le problème du corps et de l’esprit” (en 8) est-il propre à chacun d’entre nous ou bien, tel que c’est clairement exprimé ici, objet de science ?
12)Pourquoi la question du rapport des hommes à la science, aujourd’hui quelque peu trouble, n’est-elle pas posée ? (Effleurée en 7) (L’ignorance des hommes est-elle comme toujours implicite, et le savoir salvateur ?)
13)Que signifie (en 4) le fait de poser comme problème en soi “les nouveaux modèles de décisions collectives et de rationnalité collective” sans même faire mention de l’objectif d’une pareille implicite convergence ? Est-il tellement évident ? (Convergence : décisions au pluriel, rationalité au singulier) D’où :
14)Pourquoi n’est pas posée ici la question de l’unité en marche du monde humain (globalisation) ? Un consentement tacite ? Une fatalité ? Un impérialisme ? Une évidence ? Un nouveau bonheur promis aux hommes ? … - en vertu de quoi ?
15)Propriété intellectuelle (5), information (6), liberté (7) … ne sont-elles pas des fiefs pour ceux qui les possèdent ? L’information actuelle, sans même parler de son contenu, n’est-elle pas AUSSI l’expression d’un pouvoir d’asséner librement au plus grand nombre en tout lieu et à tout moment ?
16)En 7), la question n’est-elle pas plutôt : “La liberté d’être peut-elle survivre aux assauts de la science ?” (de la science et autres savoirs se disputant le même gâteau)
17) Enfin, ces différents problèmes ne pouvaient-ils être regroupés, pour éclairer notre rapport à leurs expéditeurs, suivant leurs différents destinataires implicites ? En effet, lesquels des problèmes exposés dans cette liste font appel directement à mon pouvoir de décision (de choisir véritablement) ? Lesquels s’imposent au contraire dans leur expression même comme relevant uniquement de quelque autorité cognitive ?
***
Selon moi et peut-être d’autres : quand la philosophie n’est pas science (et à sa suite Normes), elle pose cet autre genre de questions (ici concises) :
Qu’est-ce que ETRE AU MONDE ? QUI voulons-nous être ? Quelle PUISSANCE au juste voulons-nous acquérir ? Quelle IGNORANCE LIBRE nous permettra-t-on ? Quels différents types de pouvoirs briguons-nous quand nous prenons la PAROLE ?
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Quelques remarques et questions sur le commentaire de varna :
— Varna :
Même si un questionnement métaphysique sur la notion même de personne peut certainement avoir des prolongements en philosophie morale et politique, il me semble que cela n’a pas de sens d’affirmer qu’on ne peut pas poser le problème de la justice globale avant d’avoir réglé celui de la nature des personnes.
Votre remarque semble présupposer une sorte d’épistémologie fondationnaliste pyramidale de la recherche : il faudrait d’abord déterminer le statut des croyances de base (la notion de personne) avant de poser des problèmes qui concernent des croyances plus complexes (la question de la justice entre les personnes), alors que je défendrais plutôt une optique cohérentiste (dans le domaine de la recherche) : nous sommes dans un radeau que l’on répare progressivement, et où il y a plusieurs travaux à faire, un peu partout (le but étant de maintenir une cohérence globale).
— Varna :
Je ne comprends pas du tout votre remarque : quel que soit le modèle économique des pays pauvres, le problème de l’environnement se pose, et justement d’autant plus pour les pays pauvres (qui sont par exemple les plus dépendants des aléas climatiques).
— Varna :
Là encore vous inventez un sous-entendu, vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres, ce n’est pas nécessairement vouloir imposer un modèle économique et culturel ! Est-ce que Oxfam cherche à imposer un modèle économique et culturel ?
— Varna :
C’était justement l’objet de la question n°1 : celui de la justice globale, qui est explicitement posé comme question prioritaire !
Bonjour Cédric Eyssette,
Varna : « 5) Que signifie de poser “Le problème de la justice globale” entre pays (en 1) alors qu’on en est encore à se demander (en 3) qu’est-ce qu’une personne ? »
Eyssette : Même si un questionnement métaphysique sur la notion même de personne peut certainement avoir des prolongements en philosophie morale et politique, il me semble que cela n’a pas de sens d’affirmer qu’on ne peut pas poser le problème de la justice globale avant d’avoir réglé celui de la nature des personnes.
Votre remarque semble présupposer une sorte d’épistémologie fondationnaliste pyramidale de la recherche : il faudrait d’abord déterminer le statut des croyances de base (la notion de personne) avant de poser des problèmes qui concernent des croyances plus complexes (la question de la justice entre les personnes), alors que je défendrais plutôt une optique cohérentiste (dans le domaine de la recherche) : nous sommes dans un radeau que l’on répare progressivement, et où il y a plusieurs travaux à faire, un peu partout (le but étant de maintenir une cohérence globale).
Varna : Si ma question laisse entendre ce que vous pensez, elle ne constitue pas pour autant une affirmation. J’interrogeais ici la hiérarchie, la priorité donnée de 1) sur 3). Mais pas aussi simplement, en effet : vous aurez remarqué que j’ai mis seul le problème de la justice globale (en tant qu’objet de discussion) entre guillemets, et non celui relatif à la personne. L’allusion ouverte par cette distinction entendait suggérer qu’une personne n’est peut-être pas nécessairement “une notion qui peut certainement avoir des prolongements en philosophie morale et politique” … Elle ne devient peut-être pareille notion que grâce ou à cause de ces prolongements. La justice est toujours à venir, les hommes eux, sont. On (le lecteur) devine alors peut-être de quelle nécessité procède la notion de “personne” … (nécessité requise, personne convenue) : la nécessité de le prolonger de force dans une problèmatique politique. 1) et 3) masquent précisément ce rapport de force en laissant entendre une homogénéité naturelle dans le traitement des questions. La philosophie bon père de famille … ? (Que répondez-vous au problème du clônage, vous en personne ?)
La suite de votre remarque trouve ici sa réponse. “Une épistémologie fondationnaliste (!) pyramidale” dans l’autre sens n’aurait à son tour d’autre but que d’inscrire du vivant dans de l’institution. Je ne renverse pas la hiérarchie, je la conteste. Mais je conviens tout à fait que la politique (au sens large) vise à maintenir une cohérence globale entre … les hommes.
Varna : « 6) Le problème de l’environnement se poserait-il pour lesdits pays pauvres si ceux-ci n’étaient pas “invités” à suivre le modèle économique global qui est le nôtre ? »
Eyssette : Je ne comprends pas du tout votre remarque : quel que soit le modèle économique des pays pauvres, le problème de l’environnement se pose, et justement d’autant plus pour les pays pauvres (qui sont par exemple les plus dépendants des aléas climatiques).
Varna : notre modèle économique est glouton – et s’impose partout comme modèle. Mêmes gestes partout ? Même façon de vivre ? Alors mêmes in-conséquences écologiques à prévoir. Mais peut-être que je me trompe, peut-être que chaque pays est libre de s’engager dans la voie de son choix … (voir les derniers peuples d’Amazonie, s’ils l’ont ce choix face à la “modernité” …)
Varna : « 7) Est-il tout simplement juste de vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres quand le sous-entendu est ici : “… selon le modèle économique et culturel qui s’impose partout au monde” ? »
Eyssette : Là encore vous inventez un sous-entendu, vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres, ce n’est pas nécessairement vouloir imposer un modèle économique et culturel ! Est-ce que Oxfam cherche à imposer un modèle économique et culturel ?
Varna : no comment …
Varna : « 9) Que signifie de poser la question des rapports des êtres humains à l’environnement (en 2) sans poser conjointement (sinon prioritairement !) celle des rapports des êtres humains – entre eux ? »
Eyssette : C’était justement l’objet de la question n°1 : celui de la justice globale, qui est explicitement posé comme question prioritaire !
Varna : De “sublimes petits pois” (sic) ont pris place ce mois-ci en ville. Tous les panneaux sont à leur effigie. L’espace politique par excellence n’est-il pas la ville (polis) ? Ai-je tort de penser que s’y exprime donc toujours forcément le plus important … des relations humaines ? Que signifie dans ces conditions le “problème de la justice globale” présenté où on sait comme “la question priroritaire” ? En d’autres termes : respecter la nature et mes affaires courantes, et non point prioritairement les hommes ?
Merci à vous !