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4 septembre 2003

Programme de l'agrégation externe de philosophie (session 2004)

Le programme de l'agrégation externe de philosophie a été publié au B.O. n ° 3 du 22 mai 2003. La deuxième épreuve écrite portera sur le thème le corps et l'esprit, tandis que la troisième épreuve (histoire de la philosophie) aura pour thème Aristote et Locke. À l'oral, le domaine retenu pour la première leçon est l'esthétique. Je n'ai pas encore choisi ma langue pour la troisième leçon, mais parmi les œuvres proposées

  • Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion.
  • Montesquieu, De l'Esprit des lois que la Défense de l'Esprit des lois.
  • W.V.O. Quine, Pursuit of Truth, Harvard University Press.

je pencherais plutôt pour ce dernier.

La première chose à faire pour la deuxième composition, c'est de travailler les définitions : qu'est qu'un corps ? Qu'est-ce qu'un esprit ? En ne perdant surtout pas de vue que c'est la relation entre les deux qui demande à être problématisée.

Il me reste encore à finir l'article de Mc Taggart pour ce week-end et dès la semaine prochaine, j'attaque. Quelques mots-clés en vrac : matière, âme, monisme, cartésianisme, dualisme, physicalisme, naturalisme.

21 février 2003

Critique sociale et critique culturelle

Introduction

Présentation de la distinction entre la critique sociale qui vise les injustices (déontologie) et la critique culturelle qui les pathologies (axiologie).

Point de départ : les divers discours critiques portent sur le monde social-culturel. Le social est généralement le lieu fourre-tout : culturel, politique, etc.

Critique de la modernité ou des temps présents. Tous ces discours critiquent-ils le même présent ?

Il y a trois éléments dans la critique :

  1. un objet critiqué ;
  2. un critère de la critique ;
  3. un sujet qui articule l'objet et le critère.

(1) concerne l'environnement social et culturel tandis que (2) pose la question : quelles sont les bases normatives du critère ? Critiquer le monde moderne est-ce toujours faire référence à l'injustice et à l'inégalité ? Non, car c'est plutôt de l'ordre du pathologique. Quelle est la vie normale, bonne, saine ? Voir Habermas et la grammaire des formes de vie.

Thèse défendue par l'auteur : il faut distinguer entre les deux modalités.

Pourquoi parler de critique ici, entre société et culture ? La critique culturelle est la Kultur Critik du début du siècle dernier (Nietzsche, Simmel, Luckacks, Freud, Musil, etc.). Quel est le point commun entre eux ? Ce qui est dénoncé, ce sont des maux comme déviance par rapport à une vie normale, c'est-à-dire que c'est un diagnostic qui est porté sur le monde vécu.

La structure des phénomènes critiques

distinctions : quantité (inégalité) versus qualité (mieux, moins bien, pire), extension versus répartition.

L'injustice : gagnant versus perdant. Ce n'est pas le cas dans le pathologique (= conditions de vie nuisible à chacun). Dans cette nuisance, qui est responsable ou coupable ici ? Alors que dans l'injustice, on peut trouver un responsable ou un coupable.

Il y aurait une double situation :

  1. situation relationnelle (l'injustice) : voir le cinquième livre de l'Éthique à Nicomaque d'Aristote.
  2. situation individuelle (la pathologie) : l'individu et la vie personnelle.

Pourquoi parler de pathologie sociale ? [...] Double situation individuelle : victime et médecin. Attention : c'est différent de bénéficiaire-victime dans la critique sociale.

Critique sociale = le juste.

Critique culturelle = le bien (valeur).

On arrive à la distinction éthique (choix de vie à mener, téléogie) et morale (devoir + norme, déontologie).

Critique sociale = éthique (le rapport à soi et à sa réalisation).

Critique culturelle = morale (le rapport à l'autre).

Ce sont deux approches différentes.

L'exemple de Robinson qui peut se donner une morale mais qui ne peut pas la suivre.

La société est le lieu du vivre-ensemble ; la culture est le lieu de la construction subjective.

Critique culturelle : mode de vie possible

Pourquoi les formes de vie sont-elles importantes ? Notre mode de vie détermine notre caractère ou notre personalité. Trois niveaux :

  1. condition de vie (éthos, puissance éthique chez Hegel)
  2. forme de vie
  3. personnalité concrète

Voir le § 145 de Principe de la philosophie du droit de Hegel.

Les caractéristiques sont central dans la Critique culturelle.

Quel est le critère de la critique ?

Il y aurait un certain idéal humain au nom de quoi on pourrait critiquer la vie actuelle.

Pathologie sociale = ce qui entrave le type humain d'un point de vue normal

Conclusion

Distinction analytique : on ne préjuge en rien de leur entrecroisement.

Voir Marx : exploitation (critique sociale) et aliénation (critique culturelle).

Les deux critiques pourraient être développé purement de tout élément de l'une et de l'autre.

Sur la critique sociale, voir Rawls ; sur la critique culturelle, voir Nietzsche.

Une expérience de pensée : une société entièrement juste mais avec des situations qui continueraient à être critiquable (tutélaire : assistanat). La médiocrité, l'uniformité.

Discussion

  • L'Utopie de More aurait règlé la question de la critique sociale.
  • La distinction éthique et morale est trop forte. Même si on peut s'appuyer dessus, il ne faut pourtant pas trop insister sur cette distinction. Voir les problèmes étymologique là-dessus. On retrouve le même problème avec ontologie et métaphysique.
  • La séparation est indispensable : comment concilier les deux par la suite ? Et comment penser le rapport à la politique ?

28 janvier 2003

Faux-semblants

Juste deux citations avant d'y aller :

Nous ne devenons pas sains en apprenant à connaître les choses qui produisent la santé, mais bien en appliquant celles-ci à nos corps. De même, nous ne devenons pas riches en connaissant la richesse, mais bien en acquérant une grande fortune. Et ce qui est le plus important de tout : nous ne menons pas une vie bonne en connaissant certains êtres, mais en agissant bien.

Aristote, Protreptique.

Il ne faut pas faire semblant de philosopher, mais philosopher effectivement. Car ce dont nous avons besoin, ce n'est pas de paraître en bonne santé, mais d'être vraiment en bonne santé.

Épicure, Sentences vaticanes, 54.

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