Varia

La liaison entre l'expression écrite et la pensée est si étroite que nous pouvons supposer sans autre façon que l'auteur qui n'est pas capable d'exprimer clairement ses pensées est incapable de penser clairement.

Twardowski

26 mai 2009

Colloque | Wilfrid Sellars : Science et métaphysique

Aujourd’hui et demain au collège de France, un colloque sur Wilfrid Sellars avec les interventions, entre autres, de Jacques Bouveresse, Robert Brandom et Frédéric Nef (via @Yzabel2046).

Certains textes de Sellars sont disponibles en ligne sur l’excellent site Ditext.com.

17 mars 2008

Presse et soumission

Pour ce qui est de la question de l’indépendance, Kraus était convaincu qu’il n’y a pas d’indépendance réelle en matière intellectuelle et morale sans indépendance à la fois par rapport au pouvoir politique et par rapport au pouvoir économique et financier. Il est remarquable que, jusqu’à une date récente, quand certains d’entre nous suggéraient que la presse, de ce point de vue-là, pourrait avoir aujourd’hui un problème et que celui-ci allait probablement devenir de plus en plus préoccupant, ils s’entendaient répondre généralement avec commisération par les journalistes que les représentants de la presse jouissent d’une liberté de pensée et d’action complète et ont la possibilité d’écrire absolument ce qu’ils veulent. C’est un point sur lequel il est toujours difficile d’argumenter avec eux, parce qu’ils pensent, comme le font, du reste, la plupart des gens, qu’il suffit d’avoir la sensation d’agir librement pour être réellement en train de le faire. Or c’est une banalité de remarquer que l’on peut parfaitement faire preuve, dans son comportement, d’un conformisme, d’une docilité et même d’une servilité extrêmes, et en même temps avoir le sentiment de se déterminer tout à fait librement. Un snob est par définition quelqu’un qui ne se perçoit jamais comme tel (voir à ce propos ce que Proust écrit, dans À la recherche du temps perdu, sur le cas de Legrandin) et ceux qui pensent et agissent à peu près uniquement en fonction de l’air du temps et de la mode, dans le domaine intellectuel aussi bien que dans n’importe quel autre, sont toujours convaincus de faire des choix absolument libres et même originaux et courageux.

Jacques Bouveresse, La presse doit résister à la soumission

13 octobre 2007

Jacques Bouveresse, Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus

Couverture du livre de Jacques Bouveresse, « Satire et prohéties : les voix de Karl Kraus ».Karl Kraus a inlassablement attaqué un mal auquel nous sommes exposés plus que jamais : la manipulation par le discours, le mensonge et la corruption de la langue, signe de la corruption de la pensée et du sentiment. Contre cette agression, il a forgé des armes terriblement efficaces et montré comment s’en servir. Son œuvre reste, comme le dit Elias Canetti, une « école de résistance ».

C’est à bien des égards notre époque, plutôt que réellement la sienne, que les descriptions et les polémiques de Kraus donnent l’impression de viser. Comme il le craignait, les exagérations d’hier sont si vite dépassées par les réalités d’aujourd’hui que la tâche du satiriste en devient de plus en plus problématique. La satire ne fait souvent qu’anticiper et annoncer ce qui fera demain l’objet d’un reportage dans les médias : elle a le sentiment d’essayer désespérément d’empêcher la réalité de lui donner raison.

Ce livre a été écrit pour montrer au lecteur d’aujourd’hui, sur quelques exemples précis, à quel point nous avons besoin en permanence – et en ce moment probablement plus que jamais – d’armes comme celles que Kraus nous a laissées.

Jacques Bouveresse, Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus, éditions Agone.

18 février 2007

La politique, le langage et la culture

Un homme qui entend parler aujourd’hui de choses comme « la nation » ou « la France », dont il faut, lui dit-on, sauvegarder le prestige et la grandeur, notamment en choisissant les dirigeants politiques réputés les plus capables de les défendre, n’aurait-il pas de bonnes raisons de demander une explication de sens et de formuler une question du même genre que celle qu’Orwell se posait en 1940, dans « Le lion et la licorne : le socialisme et le génie anglais » : « L’Angleterre n’est-elle pas notoirement deux nations : la riche et la pauvre ? Osera-t-on prétendre qu’il y a quoi que ce soit de commun entre des gens qui gagnent 100 000 £ par an et ceux qui gagnent 1 £ par semaine ? »

Jacques Bouveresse, La politique, le langage et la culture.

10 juillet 2006

On en est là...

Perry Anderson, après avoir constaté que la mort a rattrapé à peu près tous les grands noms de la pensée française (Roland Barthes, Jacques Lacan, Raymond Aron, Michel Foucault, Fernand Braudel, Guy Debord, Gilles Deleuze, Jean-François Lyotard, Pierre Bourdieu, auxquels s’est ajouté, peu de temps après la parution de son analyse, Jacques Derrida), observe avec pertinence qu’aucun intellectuel français ne s’est acquis une réputation internationale comparable à la leur, et que ce qui donne l’idée la plus exacte du niveau auquel nous sommes descendus est probablement l’importance démesurée accordée à un intellectuel comme Bernard-Henri Lévy

Jacques Bouveresse, On en est là...

2 novembre 2005

Jacques Bouveresse, logique et politique

Un entretien de Jacques Bouveresse sur le site web du journal L'Humanité.

21 octobre 2005

Ce qui est vivant et ce qui est mort dans la philosophie de Sartre

Dans un entretien réalisé par la philosophe Gloria Origgi, Jacques Bouveresse et de Vincent Descombes reviennent sur ce qu'il reste de la philosophie de Sartre.