Les "cultural studies" sont remarquables, non pour avoir produit une théorique nouvelle et cohérente, mais pour leur habileté à maintenir les questions théoriques et politiques dans une tension permanente, sans résolution. Elles remettent en cause les grands récits de la modernité qui ont promis le progrès social, la justice et l'égalité, en suggérant qu'ils se réduisent tous à la défense de "l'universel blanc masculin hétéronormé".
Jordi Vidal, Servitude et simulacre en temps réel et flux constant, Éditions Allia.
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13 octobre 2007
Jordi Vidal, Servitude et simulacre
André Schiffrin, Le contrôle de la parole
Cinq ans ont passé depuis la publication de L'Édition sans éditeurs. Cinq ans qui ont vu l'écroulement de l'empire Messier, le partage de Vivendi entre Hachette et Wendel et la vente des éditions du Seuil à La Martinière/Wertheimer/Chanel : un bouleversement sans précédent dans l'édition française, dont André Schiffrin retrace les étapes et les redoutables conséquences. La situation n'est guère moins préoccupante dans la presse : avec le rachat de la Socpresse, l'essentiel de ce qui est imprimé en France est désormais sous le contrôle de marchands d'armements (Lagardère/Matra, Dassault) qui dépendent étroitement des commandes de l'État.
Hors de France, le paysage décrit dans ces pages - qu'il s'agisse de l'édition, de la presse, du cinéma, de la radio et de la télévision, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis - montre partout la concentration à l'œuvre, avec comme seul critère la rentabilité des investissements. Mais Schiffrin l'indomptable ne se laisse aller ni au pessimisme ni à la résignation et le livre se conclut par des propositions nouvelles que seuls les néolibéraux endurcis jugeront utopiques.André Schiffrin, Le contrôle de la parole, éditions La Fabrique.
Jacques Bouveresse, Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus
Karl Kraus a inlassablement attaqué un mal auquel nous sommes exposés plus que jamais : la manipulation par le discours, le mensonge et la corruption de la langue, signe de la corruption de la pensée et du sentiment. Contre cette agression, il a forgé des armes terriblement efficaces et montré comment s’en servir. Son œuvre reste, comme le dit Elias Canetti, une « école de résistance ».
C’est à bien des égards notre époque, plutôt que réellement la sienne, que les descriptions et les polémiques de Kraus donnent l’impression de viser. Comme il le craignait, les exagérations d’hier sont si vite dépassées par les réalités d’aujourd’hui que la tâche du satiriste en devient de plus en plus problématique. La satire ne fait souvent qu’anticiper et annoncer ce qui fera demain l’objet d’un reportage dans les médias : elle a le sentiment d’essayer désespérément d’empêcher la réalité de lui donner raison.
Ce livre a été écrit pour montrer au lecteur d’aujourd’hui, sur quelques exemples précis, à quel point nous avons besoin en permanence – et en ce moment probablement plus que jamais – d’armes comme celles que Kraus nous a laissées.Jacques Bouveresse, Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus, éditions Agone.
14 septembre 2007
Alfred Schütz, Essais sur le monde ordinaire
Notre intention est d'analyser le processus par lequel un acteur, dans sa vie quotidienne, détermine sa conduite future après avoir pris en considération plusieurs voies possibles d'action. Le terme action désignera la conduite humaine, comprise comme un processus, qui est imaginée par l'acteur par avance, ce qui signifie qu'elle se fonde sur un projet préconçu.Alfred Schütz, Essais sur le monde ordinaire, éditions du Félin.
30 juin 2007
David Lewis, De la pluralité des mondes
Ce livre prend la défense du réalisme modal. Selon le réalisme modal, le monde dont nous faisons partie n'est qu'un monde parmi une pluralité de mondes, et nous ne sommes, nous qui l'habitons, qu'un petit nombre de ceux qui habitent tous les mondes.
David Lewis, De la pluralité des mondes, Éditions de l'éclat.
21 avril 2007
Anne Guillou, Pour en finir avec le matriarcat breton
Dans la pratique courante, on peut s'étonner d'entendre utiliser le terme de matriarcat comme désignant un trait particulier de la société bretonne. La péninsule se distinguerait par la place originale accordée aux femmes et cette notion qui fait référence au pouvoir féminin lui conviendrait plus qu'à toute autre région française. L'idée qu'en Bretagne la femme aurait bénéficié d'une représentation positive et exercé une réelle autorité est répandue sans qu'un besoin de vérification ses soit imposé. On admet volontiers que la femme bretonne est puissante, qu'elle occupe une place éminente dans la société. cette représentation est-elle fondée ?Anne Guillou, Pour en finir avec le matriarcat breton, Éditions Skol Vreizh
Philosophie n° 92 : Lectures de Leibniz : Husserl
Ce numéro, consacré à Leibniz et aux interprétations qu'il a reçues au sein de la phénoménologie husserlienne, s'ouvre par la traduction et la présentation, dues à Marine Picon, d'un texte de Leibniz intitulé De Mundo Praesenti [...]
Les trois autres textes forment un ensemble consacré à la lecture husserlienne de Leibniz : les deux premiers, à sa réinterprétation de la mathesis universalis ; le dernier, à sa relecture de la position métaphysique de la Monadologie.
3 mars 2007
Guy Debord, Correspondance, Volume 6
C'est en 1979 que Guy Debord décide, une première fois, de quitter un Paris qui à ses yeux avait, depuis longtemps déjà, tout perdu de son charme.
Si le siège de l'état-major s'est déplacé, l'état de guerre, pour lui, reste permanent : depuis la situation en Italie, dont il donne une analyse lucide dans saPréface à la quatrième édition italienne de « La Société du spectacle », jusqu'à celle de l'Espagne de l'après-franquisme, qui le conduit à mener campagne en faveur des « autonomes » emprisonnés à Ségovie, le tout entrecoupé de « jours tranquilles » passés ici ou là, durant lesquels conseils, traductions et publications se succèdent. Le 5 mars 1984, le mystérieux assassinat de son ami éditeur le pousse dans un nouveau type de combat, cette fois contre une presse particulièrement déchaînée et hostile.
De ces années pleines de bruit et de fureur en tout genre, beaucoup de choses vont être retenues et analysées qui alimenteront les prochainsCommentaires sur la société du spectacle.Guy Debord, Correspondance, Volume 6, Éditions Fayard.
Guy Carcassonne, La constitution
Ce régime est le dix-septième. Cette République est la Cinquième. Après avoir multiplié les essais, la France semble enfin avoir trouvé les institutions politiques politiques qu'elle cherchait, à la fois légitimes et efficaces.
Si nul n'est censé ignorer la loi, chacun doit connaître à plus forte raison la loi fondamentale, la Constitution.
Elle est ici située, dans l'histoire et la géographie, et surtout analysée article par article, de manière simple, claire et accessible à tous.
Loin des idées reçues, ce texte montre une Constitution plein de ressort, de ressources, de surprises. Une Constitution pleine de vie. Mais une démocratie qui gagnera à ce que tous les citoyens en connaissent les rouages.Guy Carcassonne, La Constitution, Le Seuil.
Bertrand Russell, Éloge de l'oisiveté
Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n’y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfinimentBertrand Russell, Éloge de l'oisiveté, éditions Allia.
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