Varia

La nécessité de rechercher le véritable bonheur est le fondement de notre liberté.

Locke

Tag - philosophie politique

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8 février 2009

« Mise au point » du Comité Invisible

Il est désormais de notoriété publique que les situations de crise sont autant d’occasions offertes à la domination de se restructurer. Ainsi Sarkozy peut-il, sans trop avoir l’air de mentir, annoncer que la crise financière correspond à « la fin d’un monde », et que l’année 2009 verra la France entrer dans une nouvelle ère. Cette fumisterie de crise économique serait en somme une nouveauté. L’occasion d’une belle épopée qui nous verrait, tous ensemble, combattre les inégalités en même temps que le réchauffement climatique. Ce qui pour notre génération, qui est justement née dans la crise et qui n’a connu que cela – crise économique, financière, sociale, écologique – est, vous l’avouerez, relativement difficile à admettre. On ne nous refera pas le coup de la crise, du « on va repartir à zéro » et « il suffira de se serrer la ceinture pendant quelques temps ». À vrai dire l’annonce des chiffres désastreux du chômage ne provoque chez nous aucun sentiment. La crise est une manière de gouverner. Quand ce monde ne semble plus tenir que par l’infinie gestion de sa propre déroute.

On voudrait nous voir derrière l’État, mobilisés, solidaires d’un improbable rafistolage de la société. Sauf que nous répugnons tellement à la rejoindre, cette mobilisation, qu’il se pourrait bien que l’on se décide, plutôt, à abattre définitivement le capitalisme.

Mise au point du Comité Invisible.

25 janvier 2009

Tumulti e ordini

Tumulti e ordini est un blog de philosophie politique destiné à présenter l’enseignement et les activités de recherche de Thierry Ménissier, maître de conférences à l’Université de Grenoble 2.

20 novembre 2008

Autonome

Pourquoi ne pas faire de la politique dans des mouvements légaux ?

Le fait de s’organiser en dehors des structures légales est une question de cohérence révolutionnaire : c’est l’idée que la révolution ne peut se faire à l’intérieur d’un cadre légal. Si un révolutionnaire authentique était élu Président de la république, en admettant qu’il veuille sincèrement mettre fin au système capitaliste, je pense qu’il serait renversé par un coup d’Etat militaire.


Êtes -vous hostiles à la démocratie parlementaire ?

Les lois ne sont pas faites pour défendre l’intérêt général. Elles sont faites pour défendre les intérêts de la bourgeoisie. Comme ces lois ne peuvent être changées par un processus légal, on ne peut les changer que par un rapport de forces. Or, ce rapport de forces est nécessairement illégal. Il n’existe pas dans l’histoire d’exemple de révolution qui se soit faite en respectant un processus légal. Pour ces raisons, le mouvement autonome est contre la démocratie représentative car il la considère comme une dictature. De mon point de vue, la seule véritable démocratie c’est celle que pratique le mouvement social : c’est la démocratie directe des assemblées générales.

Entretien avec Sébastien Schifres.

17 novembre 2008

Que faire du parti socialiste ?

8-rili.jpg Le Parti socialiste a en effet développé une sorte d’aveuglément et de cécité, une sorte d’immunité à la critique, tant interne qu’externe, aussi pondérée soit-elle. Lui font défaut aujourd’hui les mécanismes qui lui permettraient de « dérailler », de sortir des rails de la logique néolibérale en se mettant à l’écoute de ses militants, du reste de la gauche, des mouvements sociaux et de la critique sociale - en se mettant à l’écoute de la réalité.


Jérome Vidal, Que faire du parti socialiste ?

Le n°8 de la Revue internationale des livres et des idées est sortie.

16 novembre 2008

Relocalisation

Ce n’est pas en changeant nos consommations que nous pouvons construire une alternative, ni en faisant de la morale, mais en changeant notre mode de production qui détermine nos modes de consommation. L’alternative à la globalisation financière n’est pas une globalisation politique immédiate mais une reterritorialisation du tissus économique et de la démocratie. S’il faut améliorer les régulations internationales, l’alternative à la globalisation est ici et maintenant la relocalisation de l’économie, ce que j’appelle le développement local et humain mais qu’on peut appeler aussi le développement rural, ce qui n’est pas exclure les villes mais vouloir les déconcentrer, les décongestionner en s’écartant du modèle industriel.

Il faut bien comprendre qu’on ne peut attendre une alternative globale, un changement par le haut, non seulement parce que les conditions politiques en sont introuvables mais surtout parce qu’il faut changer de mode de production et pas seulement l’améliorer à la marge. La construction d’un nouveau mode de production ne peut être immédiat, réalisé sur ordre politique, mais doit être inévitablement lente et progressive, croissant et se développant au sein de l’ancien mode de production à partir d’initiatives locales. Ce n’est pas la seule raison. Si notre but est bien de réinsérer l’économie dans le social, ne pas dépendre de marchés financiers lointains mais pouvoir organiser sa vie, c’est une économie territorialisée qu’il faut reconstituer, municipalisée ou régionalisée comme autrefois on nationalisait. L’économie plurielle doit refaire coexister économie publique et privée. La nation n’est plus le niveau pertinent d’organisation économique, un même pays abrite des régions défavorisées et des “régions qui gagnent”. Pour éviter une “délocalisation” d’une région à l’autre il faut s’ancrer dans un territoire régional. Loin d’être une utopie le développement local est déjà la source principale de richesses. Il faut en faire une véritable alternative à la globalisation marchande et au capitalisme qui commence pour Braudel avec l’éloignement des financiers, leur déterritorialisation. Ce que nous devons construire, c’est une économie insérée dans son environnement, à taille humaine et constituée de rapports de face à face, une économie du territoire et donc une économie rurale. Ces alternatives locales ne viendront pas d’ailleurs, c’est à nous de les inventer maintenant. Les difficultés à vaincre sont locales.

Jean Zin, Alternatives locales à la globalisation marchande

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