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Tag - revenu universel dexistence

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2 décembre 2007

Blogosphère philosophique francophone : une introduction

Sur le principe de Philosophy Carnival[1], une introduction à la blogosphère philosophique à travers une sélection personnelle de 10 billets issue de carnets Web.

Actions, raisons causes

Dans ce billet, nous nous interrogerons sur la définition d’une action : en quoi une action se distingue d’un événement ? Comment les états mentaux causent les actions ?

Comprendre l'athéisme

Pourtant, j'ose l'affirmer : quoi de plus naturel que d'être athée ? On considère souvent que l'athéisme est une négation de l'existence de Dieu, une croyance en son inexistence. Cependant, cela n'est pas systématique. Etymologiquement, l'athéisme est une absence (a privatif) de théisme (croyance en un Dieu personnel et providentiel). Ce n'est donc pas une croyance particulière, c'est l'absence d'une certaine croyance particulière (la croyance en un Dieu personnel et providentiel) parmi l'ensemble des croyances que tout un chacun entretient (même s'il existe des gens qui croient n'avoir aucune croyance). En ce sens, tout le monde nait athée, puisqu'un nourrisson n'a évidemment pas de croyance en Dieu (il n'a pas même la possibilité de se former ce concept).

Esprit : le lieu

La question que pose la plaque scellée sous le cerveau exhibé de Ullin Place dans le hall de l’université d’Adélaïde (Australie) est celle du lieu de nos états mentaux. Lorsque Descartes établit la distinction tranchée entre les objets matériels qui occupent un endroit de l’espace et les objets mentaux, tels que les pensées et les sensations, qui apparemment sont non spatiaux, la question du hall de l’université d’Adélaïde semble réglée : parce que le cerveau occupe un endroit de l’espace, les états mentaux ne peuvent pas être des états du cerveau.

Et si c'était mal de manger des brocolis? Débat sur le psychologisme moral (1)

La discussion a porté sur le premier point, le psychologisme moral, ou l'idée que c'est le cerveau qui fait la morale. C'est une idée qui remonte en fait à Hume: la morale est en quelque sorte le produit de nos jugements moraux, elles ne leur préexiste pas. Le psychologisme moral s'oppose au réalisme moral, selon lequel les vérités morales sont indépendantes de nos jugements moraux.

Les fort peu simples « natures simples » de Descartes

J’aimerais traiter du sens de la « nature simple » chez Descartes. C’est là un thème un peu négligé par la critique, Jean-Luc Marion mis à part, et qui mérite pourtant toute notre attention. Ce thème est, à mon sens, peu abordé car il n’apparaît en tant que tel que dans les Regulae qui sont les seules à utiliser la locution de « natures simples ». Par la suite, le Discours et les Méditations, si ils en conserveront l’idée en l’améliorant, n’évoqueront pas textuellement cette étrange notion, pourtant centrale dans la théorie de l’intuition cartésienne. Toute la gageure consiste alors à retrouver sous un vocabulaire parfois flottant cette idée capitale énoncée pour la première et dernière fois dans les Regulae, mais filée jusque dans les Principes de 1644.

L’éthique contemporaine et la question de l’autonomie

Quel peut être le fil conducteur susceptible de nous orienter philosophiquement dans les multiples discussions qui traversent l’éthique contemporaine ? Au terme de cette série de billets consacrés à l’éthique appliquée, une partie non négligeable des conflits dont j’ai essayé de dégager les termes engagent ultimement, de toute évidence, une prise de position sur la valeur de l’autonomie, sur sa signification et sur son importance. Ce retour d’une thématique classique de l’éthique dans nos débats contemporains mérite d’être mis en évidence, tant il permet de tisser, entre les questions d’éthique contemporaine, des liens à la fois forts et éclairants.

Prescience divine et liberté humaine

Dieu est parfait, donc omniscient. Dieu sait tout à l’avance. Mais comment pourrait-il savoir tout ce que les hommes vont faire ? L’homme est libre. Son comportement est donc imprévisible, au moins en partie. On voit que l’omniscience divine est incompatible avec la liberté humaine. Autant dire que l’existence de Dieu est incompatible avec la liberté humaine.

Pyrrhon ou la négation du dialogue

Platon dans le Banquet présente un Socrate absorbé par la méditation et capable de rester longtemps immobile à la recherche du vrai. Pyrrhon, lui, parle à voix haute en étant tout seul :

Une réponse à Martin Mongin

Dans Esprit de décembre dernier, un article vigoureux reproche à la plupart des philosophes analytiques de travailler avec et pour des gens que les philosophes ont le droit de fréquenter, mais dont ils ne devraient jamais dépendre: les ingénieurs, les industriels et les militaires. Il leur reproche également de ne pas remplir la fonction habituelle des philosophes, qui consiste selon l'auteur à être la voix des grandes questions vitales qui intéressent l'Humanité toute entière, pas seulement quelques professionels. En dépit d'accusations ahurissantes, qui ne doivent de passer pour crédibles qu'à l'extrême ignorance où le public français se trouve à l'endroit de la philosophie analytique, ce brûlot soulève des questions très pertinentes concernant la réputation et le financement de la recherche philosophique moderne, et au delà, la place de la pensée abstraite dans notre pays, aujourd'hui qu'est révolu le règne des grands intellectuels publics.

Vers la révolution du revenu garanti ?

Il est temps d'affirmer, comme un nouveau droit de l'homme, le droit à un revenu décent, revenu d'autonomie sans lequel il n'y a pas vraiment de droits. Cela semble encore trop utopique et pourtant c'est une revendication qui insiste et gagne de plus en plus de partisans, revendication qui devrait s'imposer dans le contexte actuel car le revenu garanti n'est pas seulement l'instrument de la lutte contre la précarité et la misère, c'est surtout un renversement complet de logique de la sécurité sociale au développement humain, c'est l'investissement dans la personne, dans son autonomie et sa créativité exigées par le devenir immatériel de l'économie où ceux qui sont devenus plus ou moins des "travailleurs du savoir" sont destinés à la résolution de problèmes dans un environnement incertain. C'est enfin la base d'une production alternative et d'une économie relocalisée.

Notes

[1] il n'existe pas encore suffisamment de carnets Web spécifiquement philosophiques pour faire ce que font les anglophones : un appel à textes toutes les 2 semaines, sur un thème donné.

23 novembre 2007

Allocation universelle

J'aimerais lancer la discussion et connaître vos avis à propos de l'idée d'allocation universelle (ou revenu social garanti ou revenu d'existence ou dividende universel) relayée par plusieurs économistes et/ou sociologues, philosophes, etc. Il y a des aspects proprement économiques à ce débat, mais aussi philosophiques, politiques; de plus, l'idée est assez tranpartisane (bien que défendue et développée différemment en fonction de certains choix politiques fondamentaux).

Des réponses sur le forum d'éconoclaste.

16 octobre 2007

770 000 heures

Un compte-rendu du congrès de Bâle, Inconditionnel et assurant l’existence : le revenu garanti comme droit de l’homme.

2 février 2007

Un wiki sur le revenu garanti

Jean Zin vient d'ouvrir un wiki sur le Revenu Garanti.

18 janvier 2007

Multitudes 27

Le nouveau numéro de Multitudes consacré au revenu garanti est sorti :

Qu'est-ce que le revenu garanti ? Le revenu garanti dont il est question ici n'est ni un revenu de remplacement (indemnités chômages, retraites), ni un revenu d'assistance (minima sociaux, tel le RMI). Il ne remplace pas les formes de salaire socialisé. Il s'agit donc d'une forme de revenu inédite, qui ne trouve pas de références dans les catégories classiques de la répartition et de la redistribution des revenus, tout en s'inscrivant dans l'histoire longue des luttes sociales pour la socialisation du salaire. Certains des contributeurs de ce dossier vont jusqu'à le considérer comme revenu primaire, au même titre que la rente, le salaire ou tout autre revenu d'activité.

Pas de présentation en ligne contrairement aux fois précédentes. Finalement si.

9 décembre 2006

Garantir le revenu

Entre bonnet blanc et blanc bonnet, l'année 2007 s'annonce passionnante.

On pourra se consoler avec cette vieille lune de revenu garanti :

  • Établir un revenu d'existence : Évoqué dès 1792, le principe anticipe la fin du plein-emploi. Pour combattre la précarité, certains proposent le versement d'une dotation à chacun tout au long de la vie.
  • Trêve de confusion : Il est vrai qu’il y a un socle commun à toutes ces propositions : ce revenu doit être inconditionnel, accordé de la naissance à la mort et entièrement cumulable avec toutes les autres rémunérations, en particulier évidemment, celles du travail. Cela représente donc une rupture avec toutes les formes d’allocations conditionnelles que nous connaissons actuellement, ainsi qu’avec la conception de l’impôt négatif sur le revenu.

5 juin 2006

Éléments pour la revendication d'un revenu garanti inconditionnel et universel

Dans le contexte actuel, qui est celui, depuis déjà trente ans, de la crise du plein emploi, de la norme de l'emploi à plein temps et à vie, la seule utopie pensable serait alors celle d'un retour… au plein emploi, à vie, et à plein temps. En oubliant, peut-être, que la crise de cette norme, a été aussi portée par les multiples lignes de fuite… le désir d'échapper à l'aliénation du travail massacrant dans les usines, le désir de savoir, le désir d'expérimenter des formes autonomes d'association, d'être mobile, de s'épanouire dans l'activité, en tant que coopération et invention, au lieu d'enfermer sa vie dans un rapport salarial à l'intérieur d'une entreprise, décidant à notre place quoi et comment le produire.

En contradiction avec cette utopie triste du plein emploi, la revendication du revenu social garanti inconditionnel déplace l'axe des revendications de la continuité de l'emploi à la continuité du revenu. Les fondements de cette revendication peuvent être cherchés à l'intérieur d'une analyse des métamorphoses du salariat, de la nature de l'activité humaine mise en valeur par les capitaux, de la nature même de la richesse : qu'est que la richesse, comment on la produit, comment on la partage ?

Antonella Corsani, Éléments pour la revendication d'un revenu garanti inconditionnel et universel.

17 avril 2006

Revenu universel d'existence

Trois textes sur le revenu universel d'existence :

  1. Gilbert Boss, Justifications du revenu universel :

    Le revenu universel se caractérise par le fait qu’il est attribué également à tous, aux riches comme aux pauvres, automatiquement, sans avoir à être demandé, sans aucune contrepartie, sans aucune limitation de son usage. Par opposition à un salaire minimum ou aux pensions de sécurité sociale, il se distingue par le fait qu’il ne dépend pas des revenus qu’ont par ailleurs les gens, si bien que tous le reçoivent. Par opposition à toutes les formes de salaire social donné pour participer à des activités visant le bien public, il se distingue par le fait qu’il n’exige aucune compensation, ni en travail ni autrement. Selon les conceptions, il est plus ou moins compatible avec d’autres revenus de ce type, plus ou moins exclusif de certaines de leurs formes, plus ou moins destiné, à terme, à s’y substituer.

  2. Jean Zin, Vers la révolution du revenu garanti ? :

    Il y a peu, la revendication d'un revenu garanti était encore rejetée dans un avenir utopique, ne pouvant espérer mieux que d'améliorer les minima sociaux, mais il semble bien que cette revendication commence à trouver un écho dans la population et pourrait s'imposer dans la lutte actuelle contre la précarité comme la réponse la plus adaptée, la plus ouverte sur l'avenir en même temps que la plus démocratique, conquête d'un approfondissement démocratique, d'un progrès des droits de l'homme, de la solidarité sociale et de la civilisation, dans la grande tradition révolutionnaire.

  3. Yann Moulier Boutang, Résistible New Deal en Europe. Sur la crise du CPE en France :

    La justification d’un revenu d’existence inconditionnel n’est pas seulement éthique, elle est surtout économique. Il s’agit de rétribuer de façon primaire et pas comme une opération de redistribution d’une richesse sociale créé par ailleurs, la productivité sociale de l’actif, du travailleur que son activité prenne la forme d’un emploi stable (c’est l’idéal malheureusement en voie de raréfaction), d’une suite plus ou moins chaotique de contrats à durée déterminée ou d’un travail couvert par des dispositifs existants de mutualisation (les Intermittents, les fonctionnaires, les free-lances devant se monter leur propre système de protection) ou enfin d’un travail qui n’est pas reconnu comme travail et dont l’utilité sociale saute aux yeux (ceux qui aident des personnes âgées ou handicapées, les malades à domicile, les femmes (plus rarement les hommes) qui élèvent des enfants. Il faut ajouter enfin que dans une société de la connaissance et un capitalisme cognitif, étudier, se former, se cultiver c’est déjà contribuer à la productivité globale de la société. Le revenu d’existence est la seule solution qui concilie l’involution actuelle de l’emploi (la dégradation jusque-là insensible est en train de s’accélérer brutalement), les nouvelles formes d’activité, la production flexible et l’incorporation croissante de savoir et de travail immatériel dans la production de valeur économique. C’est aussi le seul mécanisme économique incitatif puissant qui soit capable d’arrêter l’involution de l’emploi et de créer les conditions d’un retour à l’élaboration d’un nouveau compromis ou régime salarial correspondant au capitalisme cognitif.

Et toujours sur le même thème, une conférence vidéo (fichier WMV) dans le cadre du cycle de conférence d'Utopia.

16 octobre 2004

Capitalisme cognitif

Un article de Michel Husson, Sommes-nous entrés dans le capitalisme cognitif ? dans lequel sont critiquées ces idées — curieuses à première vue — de « capitalisme cognitif » et « revenu garanti ». Mes maigres connaissances en économie ne me permettent pas de juger sur le fond, mais il formule très bien l'une des objections que je m'étais faite à propos de ce revenu garanti :

Les mutations technologiques ont pour effet que l'on travaille de moins en moins, et que l'on travaille en faisant autre chose, en se formant et en communiquant. Dans une pure société d'abondance où la richesse coulerait librement des réseaux et des automatismes, on pourrait la distribuer de manière totalement déconnectée du travail qui aurait d'ailleurs disparu. Notons au passage que dans ce paradis, il n'y a même plus à garantir le revenu puisque l'abondance règne. Utopie absurde, c'est très vrai. Nous n'en sommes pas là : il faut encore une dépense de travail minimale. La communication nourrit mal son homme, et il faudra bien cultiver (en réseaux ?) quelques hectares de terre pour produire un peu de blé et de raisins. Il existe sur Internet des sites médicaux très sophistiqués mais ils ne soignent pas vos caries.