dimanche 5 juin 2016

Zoo à chimères

j’ai la peau sur les os
et de la chair, du cartilage, des vaisseaux

la peau sur le corps
le corps sous la peau

du sang et des boyaux
organes vivants et liquides infâmes
bestioles sans papiers
visqueux qui sent mauvais

et la peau
la frontière imaginaire
ses crevasses, vergetures, plaques et petits lambeaux
rides, éphélides, marques livides

du passé et du temps

entre tout et dans tout
de la brioche, du flasque, du gras
du qui tient pas

Mais en tout
ça tient

ça tient debout et même ça marche

samedi 28 mai 2016

matin promet peu
commence

lundi 23 mai 2016

je reviendrai toujours
ou
toute fin est fin

nous ne faisons jamais ce que nous disons
ne disons jamais ce que nous faisons

nous ne faisons rien
ne disons rien

dimanche 22 mai 2016

Choses qui s'amenuisent et meurent

à marée descendante
le dimanche
on lit
dessinés sur la grève
les visages passagers
à qui l’on écrit
quand c’est à personne qu’on le fait

mercredi 30 mars 2016

[-]

Ça s'aggrave, mon pauvre homme ;-)

samedi 2 mai 2015

Dimanche

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mardi 9 décembre 2014

Sans titre, quelque chose d'usé

songe à te dédire

fais aller l’affaissement
au point d’une seule nuit
demande-toi
si tu te demandes
mais pas longtemps

samedi 1 mars 2014

Désemplissement du vrai

dans sa parade
insonorité se déplace
tranquille
au sein de l’inépuisable
apocalypse spectrale
de la broutille

mercredi 19 février 2014

[-]

on n’en a jamais fini
avec la colère

cette belle bête

lundi 6 janvier 2014

Des mots importants

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jeudi 17 octobre 2013

Semaine 42

sur le sens de la fêlure
on n’apprend rien

les doigts l’avortement
replié crochu
en fin de feu t’empoigne
et si peu emporte

nos élancements
nos sangs
désœuvrés sous la lune salie
vain bleu
non pas de tout temps
qui chute
mais ici
dans le sans nom
du fou

restent fumées nuées
vapeurs inodorantes
en quoi titube l’heure
qui bégaye démente

mardi 8 octobre 2013

Aller - Orphée, la nuit en face

tu la connais l’histoire
du vin qui nous ennuie
la vêpre vagabonde
qui avance sans bruit

et l’on va avec elle
redevenir petit

dimanche 29 septembre 2013

Ce souffle blanc, on l'appellera Dimanche

la rhétorique de l’absence
ou son contraire
quelle importance
on s’en balance

surface méticuleuse
bien mesurée austère
où s’articule et se désarticule
la petite valse amère

je mâche la carne du langage
très lentement
ça descend pas

c’est là, derrière les dents
planqué d’insultes aux vivants et aux morts
rien ne se maintient
mais se désarticule

on fuit les points tenants
car rien ne se maintient
que l’hallucination

lieu, place, position, domaine, territoire
dégueulasse !
On ne sait pas le fleuve à son seul estuaire

ne pas faire
comme eux :
prendre les phrases mathématiquement à leur envers
non, ne pas prendre les phrases
ne pas les prendre du tout
ni à l’endroit, ni à l’envers, ni mathématiquement, ni par le ventre parle
bien mâcher, mastiquer même
ça finit par passer

alors sans un souci
on laisse aller ses doigts
dans des cheveux de soie
et on est enfin mort

vendredi 13 septembre 2013

En la lutte incendiaire
qui regarde passer les jours
la bile se bat contre la fièvre

les verbes s’y enterrent
fidèles

lundi 15 juillet 2013

D’où vient cette nuit
qui m’enveloppe
de sa peau ténébreuse ?
quel est son nom ?

samedi 13 juillet 2013

Des baisers très très anciens

elle chute de la lenteur de la chute
-tombe de profondeur de tombe
chute lenteur profonde
tombe tombe tombe-
sans se résoudre

sans résoudre
son extravagance
son indigence
la démence des particules

alors se tenant là
entièrement là
s’en tenant là
à la descente elle-même
elle parle silence
irrévocable

en revanche
impuissants à se résoudre comme on se tait
les rêves ricanent des jours, de leurs secrets
n’oubliant rien des mondes

mercredi 10 juillet 2013

toute cette peine

cette violence

dans cet été

qui n’est même pas malade
l’hiver et la laideur
déguisés en fleur

mercredi 3 juillet 2013

depuis que j’ai commencé à pleuvoir
depuis que je suis pluie
il pleut sans bruit sans nuit
des rêves contumaces
de plus en plus nuages

mercredi 26 juin 2013

te dire
ami
et inventer pour les peines

un planisphère
des
noms de pays - le lieu
frontières toutes dépenaillées
collines aux seins offerts
ou qui ont trop pleuré
renonçant par devers au vieux mot de sagesse
à toute métaphysique

avec du vin comme rivières
du vin tenant la main de qui est perdu dans la plaine
du vin se mêlant à ton vin
ne devenant pas mer
et du vin sans amour
sauf tanin

Ici
nous savons par ce qui s’empoigne et frémit
racontons l’alliance aux fougères
l’ampleur
des pluriels en frôlements et la chair indigeste
de ce petit pays

c’est là que revient toujours l’âme
tarie les jours en croix
la mémoire et l’oubli nous aiment si cruels

mardi 25 juin 2013

va
va-t’en
faire baver ta chair dans la bavure des jours
mêmes marées, mêmes ritournelles
n’appelle plus quoi
ne t’appelle plus
ne porte plus ton nom
vois-le frémir
trembler fantôme
dans le sommeil des choses

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