On ne naît pas femme mais on ne naît pas mâle non plus
20 mai 2009
2009 :
« Une des phrases du XXe siècle aux conséquences les plus déplorables : “On ne naît pas femme, on le devient”. Non certes parce qu’elle est fausse, mais parce qu’elle suggère que l’homme, lui, serait créé et non façonné. Idée aberrante que véhiculent mille autres perles beauvoiriennes moins souvent citées, ainsi : “La dispute durera tant que les hommes et les femmes ne se reconnaîtront pas comme des semblables, c’est-à-dire tant que se perpétuera la féminité en tant que telle”. »
Nancy Huston, On ne naît pas homme
1972 :
« « On ne naît pas femme, on le devient » : je reprends à mon compte cette formule qui exprime une des idées directrices du Deuxième Sexe. Certes, il existe entre la femelle humaine et le mâle des différences génétiques, endocriniennes, anatomiques : elles ne suffisent pas à définir la féminité ; celle-ci est une construction culturelle et non une donnée naturelle : le scientisme fumeux de Mme Lilar n’a pas entamé cette conviction. Elle est au contraire fortifiée par les études de plus en plus poussées qui ont été consacrées à l’enfance pendant ces derniers années ; toutes prouvent que ma thèse est exacte et demanderait seulement à être complétée : « On ne naît pas mâle, on le devient ». La virilité non plus n’est pas donnée au départ. »
Simone de Beauvoir, Tout compte fait.

Commentaires
enfin quelqu’un/e qui ait lu Beauvoir, ce que n’ont pas fait ses détractrices (sur le matricide desquelles il ne serait peut-être pas inutile de s’interroger) ! pourquoi Nancy Huston veut-elle à tout pris mettre au pilori celle à laquelle l’on doit tant ? Le deuxième sexe reste à mon avis un ouvrage que tout/e féministe devrait lire plutôt que survoler.
`Bref, merci de cette citation qui rend justice et empêche de penser en rond.
Merci Ellya. Je ne sais pas pourquoi Nancy Huston s’attaque ainsi à Simone de Beauvoir et je ne comprends pas non plus très bien ce qu’une telle attaque apporte à sa tribune. Nancy Huston fait également un contre-sens dans la seconde citation ; ce qu’elle considère comme une idée aberrante s’éclaire par la position de Beauvoir :
Pour ma part, je ne crois pas que cette exigence d’égalité soit si aberrante que cela.