« Au départ, il y a la condamnation du théâtre en tant que lieu du spectateur, qui remonte au moins à Platon et consiste essentiellement en deux thèses fondamentales. Premièrement, être un spectateur, c’est une mauvaise chose, parce qu’un spectateur, c’est quelqu’un qui regarde et qui par conséquent se met en face d’apparences – et qui du même coup manque la vérité qui évidemment est ailleurs, derrière l’apparence ou en dessous de ce qu’il voit. Donc première thèse fondamentale : être spectateur, c’est regarder, et regarder est mal parce que c’est ne pas connaître. La seconde thèse qui lui est liée, même si elle peut être dissociée, consiste à dire : « Être un spectateur, c’est mauvais, parce qu’un spectateur est assis, il ne bouge pas ». Par conséquent, être un spectateur, c’est être passif et, évidemment, ce qui est bon, c’est l’activité. La question du spectateur a donc au départ et pour très longtemps été encadrée par ces deux couples d’oppositions fondamentaux, à savoir : regarder et connaître d’une part, et être actif ou être passif d’autre part. »

Critique de la critique du « spectacle »