10 problèmes de philosophie pour le XXIe siècle
31 décembre 2009
Philosophytalk a établi une liste de 10 défis pour la philosophie au XXIe siècle :
- le problème de la justice globale : par exemple, peut-on préserver l’environnement tout en permettant l’élévation du niveau de vie des pays les plus pauvres ?
- les être humains et l’environnement : quelles relations devons-nous entrenir avec la nature ?
- qu’est-ce qu’une personne ? (le problème du clonage par exemple)
- les nouveaux modèles de décisions collectives et de rationnalité collective
- la propriété intellectuelle à l’âge de la culture du détournement (remix)
- l’information et la désinformation à l’âge de l’information
- la liberté peut-elle survivre face à l’assaut de la science ?
- le problème du corps et de l’esprit : exemple : les progrès des neuroscience vont-ils dissoudre le vieux mystère de l’esprit ?
- trouver de nouvelles fondations pour l’identification sociale (exemple : la relocalisation)
- construire de nouvelles fondations pour une sensibilité et des valeurs communes : comment vivre ensemble dans un monde si économiquement interconnecté ? Quelles valeurs sommes-nous prêts à partager ?

Commentaires
En somme, autant de questions découlant d’une seule, jamais exprimée comme telle (pourquoi cela - serait la 11ème question, malicieuse, voire dérangeante) : “Qui être ?” (quels types d’hommes - nouveaux ? - voulons-nous promouvoir, quels seront leurs gestes, pour quel monde)
Mais je ne vois pas la nécessité de reprendre le nombre des fameux Commandements ! Reprise du même “ton”, ou bien pure coïncidence ?
La question « Qui être » rejoint le point n° 2, non ? Quant au nombre de 10, rien de magique, ni de religieux là-dedans : il s’agit ni plus ni moins que d’un billet du mois de décembre, propice aux récapitulatifs de toutes sortes.
Ma question sur le nombre dix n’était pas si naïve. Je m’en vais énumérer les questions de forme et de fond que posent, à mon sens, ces dix défis. Pas sûr déjà qu’ils soient des défis de philosophie, malgré ce que l’annonce laisse avantagement entendre. A plus tard. Merci pour ta réaction.
Un programme ? Autres questions :
Sur la forme :
1)Pourquoi 10 questions ? Si c’est pur arbitraire (habitude, pensée décimale, ou ” parce qu’il faut bien s’arrêter quelque part ..”), c’est une drôle de façon de traiter de l’importance. C’est dire que ça n’est donc pas celle-ci qui présida à l’énumération. On l’aurait cru. (Voilà peut-être déjà l’objet d’un onzième problème, à moins qu’il ne soit le premier à résoudre.)
2)”Pour le XXIième siècle” ? Mais il commence à peine ! Les problèmes de la première moitié du XXième (pour prendre un découpage large) ne furent pas ceux de la seconde ! Pourquoi serait-ce différent pour celui présent ?
3)”Problèmes de philosophie” ? Est-ce à dire qu’ils sont éminemment philosophiques ? Ou bien sont-ils plutôt l’objet de rapports de forces de tous ordres auxquels la philosophie veut prendre part ? Ou peut-être faut-il comprendre qu’elle est là, souveraine, pour coordonner et faire se converger les différentes forces en jeu ? Mais la philosophie a-t-elle ce pouvoir ?
4)L’évidence de la globalisation en cours n’est pas le moindre des a priori “philosophiques” des dix présentes questions. Tant que l’Un du monde n’était qu’à venir, au moins il n’avait pas son actuelle insolence !
Sur le fond :
5)Que signifie de poser “Le problème de la justice globale” entre pays (en 1) alors qu’on en est encore à se demander (en 3) qu’est-ce qu’une personne ?
6)Le problème de l’environnement se poserait-il pour lesdits pays pauvres si ceux-ci n’étaient pas “invités” à suivre le modèle économique global qui est le nôtre ?
7)Est-il tout simplement juste de vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres quand le sous-entendu est ici : “… selon le modèle économique et culturel qui s’impose partout au monde” ?
8)Par suite, le problème de l’identification sociale (en 8) ou de la sensibilité et des valeurs communes (en 10) n’est-il pas implicitement résolu d’avance, et juste une question de temps ?
9)Que signifie de poser la question des rapports des êtres humains à l’environnement (en 2) sans poser conjointement (sinon prioritairement !) celle des rapports des êtres humains – entre eux ?
10)Puisqu’il s’agit bien d’avenir dans ce programme, pourquoi demander qu’EST une personne (3), et non point à chacune celle qu’elle NE VEUT PLUS être, et laquelle elle VEUT désormais être / devenir ?
11)”Le problème du corps et de l’esprit” (en 8) est-il propre à chacun d’entre nous ou bien, tel que c’est clairement exprimé ici, objet de science ?
12)Pourquoi la question du rapport des hommes à la science, aujourd’hui quelque peu trouble, n’est-elle pas posée ? (Effleurée en 7) (L’ignorance des hommes est-elle comme toujours implicite, et le savoir salvateur ?)
13)Que signifie (en 4) le fait de poser comme problème en soi “les nouveaux modèles de décisions collectives et de rationnalité collective” sans même faire mention de l’objectif d’une pareille implicite convergence ? Est-il tellement évident ? (Convergence : décisions au pluriel, rationalité au singulier) D’où :
14)Pourquoi n’est pas posée ici la question de l’unité en marche du monde humain (globalisation) ? Un consentement tacite ? Une fatalité ? Un impérialisme ? Une évidence ? Un nouveau bonheur promis aux hommes ? … - en vertu de quoi ?
15)Propriété intellectuelle (5), information (6), liberté (7) … ne sont-elles pas des fiefs pour ceux qui les possèdent ? L’information actuelle, sans même parler de son contenu, n’est-elle pas AUSSI l’expression d’un pouvoir d’asséner librement au plus grand nombre en tout lieu et à tout moment ?
16)En 7), la question n’est-elle pas plutôt : “La liberté d’être peut-elle survivre aux assauts de la science ?” (de la science et autres savoirs se disputant le même gâteau)
17) Enfin, ces différents problèmes ne pouvaient-ils être regroupés, pour éclairer notre rapport à leurs expéditeurs, suivant leurs différents destinataires implicites ? En effet, lesquels des problèmes exposés dans cette liste font appel directement à mon pouvoir de décision (de choisir véritablement) ? Lesquels s’imposent au contraire dans leur expression même comme relevant uniquement de quelque autorité cognitive ?
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Selon moi et peut-être d’autres : quand la philosophie n’est pas science (et à sa suite Normes), elle pose cet autre genre de questions (ici concises) :
Qu’est-ce que ETRE AU MONDE ? QUI voulons-nous être ? Quelle PUISSANCE au juste voulons-nous acquérir ? Quelle IGNORANCE LIBRE nous permettra-t-on ? Quels différents types de pouvoirs briguons-nous quand nous prenons la PAROLE ?
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Quelques remarques et questions sur le commentaire de varna :
— Varna :
Même si un questionnement métaphysique sur la notion même de personne peut certainement avoir des prolongements en philosophie morale et politique, il me semble que cela n’a pas de sens d’affirmer qu’on ne peut pas poser le problème de la justice globale avant d’avoir réglé celui de la nature des personnes.
Votre remarque semble présupposer une sorte d’épistémologie fondationnaliste pyramidale de la recherche : il faudrait d’abord déterminer le statut des croyances de base (la notion de personne) avant de poser des problèmes qui concernent des croyances plus complexes (la question de la justice entre les personnes), alors que je défendrais plutôt une optique cohérentiste (dans le domaine de la recherche) : nous sommes dans un radeau que l’on répare progressivement, et où il y a plusieurs travaux à faire, un peu partout (le but étant de maintenir une cohérence globale).
— Varna :
Je ne comprends pas du tout votre remarque : quel que soit le modèle économique des pays pauvres, le problème de l’environnement se pose, et justement d’autant plus pour les pays pauvres (qui sont par exemple les plus dépendants des aléas climatiques).
— Varna :
Là encore vous inventez un sous-entendu, vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres, ce n’est pas nécessairement vouloir imposer un modèle économique et culturel ! Est-ce que Oxfam cherche à imposer un modèle économique et culturel ?
— Varna :
C’était justement l’objet de la question n°1 : celui de la justice globale, qui est explicitement posé comme question prioritaire !
Bonjour Cédric Eyssette,
Varna : « 5) Que signifie de poser “Le problème de la justice globale” entre pays (en 1) alors qu’on en est encore à se demander (en 3) qu’est-ce qu’une personne ? »
Eyssette : Même si un questionnement métaphysique sur la notion même de personne peut certainement avoir des prolongements en philosophie morale et politique, il me semble que cela n’a pas de sens d’affirmer qu’on ne peut pas poser le problème de la justice globale avant d’avoir réglé celui de la nature des personnes.
Votre remarque semble présupposer une sorte d’épistémologie fondationnaliste pyramidale de la recherche : il faudrait d’abord déterminer le statut des croyances de base (la notion de personne) avant de poser des problèmes qui concernent des croyances plus complexes (la question de la justice entre les personnes), alors que je défendrais plutôt une optique cohérentiste (dans le domaine de la recherche) : nous sommes dans un radeau que l’on répare progressivement, et où il y a plusieurs travaux à faire, un peu partout (le but étant de maintenir une cohérence globale).
Varna : Si ma question laisse entendre ce que vous pensez, elle ne constitue pas pour autant une affirmation. J’interrogeais ici la hiérarchie, la priorité donnée de 1) sur 3). Mais pas aussi simplement, en effet : vous aurez remarqué que j’ai mis seul le problème de la justice globale (en tant qu’objet de discussion) entre guillemets, et non celui relatif à la personne. L’allusion ouverte par cette distinction entendait suggérer qu’une personne n’est peut-être pas nécessairement “une notion qui peut certainement avoir des prolongements en philosophie morale et politique” … Elle ne devient peut-être pareille notion que grâce ou à cause de ces prolongements. La justice est toujours à venir, les hommes eux, sont. On (le lecteur) devine alors peut-être de quelle nécessité procède la notion de “personne” … (nécessité requise, personne convenue) : la nécessité de le prolonger de force dans une problèmatique politique. 1) et 3) masquent précisément ce rapport de force en laissant entendre une homogénéité naturelle dans le traitement des questions. La philosophie bon père de famille … ? (Que répondez-vous au problème du clônage, vous en personne ?)
La suite de votre remarque trouve ici sa réponse. “Une épistémologie fondationnaliste (!) pyramidale” dans l’autre sens n’aurait à son tour d’autre but que d’inscrire du vivant dans de l’institution. Je ne renverse pas la hiérarchie, je la conteste. Mais je conviens tout à fait que la politique (au sens large) vise à maintenir une cohérence globale entre … les hommes.
Varna : « 6) Le problème de l’environnement se poserait-il pour lesdits pays pauvres si ceux-ci n’étaient pas “invités” à suivre le modèle économique global qui est le nôtre ? »
Eyssette : Je ne comprends pas du tout votre remarque : quel que soit le modèle économique des pays pauvres, le problème de l’environnement se pose, et justement d’autant plus pour les pays pauvres (qui sont par exemple les plus dépendants des aléas climatiques).
Varna : notre modèle économique est glouton – et s’impose partout comme modèle. Mêmes gestes partout ? Même façon de vivre ? Alors mêmes in-conséquences écologiques à prévoir. Mais peut-être que je me trompe, peut-être que chaque pays est libre de s’engager dans la voie de son choix … (voir les derniers peuples d’Amazonie, s’ils l’ont ce choix face à la “modernité” …)
Varna : « 7) Est-il tout simplement juste de vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres quand le sous-entendu est ici : “… selon le modèle économique et culturel qui s’impose partout au monde” ? »
Eyssette : Là encore vous inventez un sous-entendu, vouloir relever le niveau de vie des pays pauvres, ce n’est pas nécessairement vouloir imposer un modèle économique et culturel ! Est-ce que Oxfam cherche à imposer un modèle économique et culturel ?
Varna : no comment …
Varna : « 9) Que signifie de poser la question des rapports des êtres humains à l’environnement (en 2) sans poser conjointement (sinon prioritairement !) celle des rapports des êtres humains – entre eux ? »
Eyssette : C’était justement l’objet de la question n°1 : celui de la justice globale, qui est explicitement posé comme question prioritaire !
Varna : De “sublimes petits pois” (sic) ont pris place ce mois-ci en ville. Tous les panneaux sont à leur effigie. L’espace politique par excellence n’est-il pas la ville (polis) ? Ai-je tort de penser que s’y exprime donc toujours forcément le plus important … des relations humaines ? Que signifie dans ces conditions le “problème de la justice globale” présenté où on sait comme “la question priroritaire” ? En d’autres termes : respecter la nature et mes affaires courantes, et non point prioritairement les hommes ?
Merci à vous !
Je souhaitais relever une de vos affirmations : « J’interrogeais ici la hiérarchie, la priorité donnée » et plus loin, « Je ne renverse pas la hiérarchie, je la conteste ».
Je suis d’accord avec les posts précédents : il y a du vrac dans votre liste, c’est-à-dire un manque de hiérarchie. Mais comment contester la hiérarchie sans nier qu’il y en a ? La contester ou proposer du désordre ne suffit pas ! Or, la difficulté est qu’un manque de cohérence contredit l’importance. Sans justifier une autre cohérence, on ne peut pas fonder une autre importance.
Contester la hiérarchie implique de proposer un autre ordre, une autre solution sociale de l’ordre, tel me semble être le problème. Or, je crois aussi que les problèmes sont socialement posés lorsque nous en possédons déjà une solution…
En ces matières, la réponse est technique et elle existe déjà : mais les problèmes posés sont techniques. Une personne est morale et politique contrairement à l’individu qui est sensible à l’agréable. La technique n’a rien d’agréable. Alors, il faut trouver ou plutôt exposer au présent une réponse déjà trouvée par les techniciens ayant une implication morale et politique car la justice n’est pas seulement à venir. Et la philosophie a besoin de compétences pour comprendre : en économie, en biologie, en cosmologie, etc.
Or, voici cette réponse « fonctionnaliste » qui non pas conteste la hiérarchie et non pas la détruit mais la rend relative et accessoire : relative par rapport à l’autre solution et coexistant donc seconde.
Cette réponse tient dans ces termes techniques : Activity-Based Costing / Management (méthode ABC/M, ABC, ABM, datant à peu près des années 90) ou LOLF (loi organique des lois de finance en France votée à l’unanimité en 2000). On trouve sur Internet ces mots-clés, auxquels il convient d’ajouter « balanced scorecards ». Mon témoignage est que ceci est politiquement (très) intéressant, au moins au regard des débats que ces techniques soulèvent.
En voici cependant la philosophie : l’expression toute littéraire de cette technique. La procédure, la méthode, propose une vision, une pratique horizontale opposée à la verticalité de la hiérarchie. Alors, intervient une transversalité et un croisement entre hiérarchie et processus, une matrice. Une incise : Wittgenstein traite explicitement de cette question du croisement dans le chapitre VIII de ses Remarques philosophiques ! Les projets, les activités, les objectifs, en langage d’entreprise, ou les missions & programmes de l’Etat permettent « d’inscrire du vivant dans de l’institution » comme vous le dites exactement.
Le chef de mission (on dit parfois en entreprise « le propriétaire du processus ») croise horizontalement les responsables hiérarchiques. L’ordre des flux traverse l’ordre établi. Conséquence : le chef hiérarchique rend des comptes doubles, et des comptes à un inférieur hiérarchique, un peu comme l’estafette l’emporte sur le colonel pour accomplir sa mission. Moralement, il ne peut plus se prendre pour un dieu, un pouvoir lui échappe, en plus de celui que l’audit et le contrôle interne tiennent. Politiquement, le conflit d’intérêt est porté comme principe de fonctionnement, au contraire de l’adage « diviser pour régner ». La préoccupation d’efficacité, de la qualité des livraisons internes, de satisfaction des clients-fournisseurs internes puis externes, croisent les préoccupations métiers des hiérarchiques. Le vivant s’inscrit car ce croisement, cette complexité, engendre des conflits animés.
DéfiTexte,
Je m’étonne, ayant parcouru votre site avant de venir vous répondre ici, de pouvoir faire à mon tour aussi aisément (une illusion, sûrement), moi qui n’ai pas vos compétences, une analyse logique de votre commentaire présent. Permettez-moi d’intercaler mes remarques et, pour des raisons de longueurs et de courtoisie pour le lieu, de limiter celles-ci à votre premier paragraphe. Si vous le désirez, nous continuerons par mail. Faites-le moi savoir, le cas échéant. (votre texte ci-dessous est en gras)
Je suis d’accord avec les posts précédents : il y a du vrac dans votre liste, MA liste ? Je répondais à celle proposée. c’est-à-dire un manque de hiérarchie. Mais comment contester la hiérarchie sans nier qu’il y en a ? Loin de “nier qu’il y en a”, la contester est lui accorder qu’elle existe, non ? Mais peut-être vouliez-vous dire : “sans nier la nécessité qu’il y en ait une” ? La contester ou proposer du désordre ne suffit pas ! 1) La contester ne revient pas ou n’équivaut pas à “proposer du désordre”… 2) “Ne suffit pas” : Que fallait-il donc de plus, selon vous ? Que j’enchaîne sur quelque proposition nouvelle, ou peut-être que je rédige un questionnaire conforme à ma présente critique ? Je devine que c’est ce que vous vous proposez de faire. Or, la difficulté est qu’un manque de cohérence contredit l’importance. 1) Vous voulez dire que l’incohérence d’un propos dessert l’importance que son locuteur lui accorde ? De façon générale, je ne peux accorder que les importances ne dépendent que de nos propos … il se peut que ce soit l’incohérence qui mette sur la piste la chouette de Minerve … 2) Il vous faut ici choisir : si je proposais le désordre, (selon ce que vous soupçonnez), il serait tout à fait cohérent de ne rien ajouter d’autre (“l’insuffisance”), non ?
Sans justifier une autre cohérence, on ne peut pas fonder une autre importance. 1) “On ne peut pas” ? Au nom de quoi ? De la cohérence … Selon vous, si je vous comprends bien, le manque de cohérence de mon propos contestataire (s’il est différent de “l’insuffisance” prononcée) se reflète dans le fait que je n’aie pas “justifié (d’)une autre … cohérence”. Hum …! 2) Mais outre que j’accorde, moi, que l’on puisse nier une hiérarchie sans devoir en proposer une autre : était-ce bien l’endroit (ce blog) et le moment ?
Contester la hiérarchie implique de proposer un autre ordre, une autre solution sociale de l’ordre, tel me semble être le problème. Or, je crois aussi que les problèmes sont socialement posés lorsque nous en possédons déjà une solution…
Vous voulez dire “implique” en aval, sous forme de devoir de proposer quelque chose, ou bien en amont, comme une injonction de se taire quand on n’a rien (à l’avance) à proposer de rechange ? Dans ce 2ème cas, l’injonction s’appliquerait alors également à tous les hommes sur terre qui ont quelque raison de se plaindre du monde dans lequel ils vivent, sans avoir eu ni le temps ni le loisir d’en proposer un autre … M’est avis qu’ils sont quand même en mesure de “poser socialement les problèmes” …. de l’autre façon de faire savoir qu’ils connaissent … et donc de l’autre importance … sans posséder pour autant une solution qui vous agrée, vous. Loin d’être insuffisance, incohérence ou désordre, leur contestation, comme le silence qui suivit ici la mienne, est au contraire une ouverture à toute autre proposition …
C’est ainsi que je m’enquis de lire la vôtre, puisque au fond ce qui précède l’annonçait tellement. ;-)
Merci à vous.
Vous écrivez :
« MA liste ? Je répondais à celle proposée » : je présente toutes mes excuses, je suis très inattentif. J’ai visiblement confondu qui est qui. Ah, je ne réclame pas d’indulgence, mais vous auriez dû rectifier que je critiquais la liste Varia zulio.org (et non Varna), et que j’étais d’accord avec les posts qui la critiquaient !! J’ai tout faux, j’ai cliqué peut-être sur le mauvais lien. Vous savez que j’aime critiquer, mais là, je dis sincèrement vous n’étiez pas en cause ! J’insiste, vous auriez dû voir que je me trompais d’interlocuteur : je suis sincèrement désolé.
« la contester est lui accorder qu’elle existe » : c’est ce que je voulais dire, mais j’écris mal et vous comprenez très bien.
« Mais peut-être vouliez-vous dire : “sans nier la nécessité qu’il y en ait une” » : non, précisément.
Bon, le reste peu importe, il faudrait repartir sur des bases apaisées et confiantes.
Très, très amicalement.
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J’aurais par réflexe contestataire (systématique) voulu trouver quelque chose à dire à la suite de vos remarques, mais je peux admettre seulement que vous avez tout à fait raison sur tout ce que vous dites. En particulier, je trouve expressément exact qu’il peut suffire de contester sans proposer : mais je crois alors, à condition de violence. Car j’adore la critique (je la recherche, je le dis expressément sur mon blog). Je proposais dans mon post de peut-être contourner la hiérarchie… Et pour essayer de lever une ambigüité, je nie la nécessité qu’il y ait aujourd’hui de la hiérarchie exclusivement : on peut vivre horizontalement, même je crois qu’il le faut. Mais il est vrai que je considère la philo affaire d’argumentation et non d’agacement… Et le mot « courtoisie » que vous employez m’intrigue. Je vous encourage avec beaucoup de force à m’écrire par mail ou critiquer mon blog.