L'écologie a-t-elle besoin d'une morale ?
13 août 2010
À propos de La communauté des êtres de nature par Hicham-Stéphane Afeissa :
« Il est vraiment dommage que les conséquences de ce positionnement ne soient pas explorées plus avant ; s’en remettre in fine à l’intuition morale et abandonner tout espoir de construire une éthique objective nous place devant l’alternative suivante : ou faire de l’éthique environnementale une sagesse privée, une sorte d’exercice spirituel visant à développer notre sensibilité à la valeur de la nature et notre sens du respect de celle-ci, ou renoncer au principe même de l’État de droit, qui veut que la norme, traduite dans la loi, soit explicite, et le moins possible soumise à interprétation subjective.
On retrouve dans cette difficulté le malentendu analysé au début de l’ouvrage : ce n’est pas le principe d’une éthique environnementale (le fait qu’il y ait un enjeu moral dans nos rapports avec notre environnement) qui fait problème, mais sa place et son rôle en tant qu’instrument ou référence politique. Si l’éthique environnementale en reste à l’intuition, quelle revendication politique peut-on espérer fonder sur elle ? »

Commentaires
L’écologie, non pas dans son aspect logos, mais dans sa praxis (je fais gaffe à la façon dont je produis et dont je consomme) n’est-elle pas une morale? C’est à dire un réinvestissement de cette capacité proprement humaine à pondérer son désir. L’affirmation écologie n’est-il pas : on ne consomme pas et on ne produit pas n’importe quoi et à à n’importe quel prix ?
La question est justement de savoir si les injonctions écologiques dont nous sommes inondés aujourd’hui se réduisent simplement à une éthique appliquée (praxis) ou si au contraire, il est possible de fonder une éthique environnementale (qui ne soit ni une éthique des vertus, ni un déontologisme, ni un conséquentialisme) ayant comme objet moral le monde naturel non-humain.