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9 mai 2008

Une année avec Hannah Arendt

Cela fera bientôt un an que j’ai créé ces deux blogues, conçus comme des ateliers de travail de (et autour de) la pensée d’Hannah Arendt.

Comprendre, agir et penser avec Hannah Arendt

3 décembre 2007

Dix livres de philosophie qui m'ont marqué

Une réponse au sondage de Florian.

L'auteur qui m'a le plus marqué est Husserl (eh oui ! Quelle surprise ! Vous êtes tombés sur le carnet Web d'un phénoménologue tendance canal historique).

Voici les dix livres de philosophie qui m'ont le plus marqué et qui possèdent encore aujourd'hui, pour moi, une grande importance :

  1. Arendt, Conditions de l'homme moderne
  2. Aristote, L'éthique à Nicomaque
  3. Debord, La société du spectacle
  4. Descartes, Méditations métaphysiques
  5. Frege, Recherches Logiques
  6. Husserl, La philosophie comme science rigoureuse
  7. La Boétie, Discours de la servitude volontaire
  8. Marx, Le capital (livre 1)
  9. Musil, L'homme sans qualités
  10. Russell, Problèmes de philosophie

Parmi les livres de philosophie qui m'ont laissé une très mauvaise impression, il y en a tellement qu'en faire une liste serait rapidement fastidieux. Un seul me vient en tête ce soir : il s'agit de Acheminement vers la parole de Heidegger.

5 décembre 2004

Trois mots sur Hannah Arendt

Brève réponse à une question portant sur la tripartition et l'opposition des activités humaines chez Arendt publiée sur le forum fr.sci.philo.

Bon, sans mon exemplaire et d'après mes notes et mes souvenirs, il me semble que ce qui rend possible cette catégorisation des métiers, ce n'est pas l'opposition privé-public, mais la vita activa. Ce terme désigne — et ici Arendt reprend une distinction aristotélicienne en la remaniant — les trois activités humaines fondamentales : le travail, l'œuvre et l'action (notez que cette distinction n'empêche pas que ces activités soient intimement liées).

Elle prend ensuite appui sur cette tripartition en montrant que le travail et l'œuvre font partie de la sphère privée dans le monde antique grec et qu'il est impensable qu'il puisse faire partie de la sphère publique :

À la base de la conscience politique grecque, on trouve cette distinction exprimée avec une clarté, une précision sans égales. Aucune activité n'ayant d'autre but que le gain ou le simple entretien de la vie n'était admise dans le domaine politique.

Arendt, Condition de l'homme moderne, 75.

S'il y a bien une opposition entre travail et œuvre, elle n'est pas seulement contemporaine mais également antique. Travail et œuvre correspondent à ce qu'Aristote appelle poiésis et celle-ci relève du domaine privé tandis que la praxis relève, elle, du domaine public.

Il vaudrait d'ailleurs mieux parler d'activité plutôt que de métier.

En examinant l'opposition travail-œuvre (poiésis) déjà à l'œuvre dans l'antiquité, elle veut montrer qu'une telle opposition, toujours en cours dans le monde moderne, redéfinit l'idée même de vie privée en l'enrichissant (privée au sens de privation chez les grecs mais au sens d'intimité chez les modernes).

Ce lien c'est l'émergence du social :

L'apparition de la société — l'avènement du ménage, de ses activités, de ses problèmes, de ses procédés d'organisation — sortant de la pénombre du foyer pour s'installer au grand jour du domaine public, n'a pas seulement effacé l'antique frontière entre le politique et le privé ; elle a si bien changé les termes, leur signification pour la vie de l'individu et du citoyen, qu'on ne les reconnait presque plus.

Arendt, Condition de l'homme moderne, 76.