Depuis le tournant des années 90, un nouveau concept, utilisé pour analyser et interpréter l'histoire des femmes et l'histoire du féminisme, connaît une grande popularité: il s'agit du « maternalisme », cette pierre angulaire de la philosophie qui sous-tendrait l'action du féminisme dit maternel (appelé aussi féminisme domestique, social, relationnel, de la différence, etc.). C'est un article paru dans l'American Historical Review en 1990, sous la signature de Seth Koven et de Sonya Michel, un historien et une historienne des États-Unis, qui semble avoir déclenché cette popularité. Qu'est-ce que le maternalisme ?Louise Toupin, Des « usages » de la maternité en histoire du féminisme (fichier PDF), Recherches féministes, Volume 9, numéro 2, 1996. « Les âges de la vie ».
La dernière étape, 1976 / 1980, est celle de la maternitude. À partir de 1976, c'est un tout autre discours qui émerge et prend résolument à contre-pied le précédent. Finies les descriptions pesantes des dommages corporels causés par la grossesse. Finies les analyses qui ne voient dans l'enfant que la disponibilité qu'il exige de sa mère. Finies aussi celles qui ne parlent de la maternité que sous le registre du travail domestique non rémunéré. Voici venu le temps de l'éloge et du changement d'approche : désormais les textes évoquent centralement tout ce qui touche au sensible, au corporel / charnel, au relationnel et... au plaisir. Sans compter que la place accordée à ce thème dans les publications du mouvement devient tout à fait considérable.Sabine Fortino, De filles en mères. La seconde vague du féminisme et la maternité, Clio, 5/1997.
