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10 juillet 2009

Agrégation de philosophie 2010 (programme)

Agrégation externe

Écrit

2e épreuve. Composition de philosophie se rapportant à une notion ou à un couple ou groupe de notions.

L’expérience.

3e épreuve. Épreuve d’histoire de la philosophie.
  • Aristote :
    • Physique ;
    • De la Génération et de la corruption ;
    • De l’Âme ;
    • Des Parties des animaux, livre I ;
    • Métaphysique ;
  • Wittgenstein.

Oral

1ère leçon.

Domaine : La morale.

  • Textes français ou traduits en français
    • Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils, livre II : La Création. Traduction de Cyrille Michon, Paris, GF Flammarion, 1999
    • Descartes, Les Principes de la philosophie : Lettre-Préface. Dédicace à Élisabeth. Parties I ; II ; III, articles 1 à 68 ; IV, articles 188 à 207. Édition Adam-Tannery (Œuvres de Descartes, tome IX-2), mise à jour par Bernard Rochot, Paris, Vrin-C.N.R.S., 1971 ; réimpressions 1989, 1996 (format réduit)
  • Texte grec
    • Porphyre, Peri Apochès empsuchôn (De l’Abstinence), livres II et III. Édition de Jean Bouffartigue et Michel Patillon, Paris, Les Belles-Lettres, Collection des Universités de France, tome 2, 1979 ; 2ème tirage, 2003, pp. 72-124 et 152-192
  • Texte latin
    • Cicéron, De Oratore, livre III. Édition de Henri Bornecque, Paris, Les Belles-Lettres, Collection des Universités de France, 1930 ; 5ème tirage, 2002
  • Texte allemand
    • Herder, Auch eine Philosophie der Geschichte zur Bildung der Menschheit, Ditzingen, Reclam, 1990, p. 3-110
  • Texte anglais
    • Hobbes, The Elements of Law Natural and Politic (Human Nature and De Corpore Politico), Oxford World’s Classics, Oxford University Press, 1994, réimpression 2008, p. 19-182
  • Texte arabe
    • Yahya Ibn‘Adi, Réponse à Abu al-Jaysh al-Nahwi sur l’infinité du nombre. Réfutation de la doctrine des actes créés par Dieu et acquis par l’homme. Réponses à Bishr al-Yahudi sur différentes questions philosophiques. Sur la nature du possible. Traité de l’unité divine, in Yahya Ibn ‘Adi, The Philosophical Treatises. A Critical Edition with an Introduction and a Study by Sahban Khalifat, Amman, Presses de l’université de Amman, 1988, p. 299-406
  • Texte italien
    • Machiavel, Discorsi sopra la prima deca di Tito Livio, livre III, in Niccolò Machiavelli, ”Discorsi sopra la prima deca di

Tito Livio, Dell’arte della guerra e altre opere (Opere, volume 1)”, a cura di Rinaldo Rinaldi, Turin, UTET, 2006, tome 2, p. 945-1197

Agrégation interne

1ère épreuve. Composition de philosophie : explication de texte.

La vérité

2ème épreuve. Composition de philosophie : dissertation.

L’art

9 novembre 2003

Multitude

Hobbes in De Cive :

Le nom de multitude étant un terme collectif signifie plusieurs choses ramassées, et ainsi une multitude d'hommes est le même que plusieurs hommes. Ce même mot étant du nombre singulier, signifie une seule chose, à savoir, une seule multitude. Mais ni en l'une ni en l'autre façon on ne peut concevoir que la multitude n'ait de la nature qu'une seule volonté, car chacun de ceux qui la composent a la sienne propre. On ne doit donc pas lui attribuer aucune action quelle qu'elle soit ; par conséquent, la multitude ne peut pas promettre, traiter, acquérir, transiger, faire, avoir, posséder, etc. s'il n'y a en détail autant de promesses, de traités, de transactions, et s'il ne se fait autant d'actes qu'il y a de personnes. De sorte que la multitude n'est pas une personne naturelle. Mais si les membres de cette multitude s'accordent et prêtent l'un après l'autre leur consentement, à ce que de là en avant la volonté d'un certain homme particulier, ou celle du plus grand nombre, soit tenue pour la volonté de tous en général ; alors, la multitude devient une seule personne qui a sa volonté propre, qui peut disposer de ses actions, telles que sont, commander, faire des lois, acquérir, transiger, etc. Il est vrai, qu'on donne à cette personne publique le nom de peuple, plutôt que celui de multitude. Nous devons donc distinguer en cette manière ; quand nous disons que le peuple veut, commande, ou fait quelque chose, il faut entendre que c'est la ville qui agit par la volonté d'un seul homme, ou par les volontés unies de plusieurs personnes qui ne peuvent pas être recueillies que dans une assemblée légitime. Mais quand nous disons qu'une multitude, grande ou petite, a fait quelque chose sans la volonté de cet homme, ou de cette assemblée qui a le commandement, le peuple qui a pris cette licence n'est pas cette personne publique qui peut tout d'une autorité souveraine ; ce n'est pas au corps de la ville que cette action doit être attribuée, ce n'est pas d'une seule volonté qu'elle procède, mais de la conspiration et du dérèglement de quelques personnes séditieuses. D'où l'on peut voir la différence que je mets entre cette multitude que je nomme le peuple, qui se gouverne régulièrement par l'autorité du magistrat, qui compose une personne civile, qui nous représente tout le corps du public, la ville, ou l'État, et à qui je ne donne qu'une volonté ; et cette autre multitude qui ne garde point d'ordre, qui est comme une hydre à cent têtes, et qui doit ne prétendre dans la république qu'à la gloire de l'obéissance.

22 avril 2003

Nouvelles d'un jour normal

En février, j'ai participé au sixième séminaire interacadémique de Paimpont. C'est la première fois où l'on nous considérait comme des producteurs de philosophie et non comme des consommateurs. Trois jours d'exposés (on dormait sur place) autour du thème Normes et expérience.

Bruno Gnassounou a fait un exposé sur La règle et la coutume dans le débat Hart-Dworkin très intéressant. Un autre exposé que j'ai trouvé lumineux est celui d'Aurélien Berlan intitulé Critique sociale et critique culturelle, dans lequel il distingue deux choses :

  1. la critique sociale : elle concerne la justice et entend dénoncer les injustices (gagnant-perdant). Elle traite de mes rapports à l'autre et des restrictions que sa présence implique pour mes actions (point de vue moral).
  2. la critique culturelle : elle concerne le bien et entend dénoncer les pathologies, c'est-à-dire que c'est une dénonciation de maux comme déviance par rapport à une vie normale. Elle porte un diagnostic sur le monde vécu et traite de mes rapports à moi-même et à ma réalisation (point de vue éthique).

Bon, je schématise (il y a 11 pages, j'ai récupéré l'article), on pourrait dire que la distinction éthique - morale est artificielle (mais on a le même problème avec métaphysique et ontologie), ou si cette séparation est indispensable (comment concilier les deux ensuite ?), comment penser le rapport à la politique (entendue au sens large : « comment vivre ensemble ? »), etc.

Mais il me semble que le point le plus important est que les formes de pouvoir jouent sur la confusion de ces deux niveaux pour maintenir la peur, la honte et la culpabilité : je n'ai pas le droit d'être malheureux parce qu'il y a des gens, dans le monde, qui sont plus malheureux que moi, ou, si vous n'êtes pas content, il y a trente personnes qui sont prêtes à prendre votre place, etc. Je suis en train de creuser cela.

J'ai également eu cette année des conférences sur les sentiments et les émotions, et notamment un exposé de Pouivet Pourquoi pleure-t-on au cinéma ? qui m'a soufflé lorsqu'il a posé le problème philosophique : comment peut-on être ému en face de quelque chose qui n'existe pas ? Comment peut-on éprouver un sentiment pour une fiction, alors que nous savons très bien que c'est une fiction ? Je suis en train de creuser cela.

C'est en revenant de Rennes que j'ai pété ma boite de vitesse et perdu l'huile de la boîte sur la route. Le gros panache de fumée blanche, consécutif au suintement de l'huile sur le pot d'échappement, m'a permi d'avoir de nombreuses relations sociales avec mes congénères automobilistes (aux nombreux gestes simulants une cigarette fumée, je répondais par un petit geste amical).

Mon disque dur m'a laché il y a deux semaines : j'ai réussi à récupérer une partie de ce que j'avais écris, mais pas tout. Le mémoire est plutôt mal parti. Je travaille sur la théorie des touts et des parties, c'est-à-dire la méréologie (du grec méros, partie). C'est un truc de Husserl qui a été abandonné par tous les phénoménologues (sauf English), mais qui a été repris par la philosophie analytique.

La méréologie entend répondre à des questions ontologiques essentielles comme : ma jambe droite fait-elle partie de la Phrance ? Suis-je identique à mon histoire ? Du point de vue politique, ce n'est que très récemment que j'ai fait le lien avec la revue Multitudes, qui entend substituer au concept de peuple (Hobbes) celui de multitude (Spinoza) : elle correspond, en fait, à la distinction logique entre classe collective et classe distributive. C'est une revue influencée par la théorie de l'Empire développée par Hart et Négri (encore un vieux situationniste).

Depuis que je lis l'Éthique à Nicomaque, je vais beaucoup mieux.