2.3 Critique contre l'unité des vécus

La critique de Natorp contre Brentano soulève le problème de l'unité des vécus intentionnels. Brentano distingue entre l'acte et le contenu : l'audition d'un son renvoie à un son entendu. Natorp ne comprend pas que nous ne puissions considérer l'acte d'entendre en faisant abstraction du son entendu : l'existence du son, c'est la conscience que nous avons de lui. Husserl est d'accord sur ce point avec Natorp car il serait absurde de penser l'acte d'entendre sans un son entendu, mais c'est justement cette indissociabilité qu'il s'agit de décrire : il me semble bien que l'« existence d'un contenu pour moi » est une chose qui autorise et exige une analyse phénoménologique plus poussée.