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2 avril 2011

Les Éditions de Minuit n'ont pas d'humour

L’adaptation en jeu vidéo d‘En attendant Godot n’a pas fait rire les avocats des Éditions de Minuit.

« Ultimately, I wanted to make something selfish, something I thought would be funny without ever considering the audience’s opinion. Taking all the fun out of a game is funny. Basing a game on a play where nothing happens is funny. And people played it! One guy told me he made it to the surprise at level 99. That still amazes me. What a great guy. I mean, I can barely make it to level 99. The game is pretty difficult in a way, but rather than testing your reflexes, it tests your patience.

[…]

To quote one of the several cease and desist letters I received from the French lawyers representing the Beckett estate, “Unfortunately we do not share your sense of humor.” They asked me to change the name “Waiting for Godot,” because they held the rights to it. Under American law, my game is considered parody and is protected under fair use, but I complied since I’m just a college kid who can’t really afford a lawyer. So I changed the name to “Samuel Becketttt’s Lawyers Present: Waiting for Grodoudou.” I even explicitly stated on my website that my game is now referring to the Australian Samuel Becketttt, not to be confused with the Irish Samuel Beckett. They didn’t appreciate that. So now it’s just called “Game.” Personally, I find it ironic that a publishing house established to surreptitiously print works censored by occupying Germans wants so strongly to censor my game. »

The Rumpus Interview with Mike Rosenthal

10 mars 2011

Le mythe de l'obsolescence programmée

« La première, c’est que l’idée du "c’était mieux avant, tout était solide, maintenant on ne fait plus que des produits de mauvaise qualité qui s’usent vite" est tellement intemporelle qu’on se demande bien quel a été cet âge d’or durant lequel on faisait des produits durables. (à l’époque de ma grand-mère bien entendu : sauf qu’à son époque, elle disait aussi que les produits de sa grand-mère étaient plus solides). Il y a là un biais de perception, le "biais de survie" : vous avez peut-être déjà vu un frigo des années 50 en état de fonctionnement (j’en connais un, pour ma part) ; vous n’avez certainement jamais vu les dizaines de milliers de frigos des années 50 qui sont tombés en panne et ont terminé à la décharge. Nous avons par ailleurs tendance à idéaliser le passé : je suis par exemple toujours très étonné par les fanatiques qui me racontent, des trémolos dans la voix, à quel point la 2CV Citroen était une voiture "increvable". Dans celle de mes parents, il fallait changer les plaquettes de frein tous les 10 000 km, le pot d’échappement tous les 20 000, et elle était tellement attaquée par la corrosion (au bout de deux ans) que dès qu’il pleuvait, on avait le pantalon inondé par une eau noirâtre et gluante. Je préfère de très loin les voitures actuelles et leurs pannes d’électronique récurrentes.

Mais il n’y a pas que ces biais de survie et d’idéalisation du passé. Si les économistes sont sceptiques vis à vis de l’obsolescence programmée, c’est que cette stratégie apparemment subtile n’a en réalité aucun sens. Prenons un exemple utilisé dans le documentaire, celui des collants féminins qui filent très vite, au point qu’il faut les changer toutes les deux semaines. Si un collant coûte 4€ et dure deux semaines, à l’issue desquelles les clientes en rachètent un, elles montrent à l’entreprise qu’elles sont disposées à dépenser 104€ par an en collants. Or, fabriquer un collant très solide coûte peut-être un peu plus cher à l’entreprise, mais certainement pas autant que de fabriquer 26 collants vendus 104 euros. Elle pourrait donc réaliser un profit largement supérieur, en vendant par exemple un collant garanti un an (avec remplacement gratuit s’il se file entretemps, pour rassurer les clientes) pour une centaine d’euros. »

Le mythe de l’obsolescence programmée

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