« À écouter Ruwen Ogien, on est pris par un grand vent salubre et provocant. Il y a quelque chose de revigorant dans ces pensées sociales radicales qui n’hésitent pas, pour nous désengluer de la gangue d’une morale publique devenue ingérable à force de complexité, à trancher dans le vif et à battre en brèche ce qui n’avait jamais vraiment été discuté jusqu’à maintenant : l’assimilation entre soi-même et autrui, la nécessité de ne pas se permettre ce qu’on interdit aux autres, l’obligation de sauvegarder son être, son corps, sa santé et de respecter des valeurs générales ayant une incidence sur ses choix de vie de la même manière qu’on impose des prescriptions à autrui. C’est ce télescopage entre les droits et les devoirs pour soi et ceux à appliquer aux autres que Ruwen Ogien cherche à réduire à néant en mettant en évidence le seul impératif qui lui semble adapté à notre existence collective d’aujourd’hui : ne pas porter atteinte à d’autres que soi en se laissant la plus grande autonomie et liberté possible. Tout ce qui ne relève que de soi est permis. C’est bien d’un grand « décapage » qu’il s’agit et qui incite ce philosophe à dénier l’identité « du suicide et du meurtre, de l’automutilation et de la torture, de l’absence de souci de sa propre perfection et de l’abaissement délibéré d’autrui ».»
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28 juillet 2009
Ne pas nuire aux autres, rien de plus
8 décembre 2007
Ruwen Ogien, La liberté d'offenser
Contrôle plus strict des images ou des écrits à caractère « pornographique », censure à tout va sous prétexte de protéger « la jeunesse », les « sentiments des croyants » ou la « dignité humaine »... Désormais, faute de pouvoir s'attaquer directement aux pratiques sexuelles des individus, les nouveaux croisés de l'ordre sexuel s'en prennent à leurs représentations littéraires et artistiques. En partant de questions simples, Ruwen Ogien propose un ensemble d’arguments en faveur de La Liberté d’offenser : pourquoi n’est-on pas libre de voir ce qu’on est libre de faire ? Et pourquoi donc exiger des œuvres sexuellement explicites des qualités artistiques qu’on ne demande pas aux œuvres d’autres genres ? Le mauvais goût est-il un crime ? À qui profite vraiment la critique des morales du consentement ? Un manifeste brillant et subversif, pour la liberté d’expression et de création, et contre la panique morale.

