Varia

Mot-clé -

Fil des billets

13 avril 2008

L'art de faire rêver les pauvres

Ce qu’il est impossible d’éluder cependant, c’est que le sarkozysme implique forcément un bras d’honneur adressé au plus grand nombre. Le bras d’honneur est inscrit dans le principe même de la « consommation ostentatoire », nom savant de ce « bling-bling » devenu son emblème. Ce modèle de réussite n’est pas fait pour être extensible ; il n’est pas un modèle. Sa réalisation exige qu’il reste assez de gens, d’une part pour vous jalouser, d’autre part pour vous servir. Il suppose un public à épater, pour ne pas dire à humilier ; et, pour qu’il soit épaté, il faut qu’il soit moins riche. Tout le style de cette présidence, d’ailleurs, est empreint d’un rapport de défi et de défiance à l’égard de la populace, comme en témoigne la fâcheuse propension du chef de l’État à adopter à la première occasion, lors de ses déplacements, l’attitude d’un caïd de sous-préfecture (« Descends si t’es un homme », « Casse-toi »'', etc.).

Mona Chollet, L’art de faire rêver les pauvres.

Conformément au manifeste du Lyber, le dernier ouvrage de Mona Chollet, Rêves de droite. Défaire l'imaginaire sarkoziste est disponible en ligne.

7 janvier 2008

Aux origines intellectuelles du sarkozisme

Ce qui distingue la gauche et la droite aujourd'hui en France, c'est l'absence totale d'idées de la première. Qui se souvient seulement d'un slogan de la dernière campagne présidentielle du Parti Socialiste ? Retour sur une victoire avec un entretien d'Emmanuelle Mignon :

Cet entretien apporte une vision nouvelle du sarkozysme dont la dimension intellectuelle, le travail méthodique sur les idées et la construction d’un projet, ont été jusqu’à présent largement sous-estimés. En creux, cette description est aussi une critique sévère du travail que la gauche n’a pas su faire sur les idées depuis 2002.

Nonfiction.fr, La machine à idées de Sarkozy

5 novembre 2007

La citation du jour

Je suis venu parler ici du civisme parce qu'ici on ne demande rien d'autre que de pouvoir vivre du fruit de son travail, ici on ne brûle pas la voiture de son voisin, ici on ne se laisse jamais aller à la violence gratuite. Chez les marins, on ne fraude pas, on ne triche pas. Ici quand on manifeste, quand on recours à la violence, ce n'est jamais pour se distraire, ce n'est jamais pour nuire à autrui, c'est parce qu'on est désespéré, c'est parce qu'on n'a plus de recours et qu'on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale.

Je veux le dire ici, aucune violence n'est acceptable dans la république, mais je ne mets pas, je ne mettrai jamais sur le même plan la colère des pêcheurs qui ne veulent pas mourir et la violence gratuite des fraudeurs et des voyous.


Je veux le dire ici : je veux que la pêche française vive, je veux que plus jamais les pêcheurs ne soient obligés de descendre dans la rue pour faire entendre leur désespoir.


Je veux en finir avec cette politique absurde qui oblige ceux qui ne demandent qu'à travailler, qu'à pouvoir faire vivre leur famille en travaillant, à manifester violemment pour qu'on accepte de les entendre
.

Nicolas Sarkozy, Discours du 3 avril 2007 à Lanester.

Les marins-pêcheurs l'ont parfaitement compris.