Comment est-il possible que l'enchaînement de mes actions volontaires (succession qui constitue mon existence d'être libre) puisse aboutir à un état des choses si peu conforme à ma volonté ?
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14 octobre 2007
De la volonté
3 septembre 2007
Lumière
Tout, ici, aujourd'hui comme il y a bien des siècles, chante l'illumination, la joyeuse, l'aveuglante illumination. La lumière y acquiert une qualité de transcendance : ce n'est pas seulement la lumière méditerranéenne ; c'est quelque chose de plus, d'insondable de sacré. Ici, la lumière pénètre droit jusqu'à l'âme, ouvre portes et fenêtres du coeur, dénude l'homme, l'expose, l'isole dans une félicité métaphysique où tout s'éclaire sans qu'il soit besoin de la connaissance.
25 juillet 2007
Le dilemme d'Euthyphron
- Socrate
- [10a] C’est ce que nous allons voir tout à l’heure ; essayons. Le saint est-il aimé des dieux parce qu’il est saint, ou est-il saint parce qu’il est aimé des dieux ?
- Euthyphron
- Je n'entends pas bien ce que tu dis là, Socrate.
- Socrate
- Je vais tâcher de m'expliquer. Ne disons-nous pas qu'une chose est portée, et qu'une chose porte ? Qu'une chose est vue, et qu'une chose voit ? Qu'une chose est poussée, et qu'une chose pousse ? Comprends-tu que toutes ces choses diffèrent, et en quoi elles diffèrent ?
- Euthyphron
- Il me semble que je le comprends.
- Socrate
- Ainsi la chose aimée est différente de celle qui aime ?
- Euthyphron
- Belle demande !
- Socrate
- [10b] Et, dis-moi, la chose portée est-elle portée, parce qu'on la porte, ou par quelque autre raison ?
- Euthyphron
- Par aucune autre raison, sinon qu'on la porte.
- Socrate
- Et la chose poussée est poussée parce qu'on la pousse, et la chose vue est vue parce qu'on la voit ?
- Euthyphron
- Assurément.
- Socrate
- Il n'est donc pas vrai qu'on voit une chose parce qu'elle est vue ; mais, au contraire, elle est vue parce qu'on la voit. Il n'est pas vrai qu'on pousse une chose parce qu'elle est poussée ; mais elle est poussée parce qu'on la pousse. Il n'est pas vrai qu'on porte une chose parce qu'elle est portée ; mais elle est portée parce qu'on la porte : cela est-il assez clair ? [10c] Entends-tu bien ce que je veux dire ? Je veux dire qu'on ne fait pas une chose parce qu'elle est faite, mais qu'elle est faite parce qu'on la fait ; que ce qui pâtit ne pâtit pas parce qu'il est pâtissant, mais qu'il est pâtissant parce qu'il pâtit. N'est-ce pas ?
- Euthyphron
- Qui en doute ?
- Socrate
- Être aimé n'est-ce pas aussi un fait, ou une manière de pâtir ?
- Euthyphron
- Oui.
- Socrate
- Et n'en est-il pas de ce qui est aimé comme de tout le reste ? Ce n'est pas parce qu'il est aimé qu'on l'aime ; mais c'est parce qu'on l'aime qu'il est aimé.
- Euthyphron
- Cela est plus clair que le jour.
22 juillet 2007
Citation
Il est donc établie par tout cela que nous ne nous efforçons à rien, ne voulons, n'appétons ni ne désirons aucune chose, parce que nous la jugeons bonne ; mais au contraire, nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons.Spinoza, Éthique, Troisième partie, Proposition IX, Scolie.
20 juillet 2007
L'esprit de commerce
L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.
Mais, si l’esprit de commerce unit les nations, il n’unit pas de même les particuliers. Nous voyons que dans les pays où l’on n’est affecté que de l’esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines, et de toutes les vertus morales : les plus petites choses, celles que l’humanité demande, s’y font ou s’y donnent pour de l’argent.
L’esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte, opposé d’un côté au brigandage, et de l’autre à ces vertus morales qui font qu’on ne discute pas toujours ses intérêts avec rigidité, et qu’on peut les négliger pour ceux des autres.Montesquieu, De l'esprit des lois, livre XX, chapitre II, De l'esprit du commerce.
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