C’est une opinion commune qui était présente dans tous les manuels d’anthropologie à propos des sociétés sans classe ni caste. Dans ces sociétés sans État, autrefois dites « primitives », les rapports de parenté semblaient avoir le rôle fondateur en créant les liens qui unissaient les différents groupes humains entre eux. Mais ce n’était pas seulement une opinion d’anthropologues. C’était une opinion partagée par des hommes religieux, des politiques et l’opinion publique. Dans ma jeunesse, j’ai eu la chance de pouvoir étudier une population de Nouvelle-Guinée, les Baruya. Ceux-ci m’ont déclaré alors qu’ils étaient devenus une « société » plusieurs siècles auparavant seulement. Ce fait m’a posé la question : comment naissent des sociétés ? Au cours d’une vingtaine d’années, j’ai passé sept ans parmi les Baruya. Et j’ai dû constater que ce n’étaient ni les rapports de parenté, ni les rapports économiques entre les individus et entre les clans qui constituaient la base qui avait servi à faire des Baruya une société.
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7 février 2008
La famille est au fondement des individus, pas des sociétés
17 janvier 2008
Sur l'histoire de la structure familiale
Madame Le Figaro n'est plus ce journal de référence que l'on appréciait et je le déplore :
Historiquement, il y a eu trois âges de la famille. D’abord, la famille de l’Ancien Régime, dont le principe n’a jamais été l’amour mais le lignage, la transmission du patrimoine. Entre 1850 et 1950 est venue la famille bourgeoise : on se mariait par affinités, mais on ne divorçait pas. Ce modèle, idéalisé souvent, est inséparable de la figure du bordel et du drame bourgeois, dans laquelle des femmes sacrifiaient leur vie, notamment professionnelle, à des maris qui les trompaient à tout-va. Enfin est venu le mariage d’amour, régi non plus par un principe d’économie mais par celui d’autonomie. C’est une pure invention du capitalisme : la création du salariat a poussé les individus à monter à la ville chercher du travail, les a amenés à se marier hors de leur structure sociale, à n’obéir qu’à leur choix. Ce mariage a développé ses corollaires : le divorce (quand on ne s’aime plus, on se sépare), l’amour immodéré pour les enfants, la demande forte d’épanouissement personnel et d’authenticité des sentiments.
J'étais presque prêt à faire l'effort de lire le nouvel ouvrage de Ferry, mais devant tant d'assurances approximatives, j'y renonce.
