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10 octobre 2009

La citoyenneté européenne une ontologie juridique

« La place de la personne dans le droit européen n’est pas évidente à cerner. À l’origine, le droit communautaire était tout entier tendu vers la réalisation d’un marché commun. Comme le démontre Anastatia Illiopoulou, la qualité de citoyen européen a permis de franchir une étape puisque, désormais, le bénéfice de droits ne dépend plus de l’exercice d’une liberté économique.

Est abordé, en premier lieu, la notion même de personne au sens des droits européens.

Éric Carpano souligne, dans une analyse comparée du droit européen des droits de l’Homme et du droit communautaire, que les deux ordres juridiques donnent aux personnes physiques une double personnalité juridique : interne et européenne. Peter Oliver met en exergue quatre catégories de particuliers bénéficiant des droits découlant du traité établissant la Communauté européenne : les personnes physiques, les sociétés commerciales ou entités assimilées, les associations ou organisations poursuivant un objectif non lucratif et les syndicats. Jean-Yves Carlier étudie le passage de la circulation des travailleurs comme liberté fondamentale à la citoyenneté européenne comme statut fondamental. Il considère que le statut de citoyen de l’Union est une forme d’aboutissement du statut du ressortissant économique. Marina Eudes s’interroge sur la notion de personnes privées au regard de la CEDH, notamment de l’article 34. Elle en déduit que la notion de groupe de particuliers renvoie à la question de la reconnaissance de droits collectifs aux membres de celui-ci, comme les minorités. »

La citoyenneté européenne, une ontologie juridique

6 août 2009

Ontologie de la Révolution Française

« Combining the results of a similar survey of a number of historians - de Tocqueville, Soboul, Schama, Darnton, Cobb, Sewell, Tilly, and others - we can arrive at something like an inventory of ontological concepts of the French Revolution – events, individuals, structures, mentalities, processes, conditions, patterns, and technologies. These categories of historical ‘“things”’ encompass what begins to look like a comprehensive list of the types of entities to which historians refer when conceptualizing France’s revolution. Or in other words: it is possible for us as readers of these historians to sketch out a large historical ontology, from which different historians borrow in varying proportions in their analysis of the events of the late eighteenth century in France. »

Daniel Little, Ontology of the French Revolution

4 août 2007

La construction de la réalité sociale (2)

Le fardeau métaphysique de la réalité sociale

Searle part d'un constat (je graisse) :

il y des portions du monde réel, des faits objectifs dans le monde, qui ne sont des faits que par l'accord des hommes. En un sens, il y a des choses qui n'existent que parce que nous le croyons.

Quelques exemples de ce type de faits : l'argent, les propriétés foncières, les gouvernements, les mariages, les matchs de football, les contrats de travail, etc.

D'un autre côté,

bien des faits relatifs à ces choses sont des faits objectifs, au sens où ils n'ont rien à voir avec vos ou mes préférences, évalutations ou attitudes morales

Citons comme exemples, le fait d'être citoyen français, le fait que ce bout de papier coloré dans ma poche est un billet de 5 euros, le fait d'être propriétaire d'une maison, le fait d'être salarié, etc.

Cette première distinction en introduit une autre à l'intérieur des faits dits objectifs, comme le fait que le mont Everest possède de la neige et de la glace près de son sommet, que l'atome d'hydrogène se compose d'un électron et d'un proton, etc. Ce sont des faits qui sont indépendants de toute opinion humaine.

Par la suite, Searle emploiera ces expressions dans le sens suivant :

faits institutionnels =df faits qui dépendent de l'accord des hommes, faits qui ont impérativement besoin d'institutions humaines pour exister

et

faits non institutionnels ou faits bruts =df faits qui n'ont pas besoin d'institution humaine pour exister.

Sa recherche va s'articuler autour de ces 2 questions :

  1. Comment les faits institutionnels sont-ils possibles ?
  2. Quelle est exactement la structure de ce genre de faits ?

Pour pouvoir répondre et développer ainsi une théorie générale de l'ontologie des faits sociaux et des institutions sociales, Searle va suivre la stratégie suivante :

  • il veut montrer
    • comment une réalité sociale construite est possible ;
    • quelle est la structure des faits institutionnels ;
  • il veut défendre
    • l'idée selon laquelle il existe bien une réalité totalement indépendante de nous ;
    • une version de la théorie de la vérité-correspondance.

Searle illustre la complexité de la réalité sociale à partir d'une situation aussi banale que boire une bière à la terrasse d'un café : je m'installe sur cette chaise au soleil, le serveur me demande ce que je veux boire, je lui réponds, il me l'apporte, je bois ma bière en savourant la lumière, laisse l'argent et quitte cette terrasse (ceux qui ne boivent pas de bières aux terrasses ensoleillées de Bretagne peuvent prendre comme exemple le fait de faire ses courses dans un supermarché). Nous ne pouvons pas décrire ces situations dans le langage de la physique et de la chimie, même si ce sont des phénomènes physiques. Il faut s'imaginer ces milliers de règles et de règlements qui structurent notre activité quotidienne :

  • l'autorisation municipale pour utiliser cette place comme terrasse ;
  • l'autorisation municipale pour cet endroit de servir de l'alcool ;
  • la bière n'appartient pas au serveur, qui pourtant me l'apporte ;
  • l'échange de petits cercles métalliques ou de rectangles colorés ;
  • il est là par contrat qui le lie au propriétaire
  • etc.

Ce qui pourrait apparaître comme un véritable fardeau ne l'est pas, ou du moins est supportable, car la plupart du temps, nous n'y pensons même pas : nous sommes pris dans une vaste ontologie invisible.

1 août 2007

Pourquoi les êtres humains font l'amour

The current research had several primary goals: (1) to identify a broader array of potential reasons that motivate people to engage in sexual intercourse using a nomination procedure designed to survey the wider domain of reasons; (2) to develop an organized taxonomy of reasons for sex using a large sample of women and men; (3) to provide a more comprehensive research tool that can be used by sex researchers; (4) to identify whether women and men differ in their expressed reasons for engaging in sexual intercourse; and (5) to examine whether individual differences in sexual strategies, as measured by the Sociosexuality Inventory (Simpson & Gangestad, 1991), are linked to individual differences in reasons for having sex.

Cindy M. Meston & David M. Buss, Why Humans Have Sex, Archives of Sexual Behavior, 36:477–507 (téléchargeable au format PDF ).

À partir des réponses à la question J’ai eu des rapports sexuels dans le passé parce que…, les auteurs isolent 237 raisons qu’ils rangent en 4 catégories et 13 sous-catégories dans la taxinomie suivante :

  1. les raisons physiques comme :
    • la diminution de la tension (exemples de réponse : J’étais frustré et j’avais besoin de me soulager, Je m’ennuyais) ;
    • le plaisir (exemple : Je voulais éprouver du plaisir ) ;
    • l’attrait physique (exemples : la personne avait des yeux magnifiques, J’ai vu la personne nue et je n’ai pas pu résister) ;
    • la recherche d’expériences (exemple : Je voulais savoir ce que la personne valait au lit).
  2. les réalisations d’un but comme :
    • les ressources (exemples : Je voulais me punir, je voulais une promotion, Je voulais me sentir proche de Dieu) ;
    • le statut social (exemple : Je voulais être populaire) ;
    • la revanche (exemple : Je voulais rendre quelqu’un d’autre jaloux) ;
    • le fonctionnel (exemples : Je voulais brûler des calories, Je voulais changer de sujet de conversation, Je voulais désobéir à mes parents).
  3. les raisons émotionnelles comme :
    • l’amour et l’engagement (exemples : il m’a semblé que c’était l’étape suivante dans ma relation, Je me suis rendu compte que j’étais amoureux) ;
    • témoigner son affection (exemples : Je voulais lui souhaiter la bienvenue à la maison, Je voulais lui dire que j’étais désolé).
  4. l’insécurité comme :
    • renforcer son amour-propre (exemples : Je voulais me sentir puissant, Je voulais que mon partenaire me remarque) ;
    • le devoir, la contrainte (exemples : Je ne savais comment lui dire non, Mon partenaire insistait, J’étais forcé de le faire) ;
    • vouloir garder son partenaire (exemple : Je voulais que mon partenaire reste avec moi).

17 mai 2007

Are Persons More than Social Objects?

Une conférence de l'Université San Raffaele les 28 et 29 mai 2007. Au programme :

  • Lynne Baker, Persons, Natural, Yet Ontologically Unique (voir aussi ses travaux;
  • Edmund Runggaldier, Persons as /continuants (endurers)/ and /agents ;
  • Maurizio Ferraris, Some Differences between Persons and Objects ;
  • Roberta De Monticelli, On the very Actuality of Acts ;
  • Jean-Luc Petit, From brain resonance to intersubjectivity: Are we by now bridging the gap? ;
  • Stefano Cappa et Nicola Canessa, Brain and social cognition ;
  • Francesco Benedetti, An updated anatomy of melancholy: Uncertain neural boundaries between thinking and feeling ;
  • Alessandro Bernasconi, Neural correlates of the depressive distortion in moral reasoning.

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