Destins, faites-moi voir une ville allumée,
Toute pleine d'horreur, de carnage et de bruit,
Où l'inhumanité d'une orgueilleuse armée
Triomphe insolemment d'un empire détruit.
Faites-moi voir encore une flotte abîmée
Par le plus fâcheux temps que l'orage ait produit,
Où de cent mille voix, dans la plus noire nuit,
La clémence du Ciel soit en vain réclamée.
Ouvrez-moi les enfers ; montrez-moi tout de rang
Cent ravages de flammes et cent fleuves de sang,
Et pour me contenter lancez partout la foudre.
Faites-moi voir partout l'image du trépas,
Mettez la mer en feu, mettez la terre en poudre,
Et tout cela, Destins, ne me suffira pas.François Tristan L'Hermite, Pour une jalousie enragée dans un roman.
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3 janvier 2008
Pour une jalousie enragée dans un roman
7 avril 2007
Nous avons encore perdu ce crépuscule
Nous avons encore perdu ce crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les coteaux lointainsParfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
18 janvier 2007
Merci infiniment !
12 avril 2000 - 31 décembre 2006, carnet Web Karl
Vous pouvez enlever le feed de vos agrégateur, il ne sera plus mis à jour. Merci de m'avoir lu jusque là. Les archives restent en lignes.
Merci Karl : à bientôt !
31 janvier 2006
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- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !Baudelaire, L'Étranger.
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