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18 octobre 2010

La toxicité du travail en France

« Le fond du problème est donc ailleurs. Il réside dans ce qu’on peut appeler la toxicité du travail en France. On dispose désormais sur le sujet aussi bien de faits divers que d’analyses fouillées. Du côté des économistes, Philippe Askenazy posait dès 2004 le problème. Depuis, Thomas Philippon et Éric Maurin (qu’il est encore bien temps de lire et… de chroniquer !) ont apporté des contributions très éclairantes. On pourrait les résumer en disant que le travail est au centre des préoccupations des français, davantage que de celles des habitants de pays comparables. Nous considérons le travail comme une valeur importante et comme une activité particulièrement épanouissante par nature. Dans le même temps, l’organisation de nos entreprises et les relations sociales qui y prévalent, le fonctionnement du marché du travail et du système éducatif produisent une crainte du déclassement qui conduisent à nous accrocher à un emploi, même lorsque celui-ci est particulièrement insatisfaisant. De ce point de vue, la retraite est la libération ultime. La retarder de deux années est une rude perspective. »

Encore une réforme ratée pour le Président Sarkozy

8 octobre 2006

Carnets d'un Inspecteur du travail

C'est fini : à la demande expresse de sa hiérarchie, l'inspecteur du travail, qui écrivait sous le pseudonyme de Bereno, a dû fermer son carnet Web.

J'étais parti pour suivre la chaîne pornographique, mais Bereno ne souhaite pas cette republication. Afin de respecter sa décision, j'ai modifié entièrement mon billet (de l'avantage de publier avec un décalage) par la citation d'une citation, extrait du billet Mai 1936, publié le 26 mai 2006 :

Voici, décrit par Simone Weil (philosophe) l’état d’esprit des grévistes et l’ambiance particulière qui régnait dans les usines occupées :

On est heureux. On chante, mais pas l’Internationale, pas la Jeune Garde ; on chante des chansons, tout simplement et c’est très bien. Quelques-uns font des plaisanteries, dont on rit pour le plaisir de s’entendre rire. On n’est pas méchant. Bien sûr, on est heureux de faire sentir aux chefs qu’ils ne sont plus les plus forts. C’est bien leur tour. Ça leur fait du bien. Mais on est pas cruel. On est bien trop content. On est sûr que les patrons céderont.(...) On veut avoir ce qu’on demande. On veut l’avoir parce que les choses qu’on demande, on les désire, mais surtout parce qu’après avoir si longtemps plié, pour une fois qu’on relève la tête, on ne veut pas céder. On ne veut pas se laisser rouler, être pris pour des imbéciles. Après avoir passivement exécuté tant et tant d’ordres, c’est trop bon de pouvoir enfin pour une fois en donner à ceux mêmes de qui on les recevait. Mais le meilleur de tout, c’est de se sentir tellement des frères.

Aujourd’hui, nul ne peut ignorer que ceux à qui on a assigné pour seul rôle sur cette terre de plier, de se soumettre et de se taire plient, se soumettent et se taisent seulement dans la mesure précise où ils ne peuvent faire autrement. Y aura-t-il autre chose ? Allons-nous assister à une amélioration effective et durable des conditions du travail industriel ? L’avenir le dira ; mais cet avenir, il ne faut pas l’attendre, il faut le faire.
(Extrait : Simone Weil, Oeuvres, Gallimard Quarto.)

Il faut le faire...

29 novembre 2005

Tout arrive

Encore un lien vers une émission de radio autour du travail de Jacques Rancière avec Bruce Bégout.