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19 mai 2009

Derek Parfit et le paradoxe des générations futures

« Aucun système d’éthique fondé exclusivement sur l’arbitrage d’intérêts d’individus présents et à venir, ne peut influer sur les décisions actuelles, et ne peut donc modifier les effets qu’entraînent ces décisions sur les individus futurs, tout simplement parce que les décisions environnementales actuelles déterminent l’identité des individus qui existeront dans le futur. L’argument de Parfit consiste à souligner que les décisions actuelles concernant la consommation ont pour effet de déterminer combien d’individus naîtront dans le futur, et qui seront ces derniers. Une politique de croissance démographique rapide et de consommation élevée aura pour conséquence de déterminer l’apparition dans un siècle d’individus différents de ceux qui pourraient voir le jour si la génération actuelle adoptait une politique de croissance ralentie et de consommation modérée.

Supposons à présent que l’on admette, suivant en cela l’exemple de nombreux environnementalistes, qu’une politique de croissance rapide et de consommation élevée conduise à doter ceux qui vivront dans le futur de conditions de vie inférieures à celles qui auraient pu être les leurs si une politique de croissance plus modérée avait été adoptée. Les individus dont la naissance résulte, d’une certaine manière, de cette politique de croissance immodérée ne pourront pas se plaindre en disant qu’ils auraient été mieux nantis si la politique de croissance n’avait pas été ce qu’elle a été - car ils n’auraient tout simplement pas vue le jour si une politique de croissance modérée avait été adoptée.

Autrement dit, ce que montre le paradoxe de Parfit, c’est que la politique actuelle ne peut pas être décidée au moyen d’une référence aux dommages que l’on fait subir aux intérêts des individus qui vivront dans le futur, parce que cette politique détermine qui seront ces individus et quels intérêts seront les leurs. Les efforts qui visent à régir les comportements affectant le futur éloigné ne peuvent donc pas se régler sur l’idée des intérêts individuels des personnes qui vivront dans le futur, dans la mesure où l’existence même de ces individus est suspendue aux décisions qui seront prises. »

Bryan G. Norton, L’éthique environnementale et l’anthropocentrisme faible, Environmental Ethics Journal, vol. 6, 1984. Traduction française Hicham-Stéphane Afeissa disponible dans l’anthologie Éthique de l’environnement, Vrin, 2007.

Norton fait référence à l’article Energy policy and the further future: the identity problem, pas disponible en ligne. Je renvoie à la quatrième partie consacrée aux générations futures, de Reasons and Persons. La page française de Wikipédia sur Derek Parfit indique la traduction de cet ouvrage a été stoppée : quelqu’un en connaît-il la raison ?

Derek Parfit fait circuler un manuscrit Climbing the Moutain (fichier PDF), aujourd’hui renommé On What Matters (fichier PDF). Un groupe de lecture s’était constitué autour de ce manuscrit sur le carnet PEA Soup. Voir également une bibliographie de Derek Parfit.

7 avril 2009

La fin de la philosophie

Today, many psychologists, cognitive scientists and even philosophers embrace a different view of morality. In this view, moral thinking is more like aesthetics. As we look around the world, we are constantly evaluating what we see. Seeing and evaluating are not two separate processes. They are linked and basically simultaneous.

David Brooks, The End of Philosophy.

(via Experimental Philosophy)

1 mars 2009

The Artificial Morality of the Robot Warrior

Perhaps robot ethics has not received the attention it needs, at least in the US, given a common misconception that robots will do only what we have programmed them to do. Unfortunately, such a belief is sorely outdated, harking back to a time when computers were simpler and their programs could be written and understood by a single person. Now, programs with millions of lines of code are written by teams of programmers, none of whom knows the entire program; hence, no individual can predict the effect of a given command with absolute certainty, since portions of large programs may interact in unexpected, untested ways … Furthermore, increasing complexity may lead to emergent behaviors, i.e., behaviors not programmed but arising out of sheer complexity.

The Artificial Morality of the Robot Warrior

(via Jose Afonso Furtado)

15 juillet 2008

Une introduction à l'éthique

Normand Baillargeon a entamé une série de billets conçue comme une introduction à l'éthique à destination du grand public.

Les raisons d’étudier l’éthique sont nombreuses. Outre le plaisir de comprendre des questions complexes et de chercher à percer des mystères profonds et intrigants, étudier l’éthique peut nous aider à réfléchir à des questions personnelles, sociales et politiques importantes et en certains cas vitales; peut encore nous aider à mieux comprendre certaines des options qui s’offrent à nous et certains des choix que font nos sociétés et nos institutions; peut finalement nous aider à mieux définir nos propres choix et nos propres options. Au total, étudier l’éthique permet d’avoir une vision plus claire de nombreux enjeux personnels, sociaux et politiques et devrait être un passage obligé pour tout le monde.

Introduction à l'éthique

Les remarques et les commentaires sont les bienvenus.

23 avril 2008

L'éthique des affaires

« Business ethics is the applied ethics discipline that addresses the moral features of commercial activity. In practice, however, a dizzying array of projects is pursued under its rubric. Programs of legal compliance, empirical studies into the moral beliefs and attitudes of business people, a panoply of best-practices claims (in the name of their moral merit or their contribution to business success), arguments for (or against) mandatory worker participation in management, and attempts at applying traditional ethical theories, theories of justice, or theories of the state to firms or to the functional areas of business are all advanced as contributions to business ethics—even and especially in its academic literature. These projects vary considerably and often seem to have little in common other than the conviction, held by those who pursue them, that whatever each is pursuing is business ethics.

This entry focuses generally on academic business ethics, more particularly on the philosophically-informed part of business ethics, and most particularly on the constellation of philosophically-relevant questions that inform the main conversation and ongoing disagreement among academic business ethicists. It covers: (1) the history of business ethics as an academic endeavor; (2) the focus on the corporation in academic business ethics; (3) the treatment of the employment relation in academic business ethics; (4) the treatment of transnational issues in academic business ethics; and (5) criticism of the focus and implicit methodology of academic business ethics. »

Business Ethics

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