« La place de la personne dans le droit européen n’est pas évidente à cerner. À l’origine, le droit communautaire était tout entier tendu vers la réalisation d’un marché commun. Comme le démontre Anastatia Illiopoulou, la qualité de citoyen européen a permis de franchir une étape puisque, désormais, le bénéfice de droits ne dépend plus de l’exercice d’une liberté économique.
Est abordé, en premier lieu, la notion même de personne au sens des droits européens.
Éric Carpano souligne, dans une analyse comparée du droit européen des droits de l’Homme et du droit communautaire, que les deux ordres juridiques donnent aux personnes physiques une double personnalité juridique : interne et européenne. Peter Oliver met en exergue quatre catégories de particuliers bénéficiant des droits découlant du traité établissant la Communauté européenne : les personnes physiques, les sociétés commerciales ou entités assimilées, les associations ou organisations poursuivant un objectif non lucratif et les syndicats. Jean-Yves Carlier étudie le passage de la circulation des travailleurs comme liberté fondamentale à la citoyenneté européenne comme statut fondamental. Il considère que le statut de citoyen de l’Union est une forme d’aboutissement du statut du ressortissant économique. Marina Eudes s’interroge sur la notion de personnes privées au regard de la CEDH, notamment de l’article 34. Elle en déduit que la notion de groupe de particuliers renvoie à la question de la reconnaissance de droits collectifs aux membres de celui-ci, comme les minorités. »
10 octobre 2009
La citoyenneté européenne une ontologie juridique
9 octobre 2009
Métaphysique et ontologie : que lire en ligne ?
« @cedric_eyssette @notae connaissez-vous des sites intéressants en ontologie ? »
nous demande @_IButterlin_ sur Twitter.
Voici une petite liste de nos réponses classées par ordre d’apparition :
- Formalontologie ;
- le site de Barry Smith ;
- le site de Kevin Mulligan ;
- l’article Metaphysics sur l’incontournable SEP ;
- le site d’Achille Varzi ;
- le cours de Philipp Keller ;
- la sélection de liens Delicious de Cédric Eyssette ;
- la sélection dans les blogs de Cédric Eyssette ;
- le site de Baptiste Le Bihan, Philosophie du temps ;
- le site de François Loth, Métaphysique, ontologie, esprit ;
- le site de Frédéric Nef.
En connaissez-vous d’autres ?
5 octobre 2009
Logicomix, Russell en bande dessinée
Logicomix est une bande dessinée qui retrace l’histoire de la crise des fondements des mathématiques, vue à travers les yeux de Russell. On peut lire des extraits sur la plate-forme de LibreDigital. La version française est prévue aux éditions Vuibert (via Normand Baillargeon).
4 octobre 2009
Les amis de l'association Stanford Encyclopedia of Philosophy
On peut aujourd’hui devenir membre de l’association Stanford Encyclopedia of Philosophy (SEP) pour un modeste montant annuel. Vous pourrez alors recevoir une sélection d’articles (ainsi que leurs mises-à-jour) au format PDF de cette admirable encyclopédie en ligne. Les plus snobs d’entre-nous disposeront même de fichiers PDF adaptés à leurs terminaux mobiles ou liseuses préférés.
28 septembre 2009
Postures de l'esprit
« Il y a une forme d’universalité de la raison, et il y a des usages et des modalités d’usage de cette raison qui sont distincts. Je crois qu’il y a bien quelque chose qui peut s’appeler philosophie pratiquement dans toutes les cultures, en tous cas dans les traditions écrites et liées à un usage réglé de l’argument, là où existent des bibliothèques et des classes de lettrés. Simplement, à l’intérieur de ces usages, on rencontre des modalités distinctes. Pour le dire de façon très simple, il n’y a qu’une seule raison humaine ; aucun être parlant ne peut se préoccuper d’un cercle carré, ne peut assumer comme sensé des énoncés contradictoires : partout, la contradiction disqualifie l’énoncé.
Il ne faut donc pas croire qu’il y aurait d’un côté des penseurs de la rationalité, logiques, et qui seraient en gros les Grecs, les Occidentaux et les philosophes, et puis, comme on nous le dit, ailleurs, des gens capables de penser des contradictions et qui engendreraient des mystiques, des poésies, des spiritualités, respectables, mais étranges et irrationnelles.
Ce sont là des fables trop commodes. Prenons un seul exemple, celui de l’œuvre de Nagarjuna – ce philosophe bouddhiste de l’école du Milieu –, traduite en français par Guy Bugault sous le titre de « Stances du Milieu par excellence ». Ce dernier fait remarquer que, dans ce texte d’une cinquantaine de pages, l’on trouve pas moins de 146 interventions du principe de non-contradiction pour disqualifier les arguments adverses. Ce grand logicien et mystique bouddhiste qu’est Nagarjuna, un des grands maîtres de la pensée de la vacuité, se tient tout à fait hors de notre horizon de recherche de vérités positives, mais il n’en a pas moins un usage constant, réglé, acéré et pugnace du principe de non-contradiction.»
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