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21 novembre 2010

Notae #6

Semaine 46

The Philosophers’ Carnival CXVI

Michel Onfray versus Sigmund Freud, deuxième round

La psychanalyse freudienne comme niche fiscale…

6 janvier 2006

Freud, une vie de rêve

Le rêve, c’est un bal masqué où ce qui nous fait peur nous fait soudain mourir de rire, ce qu’on refoule devient extravagant, le sexe devient un chapeau de paille et l’orgueil un jet d’urine… Le rêve est comme le fou des pièces de Shakespeare : c’est en délirant qu’il a raison, et c’est en excrément qu’il dit vrai.

Les Vendredis de la philosophie proposent maintenant de télécharger directement ses émissions via un flux RSS.

21 août 2003

Wittgenstein et le symbolisme des rêves chez Freud

Je reviens brièvement sur le rêve avant de retourner au travail.

Se souvenir d'un rêve à son réveil est une chose banale dont tous le monde a déjà fait l'expérience. Croire que ce même rêve puisse signifier quelque chose est une conception courante mais, finalement, assez étonnante : comme le remarque Wittgenstein :

Il est caractéristique des rêves que souvent le rêveur a l'impression qu'ils demandent à être interprétés. On n'est pratiquement jamais enclin à prendre note d'un rêve éveillé, ou à le raconter à autrui ou à se demander « Qu'est-ce qu'il signifie ? ». Mais les vrais rêves semblent avoir en eux quelque chose de troublant et d'un intérêt spécial — de sorte que nous voulons en avoir l'interprétation (on les a souvent regardés comme des messages).

Sans vouloir préjuger des raisons ma croyance, je peux adopter deux positions :

  1. les rêves n'ont pas de signification
  2. les rêves ont une signification

Si je soutiens que les rêves ont une signification et qu'il est possible d'en donner une interprétation, je croiserais forcément, à un moment ou à un autre, les analyses de Freud. Malheureusement (ou heureusement), je n'ai jamais été réellement convaincu par les descriptions freudiennes des rêves. L'une de mes principales réticences concerne les associations d'idées : je ne comprends pas comment le fait de rêver, par exemple, à un chapeau haut-de-forme renvoie nécessairement au phallus. Tout ceci me semble complètement arbitraire : quand savons-nous que l'interprétation est correcte ? Wittgenstein l'a écrit mieux que moi :

La théorie des rêves de Freud : quelque élément qui survienne dans un rêve, on trouvera qu'il est lié à un désir que l'analyse peut mettre en lumière — voilà ce qu'il entend montrer. Mais ce processus d'association libre, et ainsi de suite, est louche ; en effet Freud ne montre jamais comment il sait où s'arrêter, il ne montre jamais comment il sait où est la solution correcte.

Le second point concerne l'interprétation elle-même : si je suis capable d'associer à chaque symbole du rêve un désir, je devrais être capable de faire l'inverse. Or, cela n'est jamais le cas :

Supposez que vous considérez le rêve comme un type de langage. Une façon de dire ou de symboliser quelque chose. Ce symbolisme pourrait être régulier, sinon nécessairement alphabétique ; il pourrait être comme le chinois. Alors nous pourrions trouver un moyen de transposer ce symbolisme dans le langage que nous parlons ou que nous pensons communément. Mais la transposition devrait pouvoir se faire dans les deux sens. Il devrait être possible, en employant la même technique, de transposer des pensées ordinaires dans le langage du rêve. Freud le reconnaît, cela ne s'est jamais fait et ne se peut faire. De telle sorte que nous pourrions douter si le rêve est une façon de penser quelque chose, s'il est même un langage.

C'est l'impossibilité de cette traduction qui me semble le plus sérieux argument contre l'interprétation des rêves par la psychanalyse.

C'est écrit bien vite mais cela pourrait constituer un point de départ pour un cours sur l'interprétation. Il faudrait examiner plus précisément au moins ces deux questions :

  1. Pourquoi croire que les rêves soient l'expression de désirs ?
  2. Pourquoi croire que les rêves doivent être interprétés ?

21 février 2003

Critique sociale et critique culturelle

Introduction

Présentation de la distinction entre la critique sociale qui vise les injustices (déontologie) et la critique culturelle qui les pathologies (axiologie).

Point de départ : les divers discours critiques portent sur le monde social-culturel. Le social est généralement le lieu fourre-tout : culturel, politique, etc.

Critique de la modernité ou des temps présents. Tous ces discours critiquent-ils le même présent ?

Il y a trois éléments dans la critique :

  1. un objet critiqué ;
  2. un critère de la critique ;
  3. un sujet qui articule l'objet et le critère.

(1) concerne l'environnement social et culturel tandis que (2) pose la question : quelles sont les bases normatives du critère ? Critiquer le monde moderne est-ce toujours faire référence à l'injustice et à l'inégalité ? Non, car c'est plutôt de l'ordre du pathologique. Quelle est la vie normale, bonne, saine ? Voir Habermas et la grammaire des formes de vie.

Thèse défendue par l'auteur : il faut distinguer entre les deux modalités.

Pourquoi parler de critique ici, entre société et culture ? La critique culturelle est la Kultur Critik du début du siècle dernier (Nietzsche, Simmel, Luckacks, Freud, Musil, etc.). Quel est le point commun entre eux ? Ce qui est dénoncé, ce sont des maux comme déviance par rapport à une vie normale, c'est-à-dire que c'est un diagnostic qui est porté sur le monde vécu.

La structure des phénomènes critiques

distinctions : quantité (inégalité) versus qualité (mieux, moins bien, pire), extension versus répartition.

L'injustice : gagnant versus perdant. Ce n'est pas le cas dans le pathologique (= conditions de vie nuisible à chacun). Dans cette nuisance, qui est responsable ou coupable ici ? Alors que dans l'injustice, on peut trouver un responsable ou un coupable.

Il y aurait une double situation :

  1. situation relationnelle (l'injustice) : voir le cinquième livre de l'Éthique à Nicomaque d'Aristote.
  2. situation individuelle (la pathologie) : l'individu et la vie personnelle.

Pourquoi parler de pathologie sociale ? [...] Double situation individuelle : victime et médecin. Attention : c'est différent de bénéficiaire-victime dans la critique sociale.

Critique sociale = le juste.

Critique culturelle = le bien (valeur).

On arrive à la distinction éthique (choix de vie à mener, téléogie) et morale (devoir + norme, déontologie).

Critique sociale = éthique (le rapport à soi et à sa réalisation).

Critique culturelle = morale (le rapport à l'autre).

Ce sont deux approches différentes.

L'exemple de Robinson qui peut se donner une morale mais qui ne peut pas la suivre.

La société est le lieu du vivre-ensemble ; la culture est le lieu de la construction subjective.

Critique culturelle : mode de vie possible

Pourquoi les formes de vie sont-elles importantes ? Notre mode de vie détermine notre caractère ou notre personalité. Trois niveaux :

  1. condition de vie (éthos, puissance éthique chez Hegel)
  2. forme de vie
  3. personnalité concrète

Voir le § 145 de Principe de la philosophie du droit de Hegel.

Les caractéristiques sont central dans la Critique culturelle.

Quel est le critère de la critique ?

Il y aurait un certain idéal humain au nom de quoi on pourrait critiquer la vie actuelle.

Pathologie sociale = ce qui entrave le type humain d'un point de vue normal

Conclusion

Distinction analytique : on ne préjuge en rien de leur entrecroisement.

Voir Marx : exploitation (critique sociale) et aliénation (critique culturelle).

Les deux critiques pourraient être développé purement de tout élément de l'une et de l'autre.

Sur la critique sociale, voir Rawls ; sur la critique culturelle, voir Nietzsche.

Une expérience de pensée : une société entièrement juste mais avec des situations qui continueraient à être critiquable (tutélaire : assistanat). La médiocrité, l'uniformité.

Discussion

  • L'Utopie de More aurait règlé la question de la critique sociale.
  • La distinction éthique et morale est trop forte. Même si on peut s'appuyer dessus, il ne faut pourtant pas trop insister sur cette distinction. Voir les problèmes étymologique là-dessus. On retrouve le même problème avec ontologie et métaphysique.
  • La séparation est indispensable : comment concilier les deux par la suite ? Et comment penser le rapport à la politique ?