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20 novembre 2004

Ventriloques

Puisque décidemment j'ai toujours autant de retard dans mes lectures, voici un article de Daniel Bensaïd, Multitudes ventriloques, compte-rendu de Multitude :

Ce livre permet de confirmer d'importants points de convergence et de rencontre : sur l'importance attribuée à l'état de guerre permanente dans la détermination de la situation mondiale, sur l'attention portée à la question de la propriété et aux contradictions exacerbées entre socialisation du travail (notamment intellectuel et immatériel) et l'appropriation privée, sur le fil conducteur que constitue la question démocratique pour tout projet d'émancipation. Nous ne pouvons dans les limites de cet article engager la discussion sur toutes ces questions. Nous nous limiterons à la discussion sur la notion de multitude autour de laquelle s'articule la problématique des auteurs.

30 septembre 2004

Multitude

Enfin ! Multitude, le nouvel ouvrage de Michael Hart et d'Antonio Negri est sorti. Du quatrième de couverture :

« La démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une société démocratique globale, ouverte et inclusive : il se donne les moyens de réaliser ce désir. »

La possibilité de la démocratie est aujourd'hui assombrie et menacée par un état de guerre permanent et généralisé : la mondialisation offre le visage de l'« Empire » qui étend à l'échelle planétaire son réseau de hiérarchies et de divisions, dont la fonction est de maintenir l'ordre à travers de nouveaux mécanismes de contrôle et de conflit perpétuel. Mais elle présente un autre visage : celui de la multitude, l'alternative vivante qui croît au sein de l'Empire, une multiplicité de mouvements et de sujets engagés dans un double processus d'émancipation et de collaboration.

À la différence du « peuple », des « masses », et de la « classe ouvrière », la multitude ne désigne pas une nouvelle subjectivité politique : elle forme un réseau qui traverse les nations et les continents, et permet de travailler et de vivre en commun ainsi que de préserver nos différences. Multitude est un ouvrage de philosophie politique. Son but principal, à la suite d'Empire, est d'élaborer les fondements théoriques sur lesquelles un nouveau projet de démocratie peut se construire.

Ça promet.

22 avril 2003

Nouvelles d'un jour normal

En février, j'ai participé au sixième séminaire interacadémique de Paimpont. C'est la première fois où l'on nous considérait comme des producteurs de philosophie et non comme des consommateurs. Trois jours d'exposés (on dormait sur place) autour du thème Normes et expérience.

Bruno Gnassounou a fait un exposé sur La règle et la coutume dans le débat Hart-Dworkin très intéressant. Un autre exposé que j'ai trouvé lumineux est celui d'Aurélien Berlan intitulé Critique sociale et critique culturelle, dans lequel il distingue deux choses :

  1. la critique sociale : elle concerne la justice et entend dénoncer les injustices (gagnant-perdant). Elle traite de mes rapports à l'autre et des restrictions que sa présence implique pour mes actions (point de vue moral).
  2. la critique culturelle : elle concerne le bien et entend dénoncer les pathologies, c'est-à-dire que c'est une dénonciation de maux comme déviance par rapport à une vie normale. Elle porte un diagnostic sur le monde vécu et traite de mes rapports à moi-même et à ma réalisation (point de vue éthique).

Bon, je schématise (il y a 11 pages, j'ai récupéré l'article), on pourrait dire que la distinction éthique - morale est artificielle (mais on a le même problème avec métaphysique et ontologie), ou si cette séparation est indispensable (comment concilier les deux ensuite ?), comment penser le rapport à la politique (entendue au sens large : « comment vivre ensemble ? »), etc.

Mais il me semble que le point le plus important est que les formes de pouvoir jouent sur la confusion de ces deux niveaux pour maintenir la peur, la honte et la culpabilité : je n'ai pas le droit d'être malheureux parce qu'il y a des gens, dans le monde, qui sont plus malheureux que moi, ou, si vous n'êtes pas content, il y a trente personnes qui sont prêtes à prendre votre place, etc. Je suis en train de creuser cela.

J'ai également eu cette année des conférences sur les sentiments et les émotions, et notamment un exposé de Pouivet Pourquoi pleure-t-on au cinéma ? qui m'a soufflé lorsqu'il a posé le problème philosophique : comment peut-on être ému en face de quelque chose qui n'existe pas ? Comment peut-on éprouver un sentiment pour une fiction, alors que nous savons très bien que c'est une fiction ? Je suis en train de creuser cela.

C'est en revenant de Rennes que j'ai pété ma boite de vitesse et perdu l'huile de la boîte sur la route. Le gros panache de fumée blanche, consécutif au suintement de l'huile sur le pot d'échappement, m'a permi d'avoir de nombreuses relations sociales avec mes congénères automobilistes (aux nombreux gestes simulants une cigarette fumée, je répondais par un petit geste amical).

Mon disque dur m'a laché il y a deux semaines : j'ai réussi à récupérer une partie de ce que j'avais écris, mais pas tout. Le mémoire est plutôt mal parti. Je travaille sur la théorie des touts et des parties, c'est-à-dire la méréologie (du grec méros, partie). C'est un truc de Husserl qui a été abandonné par tous les phénoménologues (sauf English), mais qui a été repris par la philosophie analytique.

La méréologie entend répondre à des questions ontologiques essentielles comme : ma jambe droite fait-elle partie de la Phrance ? Suis-je identique à mon histoire ? Du point de vue politique, ce n'est que très récemment que j'ai fait le lien avec la revue Multitudes, qui entend substituer au concept de peuple (Hobbes) celui de multitude (Spinoza) : elle correspond, en fait, à la distinction logique entre classe collective et classe distributive. C'est une revue influencée par la théorie de l'Empire développée par Hart et Négri (encore un vieux situationniste).

Depuis que je lis l'Éthique à Nicomaque, je vais beaucoup mieux.

18 février 2003

Absence

Je m'absente trois jours pour suivre le sixième séminaire interacadémique de Paimpont intitulé Normes et expériences dont voici le programme :

  • mercredi 19 février 2003
    • André Clair, Impératif moral et éthique existentielle chez Kierkegaard
    • Jean-Michel Vienne, Expérience, sens, raison : où l'empirisme anglais cherche-t-il ses normes ?
    • Bruno Gnassonou, La règle et la coutume dans le débat Hart-Dworkin
  • jeudi 20 février 2003
    • Catherine Colliot-Thélène, Sociologie juridique et théorie du droit chez Max Weber : la règle et la norme
    • Aurélien Berlan, Critique sociale et critique culturelle
    • Philippe Robert, Désécularisation et légitimation
    • Dominique Berlioz, Lectures de Hume : la norme entre raison et sentiment
    • Laura Duprey, Les monstres et la norme biologique au dix-huitième siècle
  • vendredi 21 février 2003
    • André Stanguennec, Empirisme et théorie du droit naturel dans l'article de Hegel sur le droit naturel (1802)
    • Franck Lihoreau, Preuve de Moore et circularité

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