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9 octobre 2003

Mémoire

J'ai retravaillé les fichiers de mon mémoire, en séparant au maximum la présentation du contenu, pour une nouvelle mise en ligne à l'adresse suivante : L'intentionnalité de la conscience dans la Cinquième Recherche logique de Husserl.

Je suis d'accord avec Sokolowski qui, dans son Introduction to Phenomenology, distingue trois structures formelles dans la phénoménologie :

  1. la structure de la présence et de l'absence 
  2. la structure des touts et des parties ;
  3. la structure de l'identité de la diversité.

Mon mémoire est une introduction à cette première structure, que l'on résume habituellement par la phrase toute conscience est conscience de quelque chose.

Toujours à partir de Husserl, j'ai commencé à aborder la seconde structure formelle (c'est-à-dire la méréologie), mais mon champ de recherche s'est considérablement élargi, ce qui ne rend pas les choses facile, la courbe d'apprentissage étant très rude.

18 septembre 2003

Bibliographie de Husserl

Cela faisait longtemps que ça traînait sur mon disque dur. Voici l'esquisse d'une bibliographie de Husserl. À terme cette entrée sera supprimée du journal pour être classée sous le répertoire « philosophie ».

  • 1891-1913 : Articles sur la logique
  • 1891 : Philosophie de l'arithmétique
  • 1894 : Études psychologiques pour la logique élémentaire
  • 1900 : Recherches Logiques, tome premier, Prolégomènes à la logique pure
  • 1901 : Recherches Logiques, tome deux, Recherches pour la phénoménologie et la théorie de la connaissance, première partie : Recherches I, II
  • 1901 : Recherches Logiques, tome deux, Recherches pour la phénoménologie et la théorie de la connaissance, deuxième partie : Recherches III, IV et V
  • 1901 : Recherches Logiques, tome trois, Eléments d'une élucidation phénoménologique de la connaissance, Recherche VI
  • 1907 : L'idée de la phénoménologie, Cinq leçons
  • 1907 : Choses et espace, Leçons de 1907
  • 1911 : La philosophie comme science rigoureuse
  • 1911 : Problèmes fondamentaux de la phénoménologie
  • 1913 : Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, livre premier, Introduction générale à la phénoménologie pure
  • 1913- : Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, livre second, Recherches phénoménologiques pour la constitution
  • 1913- : Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, livre troisième, La phénoménologie et les fondements des sciences
  • 1929 : Méditations cartésiennes
  • 1929 : Logique formelle et logique transcendantale
  • 1934-1937 : La crise des sciences européennes
  • 1939 : Expérience et jugement

22 avril 2003

Nouvelles d'un jour normal

En février, j'ai participé au sixième séminaire interacadémique de Paimpont. C'est la première fois où l'on nous considérait comme des producteurs de philosophie et non comme des consommateurs. Trois jours d'exposés (on dormait sur place) autour du thème Normes et expérience.

Bruno Gnassounou a fait un exposé sur La règle et la coutume dans le débat Hart-Dworkin très intéressant. Un autre exposé que j'ai trouvé lumineux est celui d'Aurélien Berlan intitulé Critique sociale et critique culturelle, dans lequel il distingue deux choses :

  1. la critique sociale : elle concerne la justice et entend dénoncer les injustices (gagnant-perdant). Elle traite de mes rapports à l'autre et des restrictions que sa présence implique pour mes actions (point de vue moral).
  2. la critique culturelle : elle concerne le bien et entend dénoncer les pathologies, c'est-à-dire que c'est une dénonciation de maux comme déviance par rapport à une vie normale. Elle porte un diagnostic sur le monde vécu et traite de mes rapports à moi-même et à ma réalisation (point de vue éthique).

Bon, je schématise (il y a 11 pages, j'ai récupéré l'article), on pourrait dire que la distinction éthique - morale est artificielle (mais on a le même problème avec métaphysique et ontologie), ou si cette séparation est indispensable (comment concilier les deux ensuite ?), comment penser le rapport à la politique (entendue au sens large : « comment vivre ensemble ? »), etc.

Mais il me semble que le point le plus important est que les formes de pouvoir jouent sur la confusion de ces deux niveaux pour maintenir la peur, la honte et la culpabilité : je n'ai pas le droit d'être malheureux parce qu'il y a des gens, dans le monde, qui sont plus malheureux que moi, ou, si vous n'êtes pas content, il y a trente personnes qui sont prêtes à prendre votre place, etc. Je suis en train de creuser cela.

J'ai également eu cette année des conférences sur les sentiments et les émotions, et notamment un exposé de Pouivet Pourquoi pleure-t-on au cinéma ? qui m'a soufflé lorsqu'il a posé le problème philosophique : comment peut-on être ému en face de quelque chose qui n'existe pas ? Comment peut-on éprouver un sentiment pour une fiction, alors que nous savons très bien que c'est une fiction ? Je suis en train de creuser cela.

C'est en revenant de Rennes que j'ai pété ma boite de vitesse et perdu l'huile de la boîte sur la route. Le gros panache de fumée blanche, consécutif au suintement de l'huile sur le pot d'échappement, m'a permi d'avoir de nombreuses relations sociales avec mes congénères automobilistes (aux nombreux gestes simulants une cigarette fumée, je répondais par un petit geste amical).

Mon disque dur m'a laché il y a deux semaines : j'ai réussi à récupérer une partie de ce que j'avais écris, mais pas tout. Le mémoire est plutôt mal parti. Je travaille sur la théorie des touts et des parties, c'est-à-dire la méréologie (du grec méros, partie). C'est un truc de Husserl qui a été abandonné par tous les phénoménologues (sauf English), mais qui a été repris par la philosophie analytique.

La méréologie entend répondre à des questions ontologiques essentielles comme : ma jambe droite fait-elle partie de la Phrance ? Suis-je identique à mon histoire ? Du point de vue politique, ce n'est que très récemment que j'ai fait le lien avec la revue Multitudes, qui entend substituer au concept de peuple (Hobbes) celui de multitude (Spinoza) : elle correspond, en fait, à la distinction logique entre classe collective et classe distributive. C'est une revue influencée par la théorie de l'Empire développée par Hart et Négri (encore un vieux situationniste).

Depuis que je lis l'Éthique à Nicomaque, je vais beaucoup mieux.

10 septembre 2002

Un nouveau fil : la méréologie

Un des traits les plus étonnants des penseurs de notre époque est qu'ils ne se sentent pas du tout liés ou du moins ne satisfont que très médiocrement aux règles jusque là en vigueur dans la logique, notamment au devoir de dire toujours précisément avec clarté de quoi l'on parle, en quel sens on prend tel ou tel mot, puis d'indiquer à partir de quelle raison on affirme telle ou telle chose, etc.

Bolzano

Je m'intéresse aujourd'hui à l'ontologie formelle, par le biais de la méréologie, c'est-à-dire la théorie des touts et des parties, théorie posée par Husserl dès 1901, mais qui n'a connu quasiment aucune descendance dans la phénoménologie, alors qu'elle n'a jamais été aussi discuté, depuis 25 ans, dans la philosophie analytique. Est-il possible de travailler là-dessus ?

9 septembre 2002

Sortir du labyrinthe

La liaison entre l'expression écrite et la pensée est si étroite que nous pouvons supposer sans autre façon que l'auteur qui n'est pas capable d'exprimer clairement ses pensées est incapable de penser clairement.

Twardowski

Après plusieurs années d'éloignement, j'ai finalement repris des études de philosophie. Sous l'impulsion récente des travaux sur la philosophie autrichienne du début du siècle dernier, je me suis intéressé à l'intentionnalité de la conscience dans la cinquième Recherche logique de Husserl, mémoire de maîtrise que j'ai soutenu en juin 2002 à l'université de Rennes I, devant un jury composé de Monsieur André Clair et Monsieur Jacques English (directeur).

Il y aurait beaucoup à redire sur ce travail, même si la soutenance s'est très bien passée. Je ne suis pas satisfait par la conclusion par exemple. Il manque également un éclairage de la recherche à l'intérieur de l'ensemble des Recherches Logiques. Le contexte de la problématique de Husserl au sein de l'École de Brentano est occultée.

Malgré ces défauts, le mémoire sur l'intentionnalité de la conscience dans la Cinquième Recherche logique est disponible en ligne sous forme hypertexte. J'en fournirais une version Postscript et PDF bientôt. Tous vos commentaires sont les bienvenues.

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