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2 août 2009

Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation

« Au départ, il y a la condamnation du théâtre en tant que lieu du spectateur, qui remonte au moins à Platon et consiste essentiellement en deux thèses fondamentales. Premièrement, être un spectateur, c’est une mauvaise chose, parce qu’un spectateur, c’est quelqu’un qui regarde et qui par conséquent se met en face d’apparences – et qui du même coup manque la vérité qui évidemment est ailleurs, derrière l’apparence ou en dessous de ce qu’il voit. Donc première thèse fondamentale : être spectateur, c’est regarder, et regarder est mal parce que c’est ne pas connaître. La seconde thèse qui lui est liée, même si elle peut être dissociée, consiste à dire : « Être un spectateur, c’est mauvais, parce qu’un spectateur est assis, il ne bouge pas ». Par conséquent, être un spectateur, c’est être passif et, évidemment, ce qui est bon, c’est l’activité. La question du spectateur a donc au départ et pour très longtemps été encadrée par ces deux couples d’oppositions fondamentaux, à savoir : regarder et connaître d’une part, et être actif ou être passif d’autre part. »

Critique de la critique du « spectacle »

15 décembre 2005

Le scandale démocratique

Un entretien de Jacques Rancière au journal Libération :

La démocratie n'est ni la forme du gouvernement représentatif ni le type de société fondé sur le libre marché capitaliste. Il faut rendre à ce mot sa puissance de scandale. Il a d'abord été une insulte : la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n'ont pas de titres à gouverner.

29 novembre 2005

Tout arrive

Encore un lien vers une émission de radio autour du travail de Jacques Rancière avec Bruce Bégout.

21 novembre 2005

Jacques Rancière et la démocratie

Parler du politique et non de la politique, c'est indiquer que l'on parle des principes de la loi, du pouvoir et de la communauté et non de la cuisine gouvernementale.

Le politique est la rencontre de deux processus hétérogènes. Le premier est celui du gouvernement. Il consiste à organiser le rassemblement des hommes en communauté et leur consentement et repose sur la distribution hiérarchique des places et des fonctions. Je donnerai à ce processus le nom de police.

Le second est celui de l'égalité. Il consiste dans le jeu des pratiques guidées par la présupposition de l'égalité de n'importe qui et par le souci de vérifier. Le nom le plus propre à désigner ce jeu est celui d'émancipation.

L'émission de radio du 11 novembre sur Jacques Rancières (fichier Real Audio).

5 octobre 2005

Multitudes N°22

Le numéro 22 de la revue Multitudes est disponible en librairie :

Pour sa 22ème livraison, la revue Multitudes trace une diagonale entre les mouvements de fond qui travaillent nos gestes et nos devenirs politiques en ce début de troisième millénaire. Ce numéro entre ainsi en dialogue avec les auteurs, les pensées et les concepts qui contribuent le mieux à définir notre présent : Foucault, Spinoza, Rancière, Negri, Althusser, Peter Weibel, la French Theory, le pragmatisme de l’expérimentation, la démocratie radicale, la résistance à la logique de guerre de la croisade anti-terroriste, la créolisation de nos êtres et de nos expériences.

Multitudes 22, Automne 2005