malade, à se répéter cette phrase de l'Éthique :
L'amour n'est autre chose qu'une joie qu'accompagne l'idée d'une cause extérieure.Spinoza, Éthique.
Je m'étais trompé il y un an, il faut se laisser aller aux passions joyeuses.
Bonne année 2005.
1 janvier 2005
malade, à se répéter cette phrase de l'Éthique :
L'amour n'est autre chose qu'une joie qu'accompagne l'idée d'une cause extérieure.Spinoza, Éthique.
Je m'étais trompé il y un an, il faut se laisser aller aux passions joyeuses.
Bonne année 2005.
18 décembre 2004
Parce que la nuit a été particulièrement longue, je vais délaisser les articles consacrés à la méréologie aujourd'hui et simplement signaler le site de Didier Moulinier, Philosophie-en-france, et son Dictionnaire de l'amitié, d'où j'extrais cette phrase qui prend aujourd'hui une saveur particulière :
Le choix amical n'est pas une sélection parmi un ensemble d'objets étalés au regard, mais une élection qui suppose préalablement une « mise » personnelle, non seulement le don mais l'acceptation profonde de soi-même à travers l'autre. Or si le regard n'intervenait pas dans ce choix, si une parole abstraite suffisait à accorder la confiance et l'amitié, comment pourrait-on seulement se considérer, se retourner l'un vers l'autre et échanger ce que nous avons placés justement l'un dans l'autre ?Dictionnaire de l'amitié, entrée « Regard ».
5 décembre 2004
Brève réponse à une question portant sur la tripartition et l'opposition des activités humaines chez Arendt publiée sur le forum fr.sci.philo.
Bon, sans mon exemplaire et d'après mes notes et mes souvenirs, il me semble que ce qui rend possible cette catégorisation des métiers, ce n'est pas l'opposition privé-public, mais la vita activa. Ce terme désigne — et ici Arendt reprend une distinction aristotélicienne en la remaniant — les trois activités humaines fondamentales : le travail, l'œuvre et l'action (notez que cette distinction n'empêche pas que ces activités soient intimement liées).
Elle prend ensuite appui sur cette tripartition en montrant que le travail et l'œuvre font partie de la sphère privée dans le monde antique grec et qu'il est impensable qu'il puisse faire partie de la sphère publique :
À la base de la conscience politique grecque, on trouve cette distinction exprimée avec une clarté, une précision sans égales. Aucune activité n'ayant d'autre but que le gain ou le simple entretien de la vie n'était admise dans le domaine politique.Arendt, Condition de l'homme moderne, 75.
S'il y a bien une opposition entre travail et œuvre, elle n'est pas seulement contemporaine mais également antique. Travail et œuvre correspondent à ce qu'Aristote appelle poiésis et celle-ci relève du domaine privé tandis que la praxis relève, elle, du domaine public.
Il vaudrait d'ailleurs mieux parler d'activité plutôt que de métier.
En examinant l'opposition travail-œuvre (poiésis) déjà à l'œuvre dans l'antiquité, elle veut montrer qu'une telle opposition, toujours en cours dans le monde moderne, redéfinit l'idée même de vie privée en l'enrichissant (privée au sens de privation chez les grecs mais au sens d'intimité chez les modernes).
Ce lien c'est l'émergence du social :
L'apparition de la société — l'avènement du ménage, de ses activités, de ses problèmes, de ses procédés d'organisation — sortant de la pénombre du foyer pour s'installer au grand jour du domaine public, n'a pas seulement effacé l'antique frontière entre le politique et le privé ; elle a si bien changé les termes, leur signification pour la vie de l'individu et du citoyen, qu'on ne les reconnait presque plus.Arendt, Condition de l'homme moderne, 76.
10 mai 2004
Madame,
Je me suis quelquefois proposé un doute : savoir, s'il est mieux d'être gai et content, en imaginant les biens qu'on possède être plus grands et plus estimables qu'ils ne sont, et ignorant ou ne s'arrêtant pas à considérer ceux qui manquent, que d'avoir plus de considération et de savoir, pour connaître la juste valeur des uns et des autres, et qu'on devienne plus triste. Si je pensais que le souverain bien fût la joie, je ne douterais point qu'on ne dût tâcher de se rendre joyeux, à quelque prix que ce pût être, et j'approuverais la brutalité de ceux qui noient leurs déplaisirs dans le vin, ou les étourdissent avec du pétun.
Mais je distingue entre le souverain bien, qui consiste en l'exercice de la vertu, ou, ce qui est le même, en la possession de tous les biens dont l'acquisition dépend de notre libre arbitre, et la satisfaction d'esprit qui suit de cette acquisition. C'est pourquoi, voyant que c'est une plus grande perfection de connaître la vérité, encore même qu'elle soit à notre désavantage, que l'ignorer, j'avoue qu'il vaut mieux être moins gai et avoir plus de connaissance. Aussi n'est-ce pas toujours, lorsqu'on a le plus de gaieté, qu'on a l'esprit plus satisfait ; au contraire, les grandes joies sont ordinairement mornes et sérieuses, et il n'y a que les médiocres et passagères, qui soient accompagnées du ris. Ainsi je n'approuve point qu'on tâche à se tromper, en se repaissant de fausses imaginations ; car tout le plaisir qui en revient, ne peut toucher que la superficie d'âme, laquelle sent cependant une amertume intérieure, en s'apercevant qu'ils sont faux.Descartes, Lettre à Élisabeth.
9 novembre 2003
Hobbes in De Cive :
Le nom de multitude étant un terme collectif signifie plusieurs choses ramassées, et ainsi une multitude d'hommes est le même que plusieurs hommes. Ce même mot étant du nombre singulier, signifie une seule chose, à savoir, une seule multitude. Mais ni en l'une ni en l'autre façon on ne peut concevoir que la multitude n'ait de la nature qu'une seule volonté, car chacun de ceux qui la composent a la sienne propre. On ne doit donc pas lui attribuer aucune action quelle qu'elle soit ; par conséquent, la multitude ne peut pas promettre, traiter, acquérir, transiger, faire, avoir, posséder, etc. s'il n'y a en détail autant de promesses, de traités, de transactions, et s'il ne se fait autant d'actes qu'il y a de personnes. De sorte que la multitude n'est pas une personne naturelle. Mais si les membres de cette multitude s'accordent et prêtent l'un après l'autre leur consentement, à ce que de là en avant la volonté d'un certain homme particulier, ou celle du plus grand nombre, soit tenue pour la volonté de tous en général ; alors, la multitude devient une seule personne qui a sa volonté propre, qui peut disposer de ses actions, telles que sont, commander, faire des lois, acquérir, transiger, etc. Il est vrai, qu'on donne à cette personne publique le nom de peuple, plutôt que celui de multitude. Nous devons donc distinguer en cette manière ; quand nous disons que le peuple veut, commande, ou fait quelque chose, il faut entendre que c'est la ville qui agit par la volonté d'un seul homme, ou par les volontés unies de plusieurs personnes qui ne peuvent pas être recueillies que dans une assemblée légitime. Mais quand nous disons qu'une multitude, grande ou petite, a fait quelque chose sans la volonté de cet homme, ou de cette assemblée qui a le commandement, le peuple qui a pris cette licence n'est pas cette personne publique qui peut tout d'une autorité souveraine ; ce n'est pas au corps de la ville que cette action doit être attribuée, ce n'est pas d'une seule volonté qu'elle procède, mais de la conspiration et du dérèglement de quelques personnes séditieuses. D'où l'on peut voir la différence que je mets entre cette multitude que je nomme le peuple, qui se gouverne régulièrement par l'autorité du magistrat, qui compose une personne civile, qui nous représente tout le corps du public, la ville, ou l'État, et à qui je ne donne qu'une volonté ; et cette autre multitude qui ne garde point d'ordre, qui est comme une hydre à cent têtes, et qui doit ne prétendre dans la république qu'à la gloire de l'obéissance.
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