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11 octobre 2007

Conférences de la Société française de philosophie

La Société française de philosophie a commencé la mise en ligne de grandes conférences.

On a abusé en philosophie des solutions héroïques ; on a trop longtemps négligé les travaux de détail ; on a eu trop peu de patience. Comme autrefois en physique, on invente une hypothèse, et sur cette hypothèse l'on bâtit un monde bizarre, qu'on ne prend pas la peine de comparer au monde réel. La vraie méthode, en philosophie comme en science, sera inductive, minutieuse, respectueuse du détail, ne croyant pas qu'il est du devoir de chaque philosophe de résoudre tous les problèmes à lui seul. C'est cette méthode qui inspire le réalisme analytique, et par laquelle seule, si je ne me trompe, la philosophie réussira à obtenir des résultats aussi solides que le sont les résultats de la science.

Bertrand Russell, conférence du 23 mars 1911 intitulée Le réalisme analytique (fichier DOC).

17 mai 2007

Are Persons More than Social Objects?

Une conférence de l'Université San Raffaele les 28 et 29 mai 2007. Au programme :

  • Lynne Baker, Persons, Natural, Yet Ontologically Unique (voir aussi ses travaux;
  • Edmund Runggaldier, Persons as /continuants (endurers)/ and /agents ;
  • Maurizio Ferraris, Some Differences between Persons and Objects ;
  • Roberta De Monticelli, On the very Actuality of Acts ;
  • Jean-Luc Petit, From brain resonance to intersubjectivity: Are we by now bridging the gap? ;
  • Stefano Cappa et Nicola Canessa, Brain and social cognition ;
  • Francesco Benedetti, An updated anatomy of melancholy: Uncertain neural boundaries between thinking and feeling ;
  • Alessandro Bernasconi, Neural correlates of the depressive distortion in moral reasoning.

5 juillet 2006

Que savons-nous du temps ?

Une conférence passionnante d'Étienne Klein sur le temps.

Quelques notes en vrac :

  • Deux pièges à éviter :
    • la vue du philosophe : la question du temps a été résolu par X (avec X = votre philosophe favori)
    • la vue du physicien : la question du temps a été résolu par le fait que le temps est mathématisé
  • Quatre obstacles :
    1. il n'existe pas de définition du terme temps : nous ne sommes pas capable de le définir autrement que par des métaphores ou des tautologies ;
    2. la structure du langage détermine notre façon de penser le temps (exemple avec l'expression le temps qui passe) ;
    3. puisque le langage nous trompe, nous tentons de penser le temps à travers des métaphores ou des images, dont la plus célèbre est celle du fleuve ;
    4. confusion entre le temps et les phénomènes temporels : nous attribuons au temps les propriétés des phénomènes temporels.
  • Principe de causalité = tous les phénomènes sont l'effet d'une cause qui le précède
  • Ce qui revient à dire que si quelque chose a eu lieu, il sera éternellement vrai qu'il a eu lieu.
  • Nous ne pouvons pas modifier le passé = interdiction des voyage dans le temps.
  • Si le temps a 1 dimension alors :
    • temps cyclique : celui-ci n'est pas un vrai temps car il ne fait pas la distinction entre passé et avenir.
    • temps linéaire
  • L'impossibilité de l'éternel retour
    • soit je me rappelle qu'il s'agit d'un nouveau cycle que j'ai déjà vécu et dans ce cas là, je ne suis pas dans la même situation ;
    • soit je ne m'en rapelle pas et dans ce cas là, je ne sais pas qu'il s'agit d'un nouveau cycle.
  • Avec Einstein, le principe de causalité s'exprime sous la forme d'une interdiction : une particule ne peut aller plus vite que c.
  • Paul Dirac
  • Les quatre réponses possibles des physiciens à la question :
    1. le cours du temps est une illusion (Marc Lachièze-Rey)
    2. le cours du temps est un produit de notre subjectivité (Thibaud Damour)
    3. l'univers-bloc est un schéma insuffisant : l'espace-temps est dynamique
    4. on ne sait pas et on s'en fout.
  • Est-ce que l'avenir existe déjà dans le futur ?
    • Les partisans de l'univers-blocs répondent que oui (d'où la possibilité de voyager dans le futur)
    • Les présentistes répondent non.
  • L'invariance CPT constitue l'expression la plus formalisée de la causalité.
  • Le problème d'Ozma

17 avril 2006

Revenu universel d'existence

Trois textes sur le revenu universel d'existence :

  1. Gilbert Boss, Justifications du revenu universel :

    Le revenu universel se caractérise par le fait qu’il est attribué également à tous, aux riches comme aux pauvres, automatiquement, sans avoir à être demandé, sans aucune contrepartie, sans aucune limitation de son usage. Par opposition à un salaire minimum ou aux pensions de sécurité sociale, il se distingue par le fait qu’il ne dépend pas des revenus qu’ont par ailleurs les gens, si bien que tous le reçoivent. Par opposition à toutes les formes de salaire social donné pour participer à des activités visant le bien public, il se distingue par le fait qu’il n’exige aucune compensation, ni en travail ni autrement. Selon les conceptions, il est plus ou moins compatible avec d’autres revenus de ce type, plus ou moins exclusif de certaines de leurs formes, plus ou moins destiné, à terme, à s’y substituer.

  2. Jean Zin, Vers la révolution du revenu garanti ? :

    Il y a peu, la revendication d'un revenu garanti était encore rejetée dans un avenir utopique, ne pouvant espérer mieux que d'améliorer les minima sociaux, mais il semble bien que cette revendication commence à trouver un écho dans la population et pourrait s'imposer dans la lutte actuelle contre la précarité comme la réponse la plus adaptée, la plus ouverte sur l'avenir en même temps que la plus démocratique, conquête d'un approfondissement démocratique, d'un progrès des droits de l'homme, de la solidarité sociale et de la civilisation, dans la grande tradition révolutionnaire.

  3. Yann Moulier Boutang, Résistible New Deal en Europe. Sur la crise du CPE en France :

    La justification d’un revenu d’existence inconditionnel n’est pas seulement éthique, elle est surtout économique. Il s’agit de rétribuer de façon primaire et pas comme une opération de redistribution d’une richesse sociale créé par ailleurs, la productivité sociale de l’actif, du travailleur que son activité prenne la forme d’un emploi stable (c’est l’idéal malheureusement en voie de raréfaction), d’une suite plus ou moins chaotique de contrats à durée déterminée ou d’un travail couvert par des dispositifs existants de mutualisation (les Intermittents, les fonctionnaires, les free-lances devant se monter leur propre système de protection) ou enfin d’un travail qui n’est pas reconnu comme travail et dont l’utilité sociale saute aux yeux (ceux qui aident des personnes âgées ou handicapées, les malades à domicile, les femmes (plus rarement les hommes) qui élèvent des enfants. Il faut ajouter enfin que dans une société de la connaissance et un capitalisme cognitif, étudier, se former, se cultiver c’est déjà contribuer à la productivité globale de la société. Le revenu d’existence est la seule solution qui concilie l’involution actuelle de l’emploi (la dégradation jusque-là insensible est en train de s’accélérer brutalement), les nouvelles formes d’activité, la production flexible et l’incorporation croissante de savoir et de travail immatériel dans la production de valeur économique. C’est aussi le seul mécanisme économique incitatif puissant qui soit capable d’arrêter l’involution de l’emploi et de créer les conditions d’un retour à l’élaboration d’un nouveau compromis ou régime salarial correspondant au capitalisme cognitif.

Et toujours sur le même thème, une conférence vidéo (fichier WMV) dans le cadre du cycle de conférence d'Utopia.

29 mars 2006

Le langage et la logique

Dans le prolongement du dossier Les chemins de la logique d'octobre dernier, la revue Pour la science et l'ENS propose une conférence de Paul Égré, La logique et le langage.

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