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16 février 2008

Démocratie

Citation tirée du petit dossier de Libération consacré à l'idée de démocratie.

Oui, il y a une crise de la démocratie, une crise profonde. Mais, contrairement à Slavoj Žižek, je ne parlerais pas d’une crise des fondements de la démocratie que sont les droits de l’homme. Tout au contraire, ceux-ci se portent si bien qu’ils sont en train de mettre en péril ce dont ils sont supposés être le socle. C’est la poussée ininterrompue et généralisée des droits individuels qui déstabilisent l’édifice. La crise actuelle a ceci d’extraordinaire qu’elle résulte d’une prise de pouvoir par les fondements : à être invoqués sans cesse, les droits de l’homme finissent par paralyser la démocratie. Si la démocratie peut être définie comme le pouvoir d’une collectivité de se gouverner elle-même, la sacralisation des libertés des membres de la dite collectivité a pour effet de vider ce pouvoir de sa substance.

Les droits de l’homme paralysent la démocratie.

5 mars 2007

Délibération démocratique et ontologie sociale

Ma marotte du moment :

Les théoriciens de la démocratie s’appuient, implicitement ou explicitement, sur des ontologies sociales, c’est-à-dire sur une conception de la relation constitutive entre individus et groupes sociaux. Cet article met en évidence l’ontologie sociale « individualiste » implicite dans les sondages d’opinion délibératifs de James Fishkin pour ensuite proposer une alternative : l’ontologie sociale « relationnelle ». L’article examine la façon dont ce second type d’ontologie sociale modifierait les principes et les mécanismes délibératifs, de même que les coûts en légitimité qu’impliquerait la mise en question de l’individualisme normatif. En particulier, le passage d’une ontologie sociale individualiste à une ontologie sociale relationnelle place au centre des théories de la démocratie des analyses controversées du pouvoir et de l’oppression. Je suggère que cette politisation est nécessaire pour que les approches délibératives soient adéquates tant au type d’êtres que nous sommes qu’aux rapports de force sociaux dans lesquels nous nous mouvons. Sans cette politisation, la démocratie délibérative ne pourrait pas davantage répondre aux exigences de la justice démocratique.

David Kahane, Délibération démocratique et ontologie sociale

14 septembre 2006

De la fiction démocratique

Ce soir, je découvre Agoravox et cet article :

L’idée de démocratie apparaît contradictoire, ou en tout cas suppose réunies des conditions de possibilité irréalistes. En quoi ?

Sylvain Reboul, De la fiction démocratique

15 décembre 2005

Le scandale démocratique

Un entretien de Jacques Rancière au journal Libération :

La démocratie n'est ni la forme du gouvernement représentatif ni le type de société fondé sur le libre marché capitaliste. Il faut rendre à ce mot sa puissance de scandale. Il a d'abord été une insulte : la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n'ont pas de titres à gouverner.

21 novembre 2005

Jacques Rancière et la démocratie

Parler du politique et non de la politique, c'est indiquer que l'on parle des principes de la loi, du pouvoir et de la communauté et non de la cuisine gouvernementale.

Le politique est la rencontre de deux processus hétérogènes. Le premier est celui du gouvernement. Il consiste à organiser le rassemblement des hommes en communauté et leur consentement et repose sur la distribution hiérarchique des places et des fonctions. Je donnerai à ce processus le nom de police.

Le second est celui de l'égalité. Il consiste dans le jeu des pratiques guidées par la présupposition de l'égalité de n'importe qui et par le souci de vérifier. Le nom le plus propre à désigner ce jeu est celui d'émancipation.

L'émission de radio du 11 novembre sur Jacques Rancières (fichier Real Audio).