La diversité des formes de libéralisme réside, me semble-t-il, dans les différentes réponses apportées à cette question : qu’est-ce qui (principalement) menace la liberté ? C’est elle, qui permet de classer les différentes formes de libéralisme.
On pourrait ainsi tenter un petit inventaire des réponses :
Mot-clé -
28 avril 2008
Quel est le vrai libéralisme ?
24 janvier 2008
Sur le libéralisme
Aujourd’hui où l’on ne peut plus sans susciter l’hilarité traiter les étudiants de privilégiés, pour jeter l’opprobre sur les nouveaux contestataires, apparaît dans les cercles républicains des quinquagénaires hargneux l’accusation suprême d’individualiste néolibéral ou de coupable indulgence envers le nouveau Satan de la mondialisation, ou encore d’alliance objective avec le très réactionnaire Hayek. Contestez-vous le présupposé jamais démontré que l’Etat de la République incarne l’intérêt général, le bien commun, plaidez-vous pour restreindre son périmètre, vous voilà complice de l’offensive généralisée contre l’État Providence, contre la qualité des équipements collectifs. Vous défendez la liberté de circulation des hommes, et donc le caractère injustifiable des législations nationales qui entravent l’immigration, vous voilà l’allié des marchands d’hommes et de la surexploitation. Vous défendez l’idée d’un revenu garanti ou de citoyenneté, vous voilà mis dans le même sac que les liquidateurs d’usine, les délocalisateurs, et les économistes libéraux qui proposent une allocation universelle. Vous avez beau expliquer qu’un revenu garanti pour tout individu équivalant au SMIC ou au trois-quarts du Smic, ce n’est pas la même chose que les 1800 formation par mois pour solde de tout compte proposé par Yoland Bresson, ou que 2/5e de Smic pour une famille, vous êtes estampillé par nos modernes inquisiteurs de libéral ou de crypto-libéral. Défendez-vous les médicaments génériques à bas prix, produits par les laboratoires qu’ils soient privés ou publics, vous voilà pour le démantèlement de la recherche publique et nationale.Yann Moulier Boutang, Marché, marcher
26 décembre 2007
De la servitude libérale
L’idéal orwellien, et socialiste, d’une société décente, s’oppose à l’approche purement juridique de la question sociale qui caractérise la démarche libérale. Chacun sait bien que l’égalité des droits est parfaitement compatible avec les inégalités de fait les plus indécentes. Mais ce primat philosophique de la common decency sur les impératifs formels du droit n’implique aucun mépris pour les garanties juridiques fondamentales. On peut tout à fait reconnaître le droit de chacun à défendre une opinion ou une manière de vivre particulières sans considérer pour autant que toutes les opinions et toutes les manières de vivre ont une valeur philosophique égale. Une société qui m’obligerait, par exemple, à avoir des enfants serait de toute évidence tyrannique. Mais je reconnais bien volontiers que ma décision personnelle de ne pas en avoir n’est pas universalisable sans contradiction. J’admets donc parfaitement que la société encourage, et privilégie sur le plan symbolique, des choix philosophiquement contraires aux miens, et qui sont effectivement plus conformes à la survie de l’humanité.De la servitude libérale, entretien avec Jean-Claude Michéa.
