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4 octobre 2004

Accélérations vertigineuses

D'un côté il y a 72 et 48 et de l'autre coté, il faut réfléchir à la suite du programme et passer les voir. Entre les deux, un nouvel article sur la vie quotidienne publié sur [S É M I N A I R E] qui porte le beau titre (quoiqu'un peu long toutefois) de Accélérations vertigineuses : organisation au quotidien, hybridation de micro-pouvoirs, accomplissement de ses rêves, par Pantaleo Elicio. Ça fait peur. L'article est touffu, mais j'ai relevé ce passage :

La multitude fonctionne dans la construction des processus d'organisations autonomes. Cette forme d'organisation a comme caractéristique de se déployer autour et par des micro-actions au quotidien et cherche à répondre aux besoins de la vie de tous les jours. C'est dans cette démarche que la multitude produit ses revendications et ses négociations. Pour la multitude, le quotidien est considéré comme le lieu privilégié de lutte, le lieu de vérification de l'efficacité de son action politique, le lieu du changement. L'action politique ou sociale a un sens pour la multitude si elle est capable de modifier « le quotidien », « le présent ». La lutte et l'engagement sont considérés comme des instruments pratiques pour essayer de réaliser des modifications concrètes dans la vie de tous les jours, dans un souci permanent d'élargissement de sa superficie sociale, d'hégémonie sur les pratiques socioculturelles de la vie de tous les jours.

Pas mal. Il y a même des définitions de façon à ce que l'on sache de quoi l'on parle. Étonnant.

30 septembre 2004

Multitude

Enfin ! Multitude, le nouvel ouvrage de Michael Hart et d'Antonio Negri est sorti. Du quatrième de couverture :

« La démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une société démocratique globale, ouverte et inclusive : il se donne les moyens de réaliser ce désir. »

La possibilité de la démocratie est aujourd'hui assombrie et menacée par un état de guerre permanent et généralisé : la mondialisation offre le visage de l'« Empire » qui étend à l'échelle planétaire son réseau de hiérarchies et de divisions, dont la fonction est de maintenir l'ordre à travers de nouveaux mécanismes de contrôle et de conflit perpétuel. Mais elle présente un autre visage : celui de la multitude, l'alternative vivante qui croît au sein de l'Empire, une multiplicité de mouvements et de sujets engagés dans un double processus d'émancipation et de collaboration.

À la différence du « peuple », des « masses », et de la « classe ouvrière », la multitude ne désigne pas une nouvelle subjectivité politique : elle forme un réseau qui traverse les nations et les continents, et permet de travailler et de vivre en commun ainsi que de préserver nos différences. Multitude est un ouvrage de philosophie politique. Son but principal, à la suite d'Empire, est d'élaborer les fondements théoriques sur lesquelles un nouveau projet de démocratie peut se construire.

Ça promet.

19 janvier 2004

Futur Antérieur

Le numéro 27 de la revue Futur Antérieur, consacré au concept d’Empire, est désormais en ligne : En attendant l’Empire.

9 novembre 2003

Multitude

Hobbes in De Cive :

Le nom de multitude étant un terme collectif signifie plusieurs choses ramassées, et ainsi une multitude d'hommes est le même que plusieurs hommes. Ce même mot étant du nombre singulier, signifie une seule chose, à savoir, une seule multitude. Mais ni en l'une ni en l'autre façon on ne peut concevoir que la multitude n'ait de la nature qu'une seule volonté, car chacun de ceux qui la composent a la sienne propre. On ne doit donc pas lui attribuer aucune action quelle qu'elle soit ; par conséquent, la multitude ne peut pas promettre, traiter, acquérir, transiger, faire, avoir, posséder, etc. s'il n'y a en détail autant de promesses, de traités, de transactions, et s'il ne se fait autant d'actes qu'il y a de personnes. De sorte que la multitude n'est pas une personne naturelle. Mais si les membres de cette multitude s'accordent et prêtent l'un après l'autre leur consentement, à ce que de là en avant la volonté d'un certain homme particulier, ou celle du plus grand nombre, soit tenue pour la volonté de tous en général ; alors, la multitude devient une seule personne qui a sa volonté propre, qui peut disposer de ses actions, telles que sont, commander, faire des lois, acquérir, transiger, etc. Il est vrai, qu'on donne à cette personne publique le nom de peuple, plutôt que celui de multitude. Nous devons donc distinguer en cette manière ; quand nous disons que le peuple veut, commande, ou fait quelque chose, il faut entendre que c'est la ville qui agit par la volonté d'un seul homme, ou par les volontés unies de plusieurs personnes qui ne peuvent pas être recueillies que dans une assemblée légitime. Mais quand nous disons qu'une multitude, grande ou petite, a fait quelque chose sans la volonté de cet homme, ou de cette assemblée qui a le commandement, le peuple qui a pris cette licence n'est pas cette personne publique qui peut tout d'une autorité souveraine ; ce n'est pas au corps de la ville que cette action doit être attribuée, ce n'est pas d'une seule volonté qu'elle procède, mais de la conspiration et du dérèglement de quelques personnes séditieuses. D'où l'on peut voir la différence que je mets entre cette multitude que je nomme le peuple, qui se gouverne régulièrement par l'autorité du magistrat, qui compose une personne civile, qui nous représente tout le corps du public, la ville, ou l'État, et à qui je ne donne qu'une volonté ; et cette autre multitude qui ne garde point d'ordre, qui est comme une hydre à cent têtes, et qui doit ne prétendre dans la république qu'à la gloire de l'obéissance.

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