Il y a chez moi un “tic d’écriture” concernant mes personnages. Ils se livrent à de longues introspections, surtout au moment de leur présentation. Cela me permet de les faire connaître au lecteur et de les faire osciller entre le présent qu’ils vivent et de revenir assez longuement sur leur passé. Il y a un avantage et un inconvénient à cette manière de procéder.

L’avantage est que le personnage est immédiatement cerné par le lecteur, qui sait ce qu’il pense voire comment il pense. L’inconvénient est que le roman commence doucement, du coup. Pas d’action, juste une plongée dans les pensées d’un homme, ce qui ne constitue pas une accroche mordante. À vrai dire je m’en fiche un peu : j’avais décidé de commencer le roman ainsi et le résultat me satisfait.

Je crois que c’est la première fois, lors d’un écrit, que je m’appesantis autant sur la présentation psychologique d’un personnage, au point qu’il n’y a aucune ligne de dialogue dans les premières pages. D’un autre côté, il n’y a quasiment rien sur sa présentation physique, pour deux raisons. La première est que le physique du personnage n’est à mes yeux pas très important, à moins qu’il ne contienne des éléments qui serviront le récit. Or ce ne sera pas le cas ici. La seconde tient simplement au fait que je ne maîtrise pas le vocabulaire lié au descriptions physiques, et qu’à ce jour il ne m’intéresse pas des masses.

Un autre point important est que le héros n’est pas un gentil. J’ai déjà créé Minos, un héros très égoïste au début du roman éponyme mais qui va évoluer vers un altruisme presque forcé, au sens où il prend conscience des responsabilités qui pèsent sur sa personne et se sent obligé de les assumer. J’ai par la suite créé Tel’Ay Mi-Nag, héros d’une trilogie de fan-fiction Star Wars qui comprend deux opus à ce jour, une novella et un roman, et dont il faudra que je m’attaque à la suite et fin un de ces quatre. Ce héros est également égoïste, fruit de son éducation et des valeurs qui le font se mouvoir. Il ne fait le bien que par opportunisme.

Nerot est encore différent, au sens où c’est un vrai égoïste, il n’a rien d’un gentil. Toute action qu’il entreprend est destinée à le servir lui et personne d’autre, il a de l’ambition et veut goûter au pouvoir. Ce n’est pas non plus un méchant au sens strict du terme : je n’aime pas les psychopathes caricaturaux qu’on nous présente dans les blockbusters, aussi Nerot ne tombera pas dans ce cliché. Je le vois comme un être retors et manipulateur, et j’espère que tous mes lecteurs auront envie de lui coller des baffes et prier pour que chacune de ses machinations échoue. Je vise à créer un personnage froid et détestable, et je me demande si je vais réussir…