« Pour le cohérentisme, au contraire, nous ne disposons pas de connaissances de base qui jouiraient d’un privilège épistémique en étant indubitables ou évidentes. Nous nageons dans un océan de croyances plus ou moins assurées, plus ou moins faillibles. Dans cette optique, la connaissance est atteinte quand nous parvenons à rendre cohérentes entre elles le plus de croyances possible. Bien sûr, cela rend nécessaire l’abandon de certaines d’entre elles, qui « ne faisaient pas le poids » contre les autres. Le cohérentisme nous propose donc de partir des croyances dont nous disposons déjà, quand bien même chacune d’elle serait en elle-même douteuse, pour parvenir à un état épistémique supérieure en les confrontant les unes aux autres. »
29 mars 2010
Cohérentisme
28 mars 2010
Foucault, longévité d'une imposture
« L’auteur rappelle fort justement combien la théorie des épistémès, qui s’appuie sur une idée floue de l’époque et de la période, est obligée de faire violence à l’histoire et aux faits. Cette théorie qui fit la gloire de Foucault dans Les mots et les choses fut péniblement corrigée dans L’archéologie du savoir avant d’être abandonnée par son auteur. L’auteur ne fait qu’indiquer les réfutations par les historiens de ces analyses alors même qu’on fait mérite à Foucault d’avoir fait entrer l’histoire et les archives au cœur même de la pensée philosophique. De la deuxième grande phase de la pensée de Foucault, celle qui s’articule sur les notions de « biopouvoir » et de « gouvernementalité », l’auteur ne fait qu’en souligner quelques confusions et banalités, mais manque évidemment une critique méthodique qui reste (peut-être) à faire. L’auteur fait un rapprochement intéressant : il faudrait poursuivre avec Foucault le travail déjà commencé par Sokal et Bricmont à propos de quelques spécimens de la « french theory » - il faudrait d’ailleurs y ajouter l’utilisation extravagante des mathématiques et de la théorie des ensembles par Badiou. »
1 mars 2010
Éthique du Care
Une bonne introduction à l’éthique du care :
« L’enjeu, par-delà les débats féministes et politiques ou peut-être à leur pointe, est le rapport entre général et particulier. Le care propose de ramener l’éthique au niveau du « sol raboteux de l’ordinaire » (Wittgenstein), de la vie quotidienne. Il est réponse pratique à des besoins spécifiques qui sont toujours ceux d’autres singuliers (qu’ils soient proches ou non), travail accompli tout autant dans la sphère privée que dans le public, engagement à ne pas traiter quiconque comme partie négligeable, sensibilité aux détails qui importent dans les situations vécues. Quelle est la pertinence, l’importance du particulier, de la sensibilité individuelle ? Qu’est-ce que le singulier peut revendiquer ? C’est en redonnant sa voix (différente) au sensible individuel, à l’intime, que l’on peut assurer l’entretien (conversation/conservation) d’un monde humain. Le sujet du care est un sujet sensible en tant qu’il est affecté, pris dans un contexte de relations, dans une forme de vie – qu’il est attentif, attentionné, que certaines choses, situations, moments ou personnes comptent pour lui. Le centre de gravité de l’éthique est déplacé, du « juste » à l’ « important ».»
26 février 2010
Une lettre inédite de Descartes retrouvée
«
The philosopher wrote the letter on May 27, 1641 at Endegeest castle, close to Leiden, the Netherlands. It is part of an intensive exchange between Descartes and his friend Marin Mersenne concerning the publication of Descartes’ Meditations on Metaphysics, which, together with a series of Objections and Replies by other philosophers and theologians, would be published in Paris later that year, August 1641.
The letter provides insight into the manner in which that work was printed and sheds light on certain key elements of Descartes’ philosophy. It also shows that in their original form the Meditations were organized differently. The letter consists of four pages of fine laid paper densely written in iron gall ink. The signature and the handwriting are unmistakably those of Descartes. »“Missing” Descartes Letter Discovered in Haverford Archives, Will Be Returned To French Owner
(via Leiter Reports)
Vérifiez votre santé mentale
Le Philosophical Health Check Analysis est l’un des nombreux tests proposés par The Philosophers’ Magazine Online. Il permet de mesurer la cohérence de vos croyances, c’est-à-dire la compatibilité de vos croyances entre elles à partir d’un jeu de questions (en laissant de côté la véracité ou la fausseté de ces croyances).
À ce petit jeu, j’obtiens un quotient d’incompatibilité de 20%. Petit tour des questions et des réponses.
Où se situe le moi ?
Je crois que :
- des dommages cérébraux sévères peuvent causer l’altération de la conscience et la perte de l’identité d’une personne
et je crois que
- Après son décès, une personne continue d’exister sous une forme non-physique
On voit bien le problème : d’un côté je crois que la conscience est liée, d’une façon ou d’une autre, à l’activité cérébrale ; de l’autre, je crois que cette même conscience est, en quelque sorte, indépendante d’un corps (elle n’est pas causée par une activité cérébrale).
(pour ce jeu, je ne fais aucune distinction entre les termes de conscience, moi, âme, esprit).
Comment jugeons-nous de l’art ?
Je crois que
- les jugements esthétiques sont affaires de goûts
et je crois que
- Michel-Ange est l’un des plus grands artistes de l’histoire
Là encore si les jugements esthétiques sont affaire de goûts, alors rien ne m’empêche de dire qu’Étienne de Crécy est l’un des plus grands artistes de l’histoire. Cette affirmation semble pourtant largement exagérée.
Sur la question des jugements esthétiques voir par exemple ce billet sur Philotropes (en passant : Wake Up Philotropes!).
Qu’est-ce qui devrait être légal ?
Je crois que
- le gouvernement ne doit pas permettre la vente de médicaments qui n’ont pas été testé pour leur efficacité et leur sûreté
et je crois que
- les médecines alternatives ont autant de valeur que la médecine contemporaine
Là, j’ai sans doute répondu trop vite, en pensant d’un côté à ce qui est devenu le scandale des vaccins contre la grippe A et, de l’autre côté, à l’effet placebo.
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The philosopher wrote the letter on May 27, 1641 at Endegeest castle, close to Leiden, the Netherlands. It is part of an intensive exchange between Descartes and his friend Marin Mersenne concerning the publication of Descartes’ Meditations on Metaphysics, which, together with a series of Objections and Replies by other philosophers and theologians, would be published in Paris later that year, August 1641.