La lune du jour.

(Source)
19 août 2009
De l’expertocratie écologique.
« La prise en compte de contraintes écologiques par les États se traduira alors par des interdictions, réglementations administratives, taxations, subventions et pénalités. Elle aura donc pour effet de renforcer l’hétérorégulation du fonctionnement de la société. Ce fonctionnement devra devenir plus ou moins « éco-compatibles » indépendamment de l’intention propre des acteurs sociaux. Des « médias régulateurs » tels que le pouvoir administratif et le système des prix sont chargés de canaliser les comportements des consommateurs et les décisions des investisseurs vers un but qu’ils n’auront besoin ni d’approuver ni de comprendre pour le réaliser. Ils le réaliseront parce que l’administration aura su fonctionnaliser les motivations et les intérêts individuels en vue d’un résultat qui leur demeure étranger. L’hétérorégulation fiscale et monétaire a, selon ses partisans, l’avantage de conduire au but de l’éco-compatibilité sans que les mentalités, le système des valeurs, les motivations et les intérêts économiques des acteurs sociaux aient à changer. Au contraire, c’est en faisant fond, tout en les manipulant, sur ces motivations et ces intérêts, que le but sera atteint. Sa poursuite impliquera ainsi une extension de ce que Habermas a appelé la « colonisation du monde vécu », c’est-à-dire l’utilisation, par les gérants du système, de motivations individuelles existantes pour leur faire produire des résultats ne correspondant à aucune intention des individus. »
André Gorz, « L’écologie entre expertocratie et autolimitation » Actuel Marx, n° 12.
Attaché à ce billet, on trouvera le Rapport de la conférence des experts et de la table ronde sur la contribution Climat et Énergie
issu de la conférence des experts sur la contribution Climat et Énergie.
18 août 2009
Compte-rendu de Technologie de l’orgasme :
« Cependant Rachel Maines soutient que la production savante de l’orgasme n’est pas seulement la stimulation des femmes par les médecins, mais la définition de la sexualité féminine par les hommes : sous le regard médical elle lit le point de vue du groupe des hommes sur les femmes, en montrant comment cette pratique doit être mise en rapport avec les pathologies féminines, mais aussi avec le « modèle androcentrique de la sexualité » (p. 45) : la promotion de la pénétration vaginale, la valorisation de la jouissance partagée, la pathologisation d’une sexualité féminine qui ne trouverait pas de plaisir dans ce cadre. De ce point de vue, l’enjeu n’est pas tant la sexualité féminine que l’hétérosexualité : si les femmes se retrouvent dans le cabinet du médecin, ce n’est pas seulement qu’elles sont malades, c’est que leurs conjoints peinent à leur donner entière satisfaction. L’ouvrage montre bien que la dimension thérapeutique et l’émergence de l’hystérie signe la détermination d’une pathologie, mais aussi l’échec d’une érotique hétérosexuelle : le geste des médecins est bien une pratique érotique qui ne dit pas son nom, au risque de faire apparaître sa véritable fonction – suppléer à la sexualité conjugale. L’histoire des technologies de l’orgasme est celle d’une dénégation, qu’on peut lire dans le traité cité plus haut : celle de ce que Rachel Maines appelle la « mystique de la pénétration ». Le vibromasseur est un objet qui voile et qui dévoile les contradictions du modèle androcentrique de la sexualité en venant suppléer de manière implicite à l’impuissance masculine, par la prise en charge dans un cadre médical des ratés du cadre conjugal : la pathologisation de la sexualité féminine laisse ce dernier au dessus de tout soupçon. »
Une tribune parue dans Libération par Pascal Durand et Patrick Farbiaz (respectivement directeur de la campagne 2009 et co-rédacteur du programme d’Europe-Écologie).
« Le parti vert a joué historiquement son rôle de tremplin de l’écologie politique en transformant le mouvement environnementaliste en un petit parti politique. Il a créé de toutes pièces l’écologie publique, en maillant le territoire d’un réseau d’élus locaux efficaces appliquant des politiques publiques durables.
En fait, il a transformé en programme les principes généraux de l’écologie des pères fondateurs. Mais les évolutions de la société lui imposent de dépasser le cadre initial de son périmètre. Il s’agit désormais de revisiter la « charte d’Amiens » et ses frontières étanches entre syndicalisme, associations et construction partidaire. La participation aux élections n’est qu’une des fonctions d’un parti politique. Toutes les autres, telles que l’éducation populaire, la représentation et la médiation des mouvements sociaux, le débat et la production d’idées sont indispensables à la crédibilité de toute formation moderne.
Nous devons inventer un « trade-unionisme » écologique qui se pense comme une coalition à géométrie variable de la transformation sociale, rassemblant tous les « éco-acteurs » qui ne se sentent plus représentés dans le cadre du système politique partidaire actuel et qui s’accordent sur une priorité de l’impératif écologique et social. Pour exister durablement, notre réseau-mouvement devra préalablement faire société.
L’histoire nous l’a enseigné, on ne construit pas un grand mouvement politique sans regrouper l’ensemble de sa famille. C’est en son sein que les divergences doivent être discutées et tranchées, surtout lorsque le débat d’orientation se déroule dans une dynamique de victoire plutôt que dans la frustration des défaites. Nous sommes ici dans un processus similaire à la naissance du Parti socialiste en 1905, lorsqu’il réunissait Jaurès, Guesde, Allemane, Vaillant le blanquiste et de nombreux syndicalistes : nous devons construire Europe-Écologie comme une fédération souple d’individus, de groupes et de cultures, avant de pouvoir donner une forme définitive à cet « Objet politique non identifié », né il y a plus d’une année et encouragé par le résultat électoral du 7 juin. »
14 août 2009
Quand le logiciel devient social. À l’occasion de son 6e anniversaire, Dotclear s’offre une nouvelle extension : une association.
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