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21 juillet 2009

Big Brother surveille le contenu de votre Kindle

À nouvelles pratiques de lectures, nouvelles pratiques commerciales : la société Amazon a effacé honteusement des ebooks directement sur le Kindle de ses clients, après s’être rendue compte que l’éditeur ne disposait pas des droits pour vendre ces fichiers numériques.

La morale est sauve : avec le remboursement, les clients ont découvert qu’ils louaient des fichiers numériques. 1984 et La ferme des animaux de George Orwell font partis des fichiers concernés par l’effacement.

La route vers Tycho est encore longue.

27 août 2008

Amazon, Kindle et le prix des fichiers numériques

Francis Pisani est estomaqué par la politique tarifaire pratiquée par Amazon pour remplir sa liseuse Kindle : l’exemplaire numérique est vendu plus cher que l’exemplaire physique (en fait, le taux de remise appliqué par Amazon n’est pas le même dans les deux cas). Econoclaste nous explique pourquoi il n’y a pas lieu de s’indigner dans un billet consacré à la discrimination tarifaire.

19 mai 2008

Le prix du livre

«La vente est un contrat dit synallagmatique : les deux parties ont chacune des obligations réciproques. L’acheteur doit payer le prix. Le vendeur doit délivrer la chose. Et le contrat se forme instantanément dès qu’il y a accord sur la chose vendue et sur son prix. Cet accord n’a à prendre aucune forme particulière, dès lors qu’il est univoque. Ce peut être une phrase : “Une baguette, s’il vous plaît” ; ce peut être un geste : prendre un livre en rayon et le tendre à la caissière, ou un clic de souris sur un bouton “acheter maintenant”. Peu importe qu’au moment précis où ces mots sont prononcés ou le geste accompli, le vendeur n’ait pas aussitôt réception du paiement. Peu importe que l’acheter n’ait pas aussitôt sa baguette ou son livre entre les mains : le contrat est formé et parfait, il ne reste plus qu’à l’exécuter.

Cela veut dire pour l’acheteur de payer. Tendre du numéraire au vendeur, ou user d’un moyen de paiement, chèque ou carte bancaire. Cela veut dire pour le vendeur de délivrer la chose, c’est à dire remettre matériellement un bien conforme au contrat. Si en nos jours électroniques, le paiement est dématérialisé et sinon instantané du moins immédiatement confirmé au vendeur, la délivrance, elle suppose la remise du bien généralement entre les mains de l’acheteur (on parle depuis le droit romain de traditio, qui a donné en français tradition, ce qui est transmis, et en anglais trade, le commerce).

Or les libraires en ligne sont constitués d’un serveur informatique qui gère le site en ligne et d’un entrepôt où sont stockés des livres et commandés les exemplaires plus rares avant d’être expédiés par voie postale à l’acheteur. Cet envoi postal constitue la traditio, la remise matérielle du contrat. C’est une obligation du vendeur, c’est même son obligation princiaple, l’essence du contrat. Dès lors, rien n’oblige l’acheteur à assumer ce coût (c’est possible, mais il doit y avoir consenti, donc être prévu dans le contrat), et si le vendeur prend à sa charge ce coût, il ne fait qu’exécuter son obligation de délivrance, ce qui ne saurait être assimilé à une prime, c’est à dire un service gratuit auquel aurait donné droit l’achat du livre.»

Le prix du livre n’inclut pas le prix du timbre poste

14 décembre 2007

La société Amazon France condamnée pour la livraison gratuite des livres

Je ne comprends pas qu’on ne puisse pas comprendre qu’il existe une différence entre se faire livrer à domicile une marchandise et se déplacer personnellement au point de vente pour récupérer ladite marchandise. Petit inventaire des réactions glanées sur le Web à l’annonce de la décision du TGI de Versaille de condamner la société Amazon France, suite à la plainte du Syndicat de la Librairie Française :

De l’achat d’un livre : une description

Acheter un livre dans une librairie physique est contraignant :

  • je perds du temps dans les transports :
    • je dois prendre ma voiture
    • je pollue avec ma voiture
    • je dois payer l’essence
    • je dois supporter les bouchons
    • je dois payer le parking (quand j’en trouve un)
  • je perds du temps dans la librairie :
    • je ne trouve pas ce que je veux dans les rayons
    • je ne veux pas demander au libraire de le commander si le livre n’est pas disponible
    • je dois faire la queue à la caisse (si j’ai la chance d’avoir trouvé le livre dans les rayons)
    • je ne peux pas bénéficier de la remise de 5%

Parfois, ce n’est même pas possible :

  • les horaires d’ouvertures ne coïncident pas avec mes horaires de travail

Sur la librairie en général et le libraire en particulier

La plainte du SLF est

  • du corporatisme
  • un répit pour les libraires
  • un combat d’arrière garde
  • une régression dictée par des réflexes archaïques réactionnaires
  • un anachronisme au service d’une corporation qui refuse d’évoluer
  • un dernier sursaut de vie des librairies physiques qui sont de plus en plus désertes

De toute façon, le SLF

  • préfère invoquer la loi contre ses concurrents plutôt que mieux travailler
  • n’ira pas loin avec ses 100 000 euros
  • est d’une mauvaise foi affligeante en soutenant que la gratuité des frais de port est responsable des problèmes des libraires
  • ferait mieux de chercher d’aider les personnes qui le souhaitent à s’installer comme libraire

En plus,

  • il est illusoire de penser que le système actuel restera figé, même en faisant du lobbying
  • il n’est pas normal de protéger un secteur moribond
  • les librairies disparaîtront avec le livre électronique (et les éditeurs aussi)
  • les libraires sont mortes et aucune loi n’y changera quoi que ce soit
  • si cette industrie ne s’adapte pas aujourd’hui, en modifiant ses modes de production et de diffusion obsolètes (et bientôt archaïques) vers la dématérialisation, elle disparaîtra
  • le refus de s’adapter freine la diffusion de la culture française
  • Internet met les grandes majors des médias face à leur immobilismes et ses conséquences
  • quand un secteur ou une activité ne sert plus à rien, comme les mineurs ou les maréchaux-ferrants, elle disparaît dans l’indifférence générale
  • le livre est un support dépassé, archaïque et absolument pas écologique (tous ces arbres massacrés pour notre seul plaisir intellectuel)

Sur le conseil :

  • le seul intérêt d’un libraire, c’est le conseil qu’il apporte
  • je n’ai pas besoin d’être conseillé car je sais précisément ce que je cherche
  • je n’ai que faire des services du libraire
  • mon libraire est grognon
  • les conseils d’un libraire ne pèsent rien face à la réalité de la puissance d’un réseau mondial maillé de millions de conseils de millions d’internautes ultra-spécialistes

Éventuellement,

  • on peut vouloir protéger les libraires par sentimentalisme ou par militantisme

Parfois, on trouve des réactions de bon sens :

  • pourquoi le syndicat de la librairie n’est-il pas le premier vendeur par correspondance de France ?

Et des solutions simples :

  • les librairies doivent se préparer aux changement et commencer maintenant leur mutation par des fusions et des acquisitions

Voire des cris du cœur :

  • que les livres pourrissent dans les rayons de la librairie et les libraires avec !

Sur l’aspect économique

  • les frais de port renchérissent le coût du livre
  • Pourquoi devrais-je payer mes livres plus cher?
  • Comment se fait-il que le livre français soit si cher ?
  • le prix du livre unique, c’est le prix payé par le consommateur. Donc il n’y a pas lieu de payer le transport.
  • Maintenir les prix de vente de tous les biens culturels français, c’est aussi diminuer leur diffusion
  • Je ne savais pas que le SLF avait pour objectif de contraindre l’offre pour éviter de trop vendre de livre

Sur Amazon

Amazon

  • est plus accessible
  • propose plus de choix
  • propose un service rapide
  • est un vecteur de diversité
  • rend accessible un vaste choix de documents
  • permet l’accès à la culture à de nombreuses personnes isolées
  • est plus efficace pour chercher que dans un rayonnage de librairie physique
  • avec un choix plus grand, fait plus pour la lecture que toutes les librairies réunies

D’ailleurs,

  • je ne pourrai pas lire sans sans Amazon

Sur l’aspect juridique

La loi sur le prix unique du livre

  • avait un sens quand il fallait défendre les petits libraires contre les grandes surfaces
  • visait à préserver la diversité culturelle avant Internet
  • n’a plus de sens à l’ère d’Internet
  • a fait son temps et ne sert plus que le corporatisme des libraires
  • comme toute loi qui contrôle les prix, est en défaveur des clients
  • n’a jamais fait baisser le prix des livres, au contraire
  • est une loi vieille de presque 30 ans !
  • est une loi anti-pouvoir d’achat

Le jugement condamnant Amazon

  • est une décision à contre-courant de l’évolution de la société

D’ailleurs,

  • les règles, les lois, doivent évoluer avec les hommes et la société

Sur la France

Parmi ce concert, on n’échappe aux commentaires sur la France qui

  • fait des lois à contre-courant des évolutions
  • a peur du changement
  • ne veut pas essayer de s’adapter et d’avancer
  • oublie que le monde change
  • oublie que la société bouge
  • est la risée la communauté européenne et des autres pays industrialisés (grâce au SLF, aux cheminots, aux grévistes et à la dette publique)

Les coupables sont tout trouvés :

  • c’est la faute au Gouvernement
  • le Gouvernement protège les librairies (après les maisons de disques)
  • le gouvernement protège ses amis de la vielle économie
  • c’est la faute des bobos parisiens
  • c’est une mesure anti-ploucs

Des mesures radicales doivent être appliquées :

  • Notre Président doit mettre au pas les syndicats réactionnaires

La complainte qui revient le plus souvent :

  • Hélas, mon pauvre pouvoir d’achat, mon pauvre pouvoir d’achat, mon cher ami, on m’a privé de toi !

Parfois, on bascule vers la théorie du complot :

  • le site Web de la FNAC propose toujours d’expédier les livres gratuitement, sans être inquiété par la justice
  • Denis Olivennes, le P.-D.G. de la FNAC, est l’ami de Notre Président Nicolas Sarkozy, la FNAC ne sera donc jamais inquiétée

Sur le comportement futur

  • s’il faut payer le port… eh bien, on le paiera !
  • Je lirai moins de livre
  • je préfère payer les frais de port à Amazon plutôt que de payer de l’essence pour aller soutenir les livrairies
  • je continuerai d’acheter chez Amazon même avec les frais de port, afin d’augmenter les profits d’Amazon
  • j’achèterai plus de livre en une fois
  • je boycotterai les articles vendus dans les librairies
  • je suis du XXIe siècle
  • Amazon doit quitter le territoire français
  • Amazon doit investir dans le livre électronique pour mettre en difficulté les libraires
  • les libraires n’ont qu’a ouvrir des sites Web, c’est ça la modernité