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3 décembre 2005

Husserl et l'intentionnalité : une introduction à la phénoménologie (10)

3.3 Le contenu comme essence intentionnelle

Le paragraphe 21 complète et achève la description du contenu intentionnel. Si tout acte se compose bien de deux moments abstraits, la qualité et la matière, la réunion de ces deux moments ne correspond pas à l'acte concret complet. En effet, deux actes identiques ayant la même matière et la même qualité peuvent être différents du point de vue descriptif.

Husserl appelle la réunion de ces deux moments l'essence intentionnelle de l'acte, parce que la matière et la qualité sont des composantes essentielles d'un acte. Si cette essence intentionnelle peut faire office d'acte qui remplit la fonction d'acte signifiant dans les expressions, nous parlerons plus précisément d'essence significative de l'acte.

Husserl explicite ces deux concepts en réutilisant l'exemple de la conscience d'identité. Que signifie le fait pour moi d'avoir la même représentation que quelqu'un d'autre ? Que signifie pour quelqu'un le fait d'avoir la même représentation que quelqu'un d'autre, au même moment ou à des moments différents ?

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26 novembre 2005

Husserl et l'intentionnalité : une introduction à la phénoménologie (9)

3.2 Le contenu comme dissociation de la matière et de la qualité

Après ce détour sur la question des actes complexes et des actes simples, le paragraphe 20 reprend l'examen des différents sens du concept de contenu intentionnel.

Le second concept intervient avec la distinction, à l'intérieur de chaque acte, entre le caractère général de l'acte et son « contenu ». Husserl nomme ce caractère général la qualité de l'acte : elle est ce qui désigne l'acte comme représentatif, judicatif, affectif, etc. Il nomme le contenu de l'acte la matière de l'acte, c'est-à-dire qu'elle désigne l'acte comme étant représentation de cet objet représenté, jugement de cet objet jugé, etc. Par exemple, les propositions « il pleut aujourd'hui » et « 2 + 2 = 4 » appartiennent toutes les deux à l'espèce jugement assertorique et ce caractère commun est la qualité du jugement. Elles n'ont pas le même contenu, leur matière du jugement est différente.

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19 novembre 2005

Husserl et l'intentionnalité : une introduction à la phénoménologie (8)

3. Les concepts de contenu intentionnel

La série de distinctions qu'aborde ensuite Husserl à partir du paragraphe 16 est extrêmement importante car elle déploie la notion de contenu, et plus précisément de contenu intentionnel.

La première distinctions est compréhensible d'après les développements précédents : il faut distinguer entre le contenu réel (ou phénoménologique) d'un acte et le contenu intentionnel d'un acte. Par contenu phénoménologique réel d'un acte, il faut comprendre

la totalité intégrales de ses parties, peu importe qu'elles soient concrètes ou abstraites, en d'autres termes la totalité intégrale des vécus partiels dont il se compose réellement.

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12 novembre 2005

Husserl et l'intentionnalité : une introduction à la phénoménologie (7)

2.3 Critique contre l'unité des vécus

La critique de Natorp contre Brentano soulève le problème de l'unité des vécus intentionnels. Brentano distingue entre l'acte et le contenu : l'audition d'un son renvoie à un son entendu. Natorp ne comprend pas que nous ne puissions considérer l'acte d'entendre en faisant abstraction du son entendu : l'existence du son, c'est la conscience que nous avons de lui. Husserl est d'accord sur ce point avec Natorp car il serait absurde de penser l'acte d'entendre sans un son entendu, mais c'est justement cette indissociabilité qu'il s'agit de décrire : il me semble bien que l'« existence d'un contenu pour moi » est une chose qui autorise et exige une analyse phénoménologique plus poussée.

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5 novembre 2005

Husserl et l'intentionnalité : une introduction à la phénoménologie (6)

2.2 Les précisions terminologiques

La seconde erreur consisterait à concevoir la relation entre la conscience et l'objet dont on a conscience comme une relation réelle au sens d'une relation entre deux choses de la nature. Or, non seulement la conscience n'est pas une entité, au sens naturel du terme, soumise à une causalité naturelle, mais de plus, elle n'est pas un je, un sujet : l'intentionnalité n'est pas la relation entre un je et un objet, c'est une erreur de considérer que la conscience, d'un coté, et la chose dont on a conscience, de l'autre, entrerait en relation l'une avec l'autre en un sens réel.

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