2. La relation intentionnelle
On aurait naturellement tendance à concevoir la relation intentionnelle comme
- une relation entre deux vécus, au sein même de la conscience,
- une relation réelle entre deux choses de la nature.
Effectivement, si l'on considère la relation intentionnelle comme la liaison de deux éléments entre eux, dont l'un des termes est une inexistence, mais en concevant alors l'inexistence comme quelque chose qui n'existe pas, on serait enclin à dire que l'objet à quoi se rapporte la conscience est un objet dans la conscience. Husserl entend dénoncer cette hypothèse idéaliste et sa contrepartie réaliste qui conçoit la relation intentionnelle sur le modèle de deux entités naturelles.
Des précisions terminologiques sont prises pour éviter d'ajouter à la confusion : Husserl n'emploiera ni le terme de phénomène psychique, tributaire de la problématique brentanienne, il n'a plus de sens dans l'analyse husserlienne, ni le terme de phénomène, suffisamment équivoque pour pouvoir s'appliquer aussi bien au vécu intentionnel qu'à l'objet apparaissant en lui.
D'autres expressions peuvent induire en erreur : parler d'objectivité immanente, d'existence mentale ou intentionnelle d'un objet, dire que les objets entrent dans la conscience ou que la conscience contient en elle quelque chose comme objet amènent à penser la relation intentionnelle comme une relation entre deux choses de la conscience, à savoir un objet considéré comme immanent à la conscience et un vécu, intentionnel celui-là, qui se rapporterait à cet objet immanent. Même si nous ne pouvons éviter d'employer le terme de relation, ce terme induit la fausseté de cette conception.
