Varia

Mot-clé -

Fil des billets

1 octobre 2005

Husserl et l'intentionnalité : une introduction à la phénoménologie

Introduction

Celui qui, pour la première fois, aborderait la phénoménologie de Husserl, se heurterait assez rapidement à deux obstacles de taille : il n'y découvrirait pas, en effet, un système philosophique, au sens traditionnel du terme, ni même un merveilleux palais de la vérité, à l'intérieur duquel siégerait une réalité figée et désincarnée. Bien au contraire, la phénoménologie, par son style et sa démarche descriptifs, lui semblerait se délayer en analyses minutieuses, laissant ainsi s'évanouir son unité. Cela ne veut pas dire, évidemment, qu'elle manquerait de cohérence ; mais la rigueur de Husserl, sa volonté de se confronter aux choses mêmes, à ce qui est donné en personne, le conduisent à un travail permanent de réécriture, suggérant une phénoménologie à l'état inachevé et au ton programmatique comme si, en fin de compte, elle n'était qu'un préambule. Husserl ne dit pas autre chose quand il explique que :

Ces convictions de l'auteur se sont raffermies toujours davantage au cours de l'élaboration de son oeuvre devant l'évidence de résultats s'édifiant graduellement les uns sur les autres. S'il a du pratiquement ramener l'idéal de ses aspirations philosophiques à celui d'être un vrai commençant, il est, au moins en ce qui le concerne, parvenu dans son âge mur à la pleine certitude d'avoir droit au nom de véritable commençant. Si l'âge de Mathusalem lui était accordé, il oserait presque espérer devenir encore un philosophe […] L'auteur voit s'étendre devant lui l'immense territoire de la vraie philosophie, la « terre promise » que lui-même de son vivant ne verra pas cultivé.

Lire la suite...

23 octobre 2004

L'intentionnalité

Pierre Jacob vient de publier L'intentionnalité aux Éditions Odile Jacob, prolongement de son article Intentionality écrit pour la fabuleuse Encyclopédie philosophique de l'université de Stanford :

Qu'est-ce que penser ? Qu'est-ce que la pensée ? À quelles conditions un être est-il conscient ? Une douleur, une expérience olfactive, une perception visuelle, une intention, une croyance et un remords ont-ils une nature mentale commune ? Si oui, la science peut-elle la découvrir ?

Le concept de l'intentionnalité est un outil qui peut nous permettre de répondre à ces questions. On peut dire que toute la philosophie de l'esprit discute encore de ce passage de Brentano, publié en 1874 :

Tout phénomène psychique est caractérisée par ce que les scolastiques du Moyen Âge ont appelé l'inexistence intentionnelle (ou encore mentale) d'un objet, et ce que nous pourrions appeler, bien qu'avec des expressions quelque peu équivoques, la relation à un contenu, l'orientation vers un objet (par quoi il ne faut pas entendre une réalité) ou l'objectivité immanente. Tout phénomène psychique contient en lui-même quelque chose comme objet bien que chacun le contient à sa façon.

On connaît cette thèse en France sous la forme d'un slogan que l'on trouve dans n'importe quel manuel des classes Terminales, à la rubrique « La conscience » : toute conscience est conscience de quelque chose. Plus précisément, la thèse de Brentano peut se formuler de la façon suivante : tous les phénomènes mentaux possèdent l'intentionnalité. On voit tout de suite le double problème qui découle d'une telle thèse : la distinction entre l'acte et l'objet intentionnel et le fait que d'autres phénomènes puissent posséder eux aussi cette caractéristique. Le livre de Jacob est une approche non continentale de cette question. J'y reviendrai.

9 septembre 2002

Sortir du labyrinthe

La liaison entre l'expression écrite et la pensée est si étroite que nous pouvons supposer sans autre façon que l'auteur qui n'est pas capable d'exprimer clairement ses pensées est incapable de penser clairement.

Twardowski

Après plusieurs années d'éloignement, j'ai finalement repris des études de philosophie. Sous l'impulsion récente des travaux sur la philosophie autrichienne du début du siècle dernier, je me suis intéressé à l'intentionnalité de la conscience dans la cinquième Recherche logique de Husserl, mémoire de maîtrise que j'ai soutenu en juin 2002 à l'université de Rennes I, devant un jury composé de Monsieur André Clair et Monsieur Jacques English (directeur).

Il y aurait beaucoup à redire sur ce travail, même si la soutenance s'est très bien passée. Je ne suis pas satisfait par la conclusion par exemple. Il manque également un éclairage de la recherche à l'intérieur de l'ensemble des Recherches Logiques. Le contexte de la problématique de Husserl au sein de l'École de Brentano est occultée.

Malgré ces défauts, le mémoire sur l'intentionnalité de la conscience dans la Cinquième Recherche logique est disponible en ligne sous forme hypertexte. J'en fournirais une version Postscript et PDF bientôt. Tous vos commentaires sont les bienvenues.

page 5 de 5 -