Je me rends compte en relisant l'entrée de samedi dernier qu'un dictionnaire des termes et des concepts méréologiques ne serait peut être pas superflu. Je vais commencer modestement, par une simple liste de termes, que je complèterai au fur-et-à-mesure.
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4 décembre 2004
Parts
Dans son livre Parts publié en 1987, Peter Simons se fixe deux objectifs :
- exposer les différentes espèces de méréologie éparpillées dans la tradition philosophique ;
- exposer les défauts philosophiques de cette tradition et suggérer quelques solutions à ces défauts.
La théorie formelle des touts et des parties habituelle s'appelle la méréologie extensionnelle classique (MEC). Historiquement, elle a pris deux formes :
- le calcul des individus de Leonard et Goodman ;
- la Méréologie de Stanislaw Lesniewski.
On peut porter deux critiques contre la MEC :
- elle soutient l'existence de certains individus appelés sommes méréologiques pour lesquels l'existence que nous en avons n'est pas évidente en dehors de la théorie elle-même ;
- la théorie n'est pas applicable à beaucoup d'objet autour de nous, c'est-à-dire qu'elle a peu d'usage comme reconstruction formelle des concepts de tout et de partie que nous employons actuellement.
On peut avancer deux raisons à ce caractère inapplicable :
- la logique sous-jacente à la MEC n'a pas les ressources nécessaires pour
traiter les notions de modalité et de temporalité en connection avec la
méréologie, comme les parties temporaires, les
parties temporelles, les parties
essentielles ou les parties permanentes
essentielles.
(Cette raison n'est pas interne à la MEC : on peut envisager de l'étendre pour s'occuper des concepts temporels et modaux)
- une raison, interne celle-là, appelée extensionnalité méréologique, c'est-à-dire la thèse selon laquelle les objets qui ont les mêmes parties sont des objets identiques.
En effet, si l'on accepte l'extensionnalité méréologique, on va se trouver confronté à deux problèmes :
- certaines choses (comme les êtres humains par exemple) possèdent différentes parties à différents moments du temps : elles sont méréologiquement variables. Or, une chose qui possède différentes parties à différents moments du temps ne peut pas être identique à la somme de ses parties à n'importe quel moment du temps, sinon elle serait différente d'elle-même ;
- certaines choses (comme les êtres humains par exemple) peuvent avoir des parties différentes tout en étant la même chose : elles ne sont pas modalement rigides dans leurs parties. Si l'on accepte la thèse selon laquelle des choses qui possèdent les mêmes parties doivent être identiques, alors une chose ne peut pas avoir d'autres parties que celles qu'elle possède actuellement : c'est la thèse de l'essentialisme méréologique, dont le meilleur représentant est Roderick Chisholm.
Quelle stratégie adopter si l'on veut préserver l'extensionnalité face à ces deux problèmes ? On peut en énumérer certaines :
- réviser la logique de l'identité ;
- soutenir que les objets ont des parties détachables ;
- ignorer les questions modales ;
- soutenir que les objets sont méréologiquement constants ;
- remplacer les choses (continuants) par des processus (devenants)
La première partie du livre examine ces questions, la seconde traite de la méréologie des continuants et la dernière des relations entre modalités et méréologie à partir de la théorie de Husserl.
24 janvier 2004
Les simples méréologiques
Au format PDF, Simples, un article de Ned Markosian sur les simples méréologiques.
10 septembre 2002
Un nouveau fil : la méréologie
Un des traits les plus étonnants des penseurs de notre époque est qu'ils ne se sentent pas du tout liés ou du moins ne satisfont que très médiocrement aux règles jusque là en vigueur dans la logique, notamment au devoir de dire toujours précisément avec clarté de quoi l'on parle, en quel sens on prend tel ou tel mot, puis d'indiquer à partir de quelle raison on affirme telle ou telle chose, etc.Bolzano
Je m'intéresse aujourd'hui à l'ontologie formelle, par le biais de la méréologie, c'est-à-dire la théorie des touts et des parties, théorie posée par Husserl dès 1901, mais qui n'a connu quasiment aucune descendance dans la phénoménologie, alors qu'elle n'a jamais été aussi discuté, depuis 25 ans, dans la philosophie analytique. Est-il possible de travailler là-dessus ?
9 septembre 2002
Sortir du labyrinthe
La liaison entre l'expression écrite et la pensée est si étroite que nous pouvons supposer sans autre façon que l'auteur qui n'est pas capable d'exprimer clairement ses pensées est incapable de penser clairement.Twardowski
Après plusieurs années d'éloignement, j'ai finalement repris des études de philosophie. Sous l'impulsion récente des travaux sur la philosophie autrichienne du début du siècle dernier, je me suis intéressé à l'intentionnalité de la conscience dans la cinquième Recherche logique de Husserl, mémoire de maîtrise que j'ai soutenu en juin 2002 à l'université de Rennes I, devant un jury composé de Monsieur André Clair et Monsieur Jacques English (directeur).
Il y aurait beaucoup à redire sur ce travail, même si la soutenance s'est très bien passée. Je ne suis pas satisfait par la conclusion par exemple. Il manque également un éclairage de la recherche à l'intérieur de l'ensemble des Recherches Logiques. Le contexte de la problématique de Husserl au sein de l'École de Brentano est occultée.
Malgré ces défauts, le mémoire sur l'intentionnalité de la conscience dans la Cinquième Recherche logique est disponible en ligne sous forme hypertexte. J'en fournirais une version Postscript et PDF bientôt. Tous vos commentaires sont les bienvenues.
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