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20 janvier 2005

Phénoménologie politique

En feuilletant le Dictionnaire de philosophie politique, je découvre une entrée intrigante concernant la phénoménologie politique. Intrigante, car, comme chacun le sait, il n'y a pas de philosophie politique chez Husserl et encore moins chez Heidegger.

Or, si un certains nombres de questions politiques sont bien posées, comme

Quelle est, en vérité, la nature des choses politiques, de la cité, du politique ? Quels sont les principes directeurs de tel ou tel régime politique ? Quel est le meilleur régime, ou celui qui est le plus juste ? Quel est le sens de notre action commune, quels sont les principes qui guident notre manière de vivre en commun ?

Dictionnaire de philosophie politique, entrée Phénoménologie politique.

on ne trouvera rien dans cette entrée qui justifie ce titre, aucune réponse phénoménologique n'est donnée, si ce n'est un vague paragraphe consacré à la distinction husserlienne entre monde originaire monde naturelle.

Si le reste du dictionnaire est du même tonneau, cela risque d'être très décevant.

23 octobre 2004

L'intentionnalité

Pierre Jacob vient de publier L'intentionnalité aux Éditions Odile Jacob, prolongement de son article Intentionality écrit pour la fabuleuse Encyclopédie philosophique de l'université de Stanford :

Qu'est-ce que penser ? Qu'est-ce que la pensée ? À quelles conditions un être est-il conscient ? Une douleur, une expérience olfactive, une perception visuelle, une intention, une croyance et un remords ont-ils une nature mentale commune ? Si oui, la science peut-elle la découvrir ?

Le concept de l'intentionnalité est un outil qui peut nous permettre de répondre à ces questions. On peut dire que toute la philosophie de l'esprit discute encore de ce passage de Brentano, publié en 1874 :

Tout phénomène psychique est caractérisée par ce que les scolastiques du Moyen Âge ont appelé l'inexistence intentionnelle (ou encore mentale) d'un objet, et ce que nous pourrions appeler, bien qu'avec des expressions quelque peu équivoques, la relation à un contenu, l'orientation vers un objet (par quoi il ne faut pas entendre une réalité) ou l'objectivité immanente. Tout phénomène psychique contient en lui-même quelque chose comme objet bien que chacun le contient à sa façon.

On connaît cette thèse en France sous la forme d'un slogan que l'on trouve dans n'importe quel manuel des classes Terminales, à la rubrique « La conscience » : toute conscience est conscience de quelque chose. Plus précisément, la thèse de Brentano peut se formuler de la façon suivante : tous les phénomènes mentaux possèdent l'intentionnalité. On voit tout de suite le double problème qui découle d'une telle thèse : la distinction entre l'acte et l'objet intentionnel et le fait que d'autres phénomènes puissent posséder eux aussi cette caractéristique. Le livre de Jacob est une approche non continentale de cette question. J'y reviendrai.

9 octobre 2003

Mémoire

J'ai retravaillé les fichiers de mon mémoire, en séparant au maximum la présentation du contenu, pour une nouvelle mise en ligne à l'adresse suivante : L'intentionnalité de la conscience dans la Cinquième Recherche logique de Husserl.

Je suis d'accord avec Sokolowski qui, dans son Introduction to Phenomenology, distingue trois structures formelles dans la phénoménologie :

  1. la structure de la présence et de l'absence 
  2. la structure des touts et des parties ;
  3. la structure de l'identité de la diversité.

Mon mémoire est une introduction à cette première structure, que l'on résume habituellement par la phrase toute conscience est conscience de quelque chose.

Toujours à partir de Husserl, j'ai commencé à aborder la seconde structure formelle (c'est-à-dire la méréologie), mais mon champ de recherche s'est considérablement élargi, ce qui ne rend pas les choses facile, la courbe d'apprentissage étant très rude.

18 septembre 2003

Bibliographie de Husserl

Cela faisait longtemps que ça traînait sur mon disque dur. Voici l'esquisse d'une bibliographie de Husserl. À terme cette entrée sera supprimée du journal pour être classée sous le répertoire « philosophie ».

  • 1891-1913 : Articles sur la logique
  • 1891 : Philosophie de l'arithmétique
  • 1894 : Études psychologiques pour la logique élémentaire
  • 1900 : Recherches Logiques, tome premier, Prolégomènes à la logique pure
  • 1901 : Recherches Logiques, tome deux, Recherches pour la phénoménologie et la théorie de la connaissance, première partie : Recherches I, II
  • 1901 : Recherches Logiques, tome deux, Recherches pour la phénoménologie et la théorie de la connaissance, deuxième partie : Recherches III, IV et V
  • 1901 : Recherches Logiques, tome trois, Eléments d'une élucidation phénoménologique de la connaissance, Recherche VI
  • 1907 : L'idée de la phénoménologie, Cinq leçons
  • 1907 : Choses et espace, Leçons de 1907
  • 1911 : La philosophie comme science rigoureuse
  • 1911 : Problèmes fondamentaux de la phénoménologie
  • 1913 : Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, livre premier, Introduction générale à la phénoménologie pure
  • 1913- : Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, livre second, Recherches phénoménologiques pour la constitution
  • 1913- : Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, livre troisième, La phénoménologie et les fondements des sciences
  • 1929 : Méditations cartésiennes
  • 1929 : Logique formelle et logique transcendantale
  • 1934-1937 : La crise des sciences européennes
  • 1939 : Expérience et jugement

10 septembre 2002

Un nouveau fil : la méréologie

Un des traits les plus étonnants des penseurs de notre époque est qu'ils ne se sentent pas du tout liés ou du moins ne satisfont que très médiocrement aux règles jusque là en vigueur dans la logique, notamment au devoir de dire toujours précisément avec clarté de quoi l'on parle, en quel sens on prend tel ou tel mot, puis d'indiquer à partir de quelle raison on affirme telle ou telle chose, etc.

Bolzano

Je m'intéresse aujourd'hui à l'ontologie formelle, par le biais de la méréologie, c'est-à-dire la théorie des touts et des parties, théorie posée par Husserl dès 1901, mais qui n'a connu quasiment aucune descendance dans la phénoménologie, alors qu'elle n'a jamais été aussi discuté, depuis 25 ans, dans la philosophie analytique. Est-il possible de travailler là-dessus ?

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